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l'ayatollah du rock
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25 septembre 2015

[Last Night] better run

Date : vendredi 25 septembre 2015

 

Cela faisait déjà deux ans et demi que je n'avais pas mis les pieds aux Combustibles, mais j'ai un bon alibi : les Combustibles n'existent plus en tant que tels, c'est désormais Le Pop-Up du Label qui nous accueille, les lieux ne semblent pas avoir trop évolué, la petite terrasse sur la rue pose visiblement problème au videur qui ne sait pas trop s'il doit faire rentrer les buveurs de bière ou les éloigner de quelques mètres, et la salle tapie au fond du couloir s'avère dès notre arrivée une véritable étuve, situation qui n'évoluera guère au fil des minutes...

Car pour cette soirée nommée Les Nuits de Pleine Lune #11, il y a du monde, beaucoup de monde même, alors qu'on pouvait craindre une sévère concurrence du Point FMR et des Magnetix sous étiquette Avenue Z, et même pour la première partie, un Crave remplaçant au pied levé un Sonic Surgeon blessé, il y a des spectateurs autour (oui, le bonhomme s'est installé dans la fosse avec ses machines), qui semblent apprécier ce que je rapprocherais par instants de Prodigy, mais pas uniquement, je suppose que le terme "harsh" est adapté à ce qui nous est proposé, un genre de techno sombre et violente qui passe malheureusement assez loin de moi, je dois avouer n'avoir assisté qu'aux trois derniers titres exécutés, mais cela m'a suffi... Remarquez, je me doutais un peu de ce qui risquait d'arriver, c'est d'ailleurs pour cela que je suis arrivé bien en retard.

Ce que je ne voulais pas éviter, après avoir les avoir vus à la Méca il y a peu, c'est la prestation de Harassment, un quatuor qui m'avait laissé sur une impression mi-figue mi-raisin il y a deux mois, et qui a droit à un deuxième test ce soir. Dès le début du set, on sent que le groupe est plus au point, qu'il se disperse moins dans des directions hasardeuses, on est ici dans un "garage punk" qui se traduit par beaucoup d'énergie, un base rythmique solide (même si la basse est maltraitée par l'ingé-son), un chant assez clair et bien posé, et un guitariste d'une efficacité diabolique. Avantage indéniable dans l'évolution du groupe, le son de la guitare lorgne assez souvent du côté post-punk (peut-être même plus que du punk), ce qui permet d'éviter une certaine lourdeur qui aurait pu nuire, et notre gratteux évite également les envolées non nécessaires, ce qui offre des morceaux plus denses et courts, incisifs, qui enthousiasment à raison le nombreux public. Preuve que les écueils sont de mieux en mieux évités, la reprise de Nirvana (on me dit qu'il s'agit de territorial pissings, je suis prêt à le croire, ayant une connaissance extrêmement lacunaire de Cobain et ses boys) n'implique pas de durcissement musical, cela reste dans la lignée du set, et ces 35 minutes montrent que le travail des quatre jeunes gens a payé, il y avait ce soir une cohérence évidente dans la musique et l'attitude du groupe, et on pourra donc à l'occasion retourner le voir si la possibilité nous en est offerte : un jeune groupe à suivre de très près !

Pour être franc, c'était surtout sur le nom de Last Night que nous sommes venus jusqu'aux abords de la Gare de Lyon ce soir, l'album éponyme du quatuor restant l'une des très bonnes surprises de ces derniers mois. Pour l'occasion, on apprend ce soir que le batteur est tout nouveau (ceci explique peut-être les balbutiements touchant le premier morceau joué ce soir), et si les musiciens semblent ennuyés par des limitations sonores qu'on ne ressentira pas vraiment dans la salle, cela ne les empêche nullement de nous offrir un très beau set. Car si l'album est assez léché, et semble plutôt propre, ce soir c'est à un rentre-dedans de compétition que nous avons droit, on pense de temps à autres à Frustration ou aux Cavaliers, et ce n'est évidemment pas un hasard puisqu'il y a des membres de ces groupes dans Last Night... Les spectateurs sont déchaînés, les slams se multiplient (c'est un peu risqué, car le plafond est plutôt bas), cela pogote à qui mieux mieux, et le public très jeune et très mixte apprécie sans aucun bémol ce qui nous est présenté. Le second guitariste fait quelques interventions un peu étranges (provocation ou fatigue, le doute subsiste), mais cela ne gâche rien à la fête, ces presque 45 minutes se révèlent terriblement excitantes, on n'attendait pas une telle performance, aussi énergique que puissante, et on ne trouvera assurément aucun pisse-froid dans la salle pour contester la qualité de ce concert. D'ailleurs, si un DJ est chargé de maintenir les spectateurs dans la salle, il n'est pas sûr que beaucoup de ceux-ci soient restés, tant il aurait été dommage de faire oublier immédiatement ce qui nous a tellement transportés ! Bref, là aussi nous n'attendons que la prochaine opportunité de revoir le groupe sur une scène...

La suite ce sera le week-end prochain, les Wampas entamant une bonne série de concerts avec PIL, Frustration et les Washington Dead Cats qui suivront dans les 8 jours.

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