[Harassment] tropical suicide
Date : lundi 13 mars 2017
Ça sent le printemps, en ce lundi soir, et la terrasse de l'Espace B est bien garnie à l'heure où les concerts sont censés commencer. Évidemment, il y aura encore une vingtaine de minutes entre l'horaire annoncé et le début réel, mais on y est habitués...
Depuis leurs débuts il y a à peine deux ans, les Harassment ont constamment fait évoluer leur musique, d'un concert à l'autre, et ce soir n'échappe pas à la règle, on sent d'entrée de jeu que la réverb va régner sur le son du guitariste, sans pour autant dénaturer ni faire perdre le moindre intérêt au "punk garage" du quatuor. Basé sur des titres majoritairement courts, voire très courts, le set demeure d'une énergie assez impressionnante, le chanteur pouvant tranquillement s'appuyer sur une section rythmique sacrément costaude, et un guitariste toujours aussi doué, et qui en plus a totalement oublié de nous emmener dans des solos largement dispensables... Devant un public assez agité (oserai-je aller jusqu'à "un peu con", sans qu'il y ait forcément de rapport avec la présence de nombreux roulettoplanchistes munis de leur moyen de locomotion dans la salle de concert), le groupe enchaîne (assez correctement, sans perte de temps) les morceaux, n'hésitant pas à aller flirter avec le rockabilly ou le reggae-ska à l'occasion, sans jamais perdre de ce fun et de cette excitation qui emportent le public, et surtout on ne peut qu'apprécier de voir des musiciens prendre autant de plaisir que les spectateurs, ils ont tous la banane en permanence, et sont encore loin d'être blasés - nous non plus ! Alors, même si le retard à l'allumage dérange un peu l'ordre préétabli, on a droit à une petite quarantaine de minutes qui ne lassent jamais, et qui comme à chaque concert d'Harassment laissent un goût de reviens-y, le groupe n'ayant jusqu'à présent pas encore commis de faute musicale irréparable, bien au contraire au fur et à mesure son évolution le rend toujours plus intéressant !
En mettant les pieds ici, on n'avait aucune idée de ce à quoi pouvait bien correspondre le "trash punk" annoncé du trio américain Zig Zags, mais on va très vite comprendre notre douleur, car le sous-titre "loud music for loud people" est bien plus explicite. Effectivement, c'est fort, mais là n'est pas le problème. C'est plutôt la lourdeur qui m'ennuie, cela manque singulièrement d'énergie, il y a également la présence de quelques solos qui me remue les intestins, et je me retrouve devant un genre de Bad Brains ou de UK Subs qui auraient bien trop été biberonnés au sabbat noir... Le chant comporte bien le côté trash annoncé, on est devant en genre de hardcore lent, pataud, et je cherche encore le côté punk de tout cela. Bref, et contrairement aux spectateurs qui semblent ravis de ce qui leur est offert, je ne résiste guère plus d'un quart d'heure, ce n'est pas la peine d'insister quand on sait pertinemment que les chances de voir s'inverser la courbe d'amour envers la musique du groupe sont quasi-nulles... Un test, ça peut parfois se louper, la preuve ce soir donc ! Heureusement, je me console en me souvenant que c'était surtout la première partie qui m'avait fait bouger jusqu'ici...
La suite, c'est dès ce mardi soir, au Petit Bain, avec les Cloud Nothings.