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l'ayatollah du rock
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21 novembre 2014

[Magnetix] de mieux en mieux

Date : vendredi 21 novembre 2014

 

Comment profiter d'un vendredi soir pour assurer un passage en douceur dans une nouvelle décennie ? Une solution peut être de rameuter les bonnes volontés, de louer une voiture, et de partir en expédition, direction Mantes-la Jolie, où le CAC Georges Brassens propose une soirée alléchante, dans le cadre du festival Blues sur Seine. Après une galère limitée pour atteindre les lieux, on découvre une belle salle, avec une superbe scène, haute et large, et un public, comment dire, motivé mais peu nombreux, puisqu'on ne dépassera sans doute pas la cinquantaine de spectateurs...

L'horaire est tenu, à la minute près, et c'est le duo guitare-batterie Klink Clock qui est chargé de mettre l'ambiance le premier, et si j'avais été marqué par la prestation du mois dernier à Mains d’œuvres, beaucoup en sont à se demander ce qui va leur tomber dessus... Qu'on se rassure, il n'y a pas de mauvaise surprise, la performance du groupe est du même niveau que la précédente, même si je trouve que le "rock garage" s'est ce soir singulièrement teinté de sonorités grunge au niveau des guitares (oui, les guitares, puisque le musicien alternera avec deux instruments), et que j'ai le sentiment que la répartition entre les voix est bien plus équilibrée, entre la voix "typée Cobain" du guitariste et le mélange d'arrogance et de feulements sexy que la batteuse réussit à faire passer. Certains spectateurs estiment d'ailleurs que ladite batteuse en fait trop, dans ses mouvements et son attitude générale, au contraire j'estime que c'est justement un plus que ces postures parfois théâtralisées, et que l'intérêt de jouer de la "demi-batterie" debout est bien de pouvoir profiter de l'espace lorsqu'on n'est pas coincé derrière ses fûts ! Certains titres, tels princess, démarrent lentement, presque en douceur, mais il y a toujours un moment où cela part en vrille, et l'énergie du duo est indéniable, efficace, et ne peut laisser indifférent un public rock'n'roll... Dans la salle, on sent que c'est une vraie claque pour beaucoup, et même si les éléments s'en mêlent sur la fin du set (la guitare disparaît subitement des enceintes), peu importe, ces 43 minutes auront confirmé tout le bien qu'on peut penser du groupe, et ce n'est pas l'écoute de son excellent album "we don't have the time to do love all the time" qui modifiera cette avis : suivez de près ce groupe, il risque de ne pas vous décevoir !

La suite, après un changement rapide de matériel, c'est un autre duo, toujours guitare-batterie, avec toujours une batteuse et un guitariste, mais ce coup-ci la batteuse est assise, et le public va donc prendre une deuxième baffe dans la tronche avec cette prestation des Magnetix, qui vont réussir à atteindre pendant 3/4 d'heure un niveau que je ne leur avais pas encore imaginé, et pourtant ils font partie de mes chouchous ! S'appuyant sur des sons de guitare venus d'on ne sait où, accompagnés par une rythmique redoutable, Looch et Aggy vont réussir à faire vibrer jeunes et anciens, adeptes du premier rang et spectateurs plus prudents demeurés à proximité du bar, à grands coups de ronflements, de guitare réverbérée à la limite du contre-temps, et surtout d'une ambiance qui s'impose à tous, et là aussi il est plus que difficile de résister à la déferlante sonique et sonore qui envahit nous esgourdes. Le duo, s'il semble désormais carré dans sa prestation, n'est pourtant pas en mode blasé, on voit que Looch, très impressionnant et charismatique, sue à grosses gouttes, tandis qu'Aggy interagit beaucoup avec les spectateurs, et l'exemple flagrant est la perte subite des deux micros (décidément, la salle est sympa, mais connaît des faiblesses techniques surprenantes), qui énerve un instant le duo, d'autant que le technicien préposé ne réagit pas tout de suite, mais il ne s'agit pas de se lamenter sur son sort, le groupe part dans un instrumental monumental, qui pourrait durer des heures imagine-t-on, et lorsque les voix reviennent, le set reprend son cours normal, plein de bruit, de fureur et surtout de plaisir. Après un petit rappel qui n'aura calmé personne, le groupe peut quitter la scène avec le sentiment du devoir (oh combien !) accompli, et la seule déception pour beaucoup tiendra en une absence totale de merchandising, nul doute que beaucoup en auraient profité pour repartir avec une rondelle ou un nouveau t-shirt sous le bras !

Menfin, je parle de repartir, mais la soirée n'est pas encore terminée, puisqu'il s'agit maintenant d'accueillir un quintet italien, dont certains nous bassinent les mérites depuis de longs mois, et c'est doc ce soir l'occasion de tester en live ce que valent les Movie Star Junkies. Se revendiquant d'un attirant "blues punk", on découvre assez rapidement, et avec un effarement qui va croissant, que le groupe emmené par un chanteur qui ne tient pas en place nous donne plutôt la sensation d'entendre un groupe de variété italienne amplifiée qui aurait vaguement baigné dans la soul, et encore plus vaguement espérerait passer pour garage en arborant un orgue heureusement largement inusité et inaudible la plupart du temps. Musicalement, c'est pour le moins léger, et d'une énergie toute relative, tandis que visuellement, effectivement, il faut voir le chanteur faire tout ce qui lui passe par la tête, allant lécher les genoux d'une spectatrice, avant de passer à quatre pattes entre les jambes de spectateurs surpris, mais également les deux guitaristes se concentrer sur leurs instruments pour un résultat que l'on sait désormais bien peu productif, tandis que la section rythmique se compose d'un bassiste impassible et d'un batteur qui lui décide d'imprimer beaucoup de mouvement dans ses gestes. Pour être honnête, ce n'est pas insupportable en permanence, certains titres se laissent écouter sans avoir l'estomac révulsé, mais dans l'ensemble c'est long, très long, et quand on comprend que les 3/4 d'heure de base vont se voir complétés d'un rappel, on commence à regarder avec insistance sa montre, ou ce qui peut en faire office... Et indubitablement on touche le fond, ou le sommet pour les aficionados du groupe (on en a vu), puisque c'est sur 15 minutes interminables que se clôt le set, les musiciens se lâchent (enfin ?) et partent dans tous les sens, mais cela ne change en rien l'impression d'échec qui subsistera de cette prestation, une fois encore je constate que les goûts musicaux de certains proches peuvent vraiment être très éloignés des miens, ce que je déplore bien évidemment !
À minuit passé, il est temps de repartir vers la capitale, en conservant en mémoire les 2/3 de cette bonne soirée, le dernier tiers passant par pertes et profits, et ne remettant pas en cause le bilan "globalement positif" de cet exil yvelinois bien temporaire.

La suite, ce sera au moins mercredi avec les Cloud Nothings à la Boule Noire, mais on se laissera peut-être tenter par une visite au CICP demain après-midi, avec Louis Lingg and the Bombs...
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