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l'ayatollah du rock
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21 novembre 2013

[BBMix] où sont les fils de riches ?

Date : jeudi 21 novembre 2013

 

Jeudi soir glacial, les rues de Boulogne-Billancourt sont envahies par le blizzard, et le Carré Belle-Feuille sonne encore le creux à l’heure annoncée, soit 19h : il faudra attendre 20h pour que la soirée commence, et que les sièges de la salle, pas très rock pour le coup, se remplissent légèrement... En effet, on ne se marchera jamais sur les pieds, l’affiche n’a pas rameuté la grande foule, et pourtant les absents auront eu, une fois de plus, globalement tort !
 
Je dis globalement, car ce n’est pas le premier groupe qui m’aura fait grimper au plafond; tant la musique du Michel Cloup Duo me semble soporifique et inintéressante... Pour quelqu’un comme moi qui ne connaissait le groupe Diabologum que de nom, c’est... comment dire... une expérience ! Car le duo batterie-guitare, largement accompagné de parties enregistrées-samplées (on voit parfois les deux musiciens totalement inactifs pendant que la musique se déroule), œuvre dans un style qui ne me touche guère, tant dans la musique (la mise en place d’atmosphères simili-planantes) que dans les textes (dont la gaieté est assez largement absente), et si en cherchant bien on peut trouver des accointances relatives avec par exemple un HF Thiéfaine, cela reste suffisamment limité pour ne pas emporter l’adhésion, même si le public présent applaudit assez régulièrement, sans toutefois pousser le vice jusqu’à se lever, sauf pour rejoindre le bar (bière à 3 euros, entre Heineken et Stella, on a vu pire... et on a une fois de plus échappé au Beaujolais nouveau !), ce que l’on fait assez rapidement, en profitant pour aller voir les photos rock exposées dans les lieux, tournant autour de la période 68-73, mais allant jusqu’à Starmania (France Gall et Balavoine), ce qui en relativise la qualité... Bref, on passe le temps en attendant la suite, mais on est tout de même mieux au chaud, d’autant qu’on préfère la musique proposée à l’extérieur que dans la salle... Une première partie de plus à laquelle on n’accroche pas !
 
Heureusement, la suite est bien plus délectable, à commencer par la deuxième partie, puisque les Olivensteins, loin de s’arrêter sur un one-shot à la Ferme Electrique en juillet, remettent le couvert ce soir, et si l’ambiance était à la fois chaude et bon enfant il y a 4 mois au fin fond de la Seine-et-Marne, ce soir ce sera purement et simplement chaud, avec un public qui abandonne la position assise au bout de 20 secondes, des spectateurs qui pogotent devant le chanteur pendant une bonne partie du set, et une set-list légèrement différente mais qui s’avèrera bien plus punchy, et pourtant on ne s’était pas vraiment ennuyés à la Ferme ! Emmenés par un Gilles Tandy en super forme, les Rouennais nous imposent des morceaux énergiques, efficaces, qui s’enchaînent assez vite, et qui font réagir au quart de tours les spectateurs, qu’ils soient plutôt anciens ou carrément jeunes. On s’apercevra d’ailleurs assez rapidement que certains lycéens rouennais ont fait le déplacement, et pas pour rien, puisqu’ils occasionneront des échanges pour le moins incongrus avec le chanteur, créant l’hilarité du public très bienveillant, et cela permettra sans doute également au groupe de se décontracter juste ce qu’il faut pour être dans l’état parfait pour offrir une telle performance. Alors on retrouvera bien évidemment les incontournables “tubes” (fier de ne rien faire, euthanasie), mais aussi une majorité de titres qui n’apparaissent pas sur la compilation éditée il y a peu chez Born Bad, soit que les titres n’aient jamais été enregistrés à l’époque (1979, à peu près), soit qu’il s’agisse de nouveaux titres, ce que l’on peut supposer pour au-delà de là ou tueurs à gages, qui n’avaient pas été joués cet été ! Gilles est une véritable pile électrique, et maintient la tension/attention sur lui, mais les musiciens ne sont pas des manches, et s’ils sont de fait un retrait, ils font sacrément bien leur taf, et nous avons droit à des morceaux réellement bien construits, qui emportent l’adhésion sans états d’âme, et si les plus jeunes ne connaissent pas Patrick Henry, cela importe peu, le sens de patrick henry est innocent est compris par tout le public, il n’y a pas besoin de remettre au goût du jour (genre “émile louis est innocent”), les textes ont supporté le poids des années sans aucune difficulté ! Si Gilles se permet quelques digressions bienvenues (sur l’utilisation par le CG 92 du thème de je hais les fils de riches, par exemple), cela n’est jamais gratuit, il ne s’agit pas de meubler le temps, le timing est suffisamment serré (1 heure chrono de set !) pour ne pas perdre une minute en blagues oiseuses... C’est plutôt l’échange respectueux qui règne ce soir entre musiciens et public, et cela se vérifiera lorsque Christian Rosset, invité à placer sa guitare sur un certain nombre de titre, se retrouvera à terre après s’être emberlificoté les pieds dans les retours : les spectateurs riront, mais sans moquerie, et le guitariste pourra reprendre sa place après un bon mot, et tout rentrera rapidement dans l’ordre. Alors au final, on se retrouve avec un set sans réel point faible, les nouveaux et anciens titres se mélangent sans distinction, et on se dit qu’au vu de l’osmose qui règne tant sur scène que dans la fosse, les quinquas (sexas ?) pourraient bien prolonger leur retour, ce qui nous donnerait une nouvelle occasion de faire la fête, pour peu que Paris ou les environs soient une nouvelle fois visités !
 
Le temps de se remettre de cette grosse claque, de se réhydrater, de passer par la case waters (rien à voir avec le Pink Floyd, même si j’ai du mal à faire la distinction...), et on retrouve un duo sur scène, bien connu puisque les Magnetix ont déjà été vus et revus, et qu’ils ont rarement déçu, ce que l’on n’espère pas non plus ce soir... Inutile de tourner autour du pot, ce soir le couple est énorme, le “garage-punk-trash’n’roll” (c’est de moi, mais vous pouvez trouver autre chose) fonctionne à 200%, et si on peut estimer que la batteuse est un poil en retrait, c’est simplement parce que son chanteur-guitariste est décidé à mettre chacun à genoux, et il faut avouer qu’il réussit parfaitement son défi ! Au menu, des intros avec des riffs que l’on reconnaît immédiatement (Cramps, Sex Pistols, Nirvana éventuellement), suivis d’adaptations-restitutions étonnantes, marquantes, avec des accélérations ou des ralentissements très efficaces, mais sans que cela ne tourne à la démonstration de savoir-faire, il y a des ratés, on sent qu’un certain nombre de notes manquent parfois à l’appel, mais peu importe, l’énergie est là, et bien là, et si d’aucuns frémissent de voir balancer une guitare sur la scène, qu’ils se rassurent, elle n’a rien, elle sera d’ailleurs réutilisée plus tard, ce ne doit pas être la première fois qu’elle traîne son dos sur les planches ! Alors bien sûr, il n’y a pas eu une arrivée massive de spectateurs pendant la soirée, la salle sonne tout de même un poil le vide, on peut le déplorer, mais les présents sont réellement à la fête, et on ne peut que constater que ce soir le groupe donne son maximum, et que cela emporte totalement l’adhésion du public. Bien sûr, il y a quelques moments dont on pourrait se passer, ou du moins qui pourraient être réduits, comme ces expérimentations soniques sur les pédales d’effets, mais cela permet de souffler un peu, on ne s’en plaint pas, car cela repart de plus belle par la suite, et là aussi l’heure est bien dense, bien remplie, et cela nous offre au moment de quitter les lieux (minuit, il ne faut pas rater les correspondances pour rentrer !) un bilan largement positif pour la soirée, que ce soit pour les connaisseurs ou pour ceux qui découvraient un, deux ou trois des groupes du jour ! Cela aurait donc pu constituer une sacrément belle soirée d’anniversaire, en somme...
 
Set-list Olivensteins :
 
Vivement que je sois vieux
J’ai craché mes amygdales
Je suis négatif
Patrick Henry est innocent
Tueurs à gages
Les catalogues
Le spécialiste
Fier de ne rien faire
Né pour dormir
Je hais les fils de riches
Grand chef
Euthanasie
Au-delà de là
 
Rappel : La nuit tragique
Le vampire
La colère monte
 
La suite, ce sera assurément vendredi prochain à la Maro, avec Kid Congo et les Experimental Tropic Blues Band, ou plus tôt si possible...
 
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Commentaires
S
"Tueurs à gage " est un titre des Rythmeurs et " au delà de là " un titre des Rustics , les 2 groupes dans lesquels jouérent à la fois Gilles et Vincent après la fin des Olivensteins première époque ..
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