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l'ayatollah du rock
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7 décembre 2012

[the Raveonettes] curse the night

Date : 7 décembre 2012

 

Vendredi soir, le Trabendo n’est pas loin d’avoir fait le plein, avec un public majoritairement proche de la trentaine, mais qui comporte également quelques très jeunes, et un bon nombre de bien plus anciens, ce qui peut surprendre, et on peut penser que certains auront bien souffert ce soir...

 

On ne s’éternisera pas trop sur la première partie, pour un certain nombre de raisons diverses. D’abord, l’arrivée tardive à la salle (temps froid, fin de semaine, on hésite à ressortir...) fait que je n’ai assisté qu’à un gros quart d’heure du set de the Holy Esque. Ensuite, et c’est sans doute le plus crucial, la new-wave pleine de claviers dégoulinants qui orne un chant chevrotant m’évoque un genre d’Echo and the Bunnymen qui aurait échangé Ian McCulloch contre Julien Clerc (et encore...), pendant que d’autres, sans doute moins méchants, y voient un ersatz de the National, ce qui n’est pas forcément fait pour arranger mes affaires... Si vous ajoutez à cela un son des plus criards, on comprend mieux que le public soit relativement atone, et que personne ne réclame le retour des Ecossais après que ceux-ci aient quitté la scène...

 

Peu importe, donc, et si la transition semble longue, elle permet de constater que le bar du Trabendo nouveau comporte désormais des tireuses à bière, ce qui est très appréciable, et que le tarif reste très honnête, ce qui nous rassure sur les prochains concerts à venir ici la semaine prochaine !

Il n’empêche que les lumières finissent par s’éteindre, peu après 21h05, et le duo qui forme the Raveonettes arrive sur scène, soit les deux Danois Sune Rose Wagner et Sharin Foo, accompagnés (sur cette tournée ?) par un batteur, ce qui nous ramène à la tournée de 2007, le line-up scénique restant assez évolutif... Cette année, le duo a sorti un nouvel album, “observator”, considéré comme plus calme et plus pop que les nombreux précédents, et on se demande à quelle sauce nous allons nous faire dévorer, et si l’introductif hallucinations peut être considéré comme gentillet (en version Jesus and Mary Chain, tout de même !), cela s’énerve très rapidement par la suite ! La batterie électronique et plus globalement la rythmique singulière de she owns the streets évoque singulièrement le Cure des années 81-82, et par la suite on va retrouver l’habituel mur de guitares saturées, qui va tranquillement couvrir les voix de Sune et/ou Sharin, mais cela ne gênera nullement les spectateurs qui, sans se jeter dans un pogo effréné, oscillent lentement d’une jambe sur l’autre en agitant la tête, preuve que la volonté d’obsession musicale voulue par le groupe est atteinte. Que Sharin utilise une guitare ou une basse, le résultat ne change pas trop, même si les sonorités peuvent différer, on a parfois l’impression que les guitares ont été transformées en tronçonneuses (dead sound) ou qu’elles sont plus modestement aiguisées telles des machettes (lust), cela peut expliquer la casquette Burzum que Sune Rose ne quittera pas du set, dans tous les cas il est impossible d’échapper à la transe, d’autant que le batteur n’est pas en reste et donne suffisamment de lui-même pour que l’on ne s’endorme pas... On notera d’ailleurs que cela faisait bien longtemps que je n’avais pas assisté à un concert aussi fort, j’aurais bien aimé voir la tête du limiteur, car il semblerait étonnant que les 105 dB n’aient pas été dépassés plus de la moitié du temps !

Sune Rose partage le chant avec Sharin, il en reste toutefois le dépositaire principal, avec cette manière si étrange de chanter assez haut qui flirte parfois avec le faux, et qui évoque également les Cranes par certains aspects, alors qu’on ne peut guère le comparer (physiquement) à la petite Alison Shaw... Les voix sont au passage toujours extrêmement réverbérées, mais cela n’a rien à voir avec une quelconque affectation, c’est juste un parti pris, et on l’accepte sans aucune retenue ! On notera, pour ceux que la pop attire, que c’est the enemy qui se rapprochera le plus de ce qu’on qualifiera de pop 60’s, tout en rappelant également, et de manière bien plus surprenante, le whole wide world de Wreckless Eric ! Mais ce calme tout à fait relatif ne dure jamais bien longtemps, et on repart de plus belle, avec parfois des parties pré-enregistrées (le piano de observations), sans que cela ne gâche la fête, à partir du moment où on constate que le groupe n’est pas figé dans son appréhension de la scène. On note d’ailleurs que le duo a cette année décidé de prendre des risques, en changeant de set-list chaque soir, ce qui n’était pas le cas l’an dernier, et permet de s’amuser à deviner les morceaux à venir, ce qui n’est pas toujours évident lorsqu’on ne maîtrise pas à la perfection la discographie du groupe !

Les trois derniers titres du set, qui remuent d’autant plus les foules qu’ils sont assez anciens, sont enchaînés l’un derrière l’autre, et offrent ainsi un finale monumental, pour clore cette quasi-heure, avant de voir le groupe quitter la scène, pour très peu de temps, puisque le rappel, prévu, ne doit pas empiéter sur les horaires convenus ! Ces trois titres supplémentaires ne sont eux non plus pas de la première jeunesse, et permettent d’achever les capacités auditives des derniers bien-entendants de la salle, et cela amène donc une fin après 70 minutes d’une intensité folle, avec un son particulièrement crade qui est totalement adapté à ce genre de sets, et je dois avouer que c’est la première fois que je ressens autant de saleté (dans l’acception positive du terme, si cela peut avoir un sens) dans un concert des Raveonettes, ce qui rassure quant à l’évolution soi-disant pop que peut représenter le dernier album.

Cerise sur le gâteau, c’est en simple duo, avec presque le sentiment d’une session acoustique, que Sharin et Sune Rose reviennent une dernière fois sur scène, avec un très beau love can destroy everything, histoire de revenir à un niveau sonore plus raisonnable avant de sortir affronter les éléments déchaînés à l’extérieur du cube du Trabendo. Au final, rien à jeter de ce concert, en dehors de la première partie évidemment, et une certitude concernant les années futures : the Raveonettes reste un groupe dont les prestations scéniques sont immanquables !

 

 

Set-list :

  1. Hallucinations
  2. She Owns The Streets
  3. Blush
  4. Dead Sound
  5. Lust
  6. Curse the Night
  7. Gone Forever
  8. The Enemy
  9. Observations
  10. Apparitions
  11. Young and Cold
  12. Attack Of The Ghost Riders
  13. My Tornado
  14. Bowels Of The Beast
  15. Aly, Walk With Me
  1. Rappel : Heart Of Stone
  2. Love in a Trashcan
  3. That Great Love Sound
  4. Rappel 2 : Love Can Destroy Everything

 

 

En ce samedi, c’est à Mains d’Œuvres qu’il faudra être ce soir, pour la seule date parisienne de Charles de Goal de 2012 !

 

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