[Charles de Goal] soupirs
Date : 8 décembre 2012
Grosse affluence en ce samedi à Mains d’Œuvres, où l’association “Arrache-toi un œil” fête ses 10 ans d’existence, sous le signe des expos, des stands divers et, pour ce qui m’intéresse plus particulièrement, des concerts. Comme attendu, lesdits concerts ont pris du retard, de l’ordre d’une demi-heure, cela reste donc raisonnable, même si cela permet de constater que le taux de remplissage de la salle de concert est énorme, et qu’on peut s’attendre à jouer les sardines aux alentours de 21h00...
Le temps de s’installer, visiblement sur le matériel des groupes précédents, avec une balance pour le moins expédiée, et voici que Charles de Goal entame son set, sous le signe de l’ancien (je parle musique, il n’y a pas d’attaque personnelle) puisque c’est avec un radio on très actualisé que commence le set, et on constate immédiatement ou presque qu’une balance expédiée peut flinguer une prestation... En effet, la guitare du Généralissime est incroyablement stridente, elle couvre tous les autres instruments, batterie comprise, et également la propre voix du chef, et si on finira par s’habituer à ce gâchis sonore, on en conserve des séquelles douloureuses dans les esgourdes le lendemain : l’amateurisme c’est sympa, mais uniquement quand ça ne met pas en péril l’intégrité des spectateurs ! Et si on se souvient que le son de la veille au Trabendo était très fort, il restait tout de même audible, et on pouvait reconnaître les morceaux et les instruments... Bon, il fallait que ça sorte, maintenant nous pouvons retourner au concert proprement dit.
Donc notre quatuor de choc table sur des valeurs sûres pour remplir la salle, ce qui n’est pas le cas au début du set (mais ne tardera pas), et le public aux âges très variés accroche immédiatement, ça danse un poil, ça applaudit, et si nulle groupie potentielle ne grimpe sur scène pour embrasser le chanteur (il paraît que ça se serait vu il y a peu dans l’Est...), cela tient sans doute uniquement à la hauteur de la scène... La batterie est souvent doublée de boîtes à rythmes, ce qui crée une impression à la fois de métronome et de violence brute, tandis que le bassiste affiche un stoïcisme assez désarmant, sous un chapeau qui a remplacé l’habituelle casquette lennonesque des fois précédentes. Quant aux guitares, celle du chanteur (en chemise rouge et cravate noire du plus bel effet, même décalé) et du responsable de toutes les machines, elles se complètent et/ou se superposent à merveille, l’une plus aiguë que l’autre, et on sent que le groupe est à l’unisson et réagit au quart de tour, sous les baguettes du batteur. Les titres anciens avaient démarré le set, mais on a droit à quelques titres plus récents (passion/éternité, décadence...) qui ont par conséquent moins évolué que les vieilleries, mais qui sont encore plus carrées puisque créées ensemble, et on ne saurait dire ce qui satisfait le plus, de l’ambiance répétitive que l’on connaît par cœur à ce hais toi ! qui montre que le côté punk du groupe reste omniprésent... Les échanges avec le public se limitent à quelques “ça va ?” et autres “merci !”, car le groupe sait que le temps lui est compté, mais on a tout de même l’impression que tout le monde est content, ce que l’on n’aura malheureusement pas l’occasion de vérifier plus tard, le débrief prévu avec les musiciens s’avérant impossible. Histoire de ne pas se limiter à des choses connues, nous avons droit en fin de set à deux titres qui devraient être en bonne place sur le nouvel album du groupe (début 2013 ? on y croit !), qui logiquement font moins réagir les spectateurs, sans tout de même les laisser de glace, ce qui est rassurant... C’est donc après 37 minutes très denses que le groupe fait mine de quitter la scène, les spectateurs des premiers rangs ont remarqué qu’il y avait 2 titres supplémentaires prévus, donc hurlent au retour des héros, il y a un instant d’hésitation, et là le couperet tombe : avec le retard pris, impossible d’accorder 3 minutes pour un rappel qui aurait permis d’éviter de quitter la salle avec une double frustration, celle d’un concert abrégé et celle d’un son désastreux... Espérons qu’on n’aura pas à attendre trop longtemps avant de revoir nos goalistes préférés !
Set-list :
- Radio on
- Dans le labyrinthe
- Passion/éternité
- Décadence
- Hais toi !
- Modem
- Ambiance répétitive
- Technicolor
- Soupirs
- Larmes à gauche
- A feu et à sang
La suite, ce sera dès jeudi au Trabendo, avec une soirée sous l’égide de Frustration, puis vendredi pour l’habituel Christmas Show de New Model Army.