[Dimi Dero Inc.] ah oui c'est la vie
Date : 21 juillet 2007
L'été est morne, les concerts sont bien rares, les cyclistes clean, et nos amis rockers sans doute bien installés sur les plages pour faire bronzer leurs corps d'éphèbes insensibles à la marque du temps, vu la difficulté à remplir les rares salles encore ouvertes... Ce soir, c'est la Mécanique Ondulatoire, un café-rock près de Bastille, possédant une belle cave à l'acoustique honnête, et aux consommations à tarifs non rédhibitoires, qui aura bien du mal à sonner le plein !
Ça commence avec un trio français, avec une pianiste, un guitariste et une chanteuse, qui font plutôt dans un genre de cabaret-rock un peu déglingué... Electra Jean est présenté comme "le chaînon manquant entre PJ Harvey et Arletty", ça peut largement se discuter, on peut tout de même regretter de voir le piano jouer les simples utilités, ce qui laisse libre cours au guitariste pour faire dans le foutraque un peu longuet, et à la chanteuse pour bien délirer, mais comme cela ne dure que 4 morceaux, on peut difficilement juger définitivement !
Venu d'Allemagne, ou de Norvège, ou des États-Unis, les choses n'étant pas très claires, Mark Steiner commence seul à la guitare, puis s'adjoint les services de la pianiste précédente, puis un groupe complet avec un guitariste-bassiste, une chanteuse (la précédente également) et un batteur (Dimi Dero, pour info...), et le tout fait diablement penser à Die Haut, dans le genre rock sale importé du bayou dont on reconnaît bien les influences à la fois blues et country mais qui ne sont ni l'un ni l'autre... Là, le piano est vraiment bien utilisé, la voix féminine en revanche semble un peu déplacée dans ce contexte, mais cela ne gâche rien du tout à l'impression générale largement positive, et il faudra réellement se souvenir de ce nom dans les années à venir !
On prend le guitariste précédent, qui prend le chant en charge, on garde le piano et la batterie, le chanteur précédent prend la basse, on rajoute un guitariste, et nous voici face à Tex Napalm, qui fait là dans un blues bien plus lourd que le groupe précédent ! Sachant que les enchaînements entre les différents groupes sont hyper rapides, ce quintette pâtit légèrement de la comparaison avec Mark Steiner, tout en restant tout de même largement au-dessus de la ligne de flottaison ! Mais on peut tout de même imaginer qu'un peu plus de finesse ne nuirait pas à la prestation des franco-germaniques...
On termine avec Dimi Dero Inc. (Incredible ? Incorporated ? Incognito ? Incendiary ?), où Dimi Dero abandonne sa batterie à un collègue pour une guitare et le chant, accompagné d'un bassiste (échappé de Holy Curse) et d'un second guitariste, en l'occurrence celui de Electra Jean... Finalement, ils n'auront été que 9 musiciens pour former 4 groupes... La clôture de la soirée est un retour à un rock "basique", quoique largement non linéaire, avec des brisures de rythmes bienvenues, des envolées ayant parfois du mal à retomber sur leurs pieds, ce qui occasionne des fins de morceaux abruptes... Les amateurs de rock australien sont à la fête, et même les adorateurs de Motörhead peuvent verser une petite larme au passage de ace of spades, pourtant largement moins heavy que l'original mais bien intégré au milieu des propres compositions du combo ! A vrai dire, on a presque du mal à se dire que c'est le même groupe qu'à l'Espace Kiron, car la claque que l'on prend ce soir est encore d'une toute nouvelle ampleur ! Et après cela, certains oseront dire qu'il n'y a pas de bons groupes de rock en France...
Allez, on attendra encore une petite semaine avant le prochain concert, qui devrait être vendredi prochain à la Flèche d'Or.