[Dick Annegarn] pansent-ils leurs plaies ?
Date : 24 mai 2007
Encore une salle différente ce soir (une belle série en cours), puisque c'est dans le très jazz club du New Morning que Dick Annegarn se produit, devant un public de quadras-quinquas assez étrange : globalement, seules 2 ou 3 chansons seront reconnues, l'agencement de la salle (des chaises, en nombre suffisant pour jouer à la chaise musicale, qui permet à certains de continuer à déambuler au milieu des spectateurs assis une bonne demi-heure après le début du concert...) ne permet pas trop de participer activement, et un côté zappeur assez estomaquant (beaucoup partiront à 23h00 pile, sans attendre un hypothétique rappel, qui arrivera tout de même, bien fait pour les partis !)...
Le Batave est comme d'habitude très à l'aise sur scène, il l'arpente sans cesse à grands mouvements de ses bras dégingandés, entouré (par intermittence, en groupe ou par paires) de 3 musiciens, un tubiste (j'ai vérifié, ça existe !), un batteur superfétatoire qui gère de temps à autre le piano, et un multi-instrumentiste (cor, trompette, accordéon, piano)... Dick lui-même joue de guitares (sèche ou électrique), et utilise un mégaphone, un peu en vain car le son ne porte guère : ce soir, pas besoin de boules Quiès, on aurait plutôt eu besoin de Sonotones parfois tant le niveau sonore était bas !
Le concert se déroule en deux mouvements, puisqu'après 50 minutes on a droit à un entracte d'une demi-heure, avant une seconde partie d'une heure cinq, ce qui au total nous donnera un bon concert de quasiment 2 heures, pas loin des habitudes des "lalanne et higelin" dont il se moquera gentiment... Au programme donc, un mélange astucieux de morceaux nouveaux, de morceaux récents (beau bateau, pierre, potron-minet, pauvre pêcheur...) et de vieilleries plus ou moins éloignées dans le temps (bébé éléphant évidemment, le saule, evanesca, barbotant, mireille, les tchèques...), plus ou moins réorchestrés, mais souvent très touchants dans leur interprétation ! Bien sûr, il se perd très vite sur que toi, mais prend cela avec le sourire... Il reprend du Thelonious Monk avec coby my dear, du Boileau en rap (!), se moque de Johnny qui n'a pas eu la médaille de la ville de Bruxelles (enchaînée au roi du métro), s'en prend également (plusieurs fois, ce qui ne fera pas trop rire le public...) à Notre Président (attila joszef, bien sûr !), il égratigne aussi le french doctor (ça pue), bref il ne laisse pas la politique de côté !
On n'aura pas eu ubu, sacré géranium ou agostinho ? En guise de consolation, la reprise de Brel (l'éclusier) seul avec son bandonéon est belle à pleurer, même si certains trouvent "dommage de terminer un concert avec une chanson triste"...
Bref, un concert de chanson française de haute qualité, qui aura reposé les oreilles...
Demain, s'il ne pleut pas, comme la Maison ne recule devant aucun sacrifice, ce sera Barry Adamson à la Fondation Cartier !