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l'ayatollah du rock
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14 mai 2025

[Dick Annegarn] rhapsode

Date : mercredi 14 mai 2025

 

 

Les organisateurs ont invité les spectateurs à amener des plantes, arbustes ou fleurs pour décorer la scène, en ce mercredi soir à la Marbrerie, et certains semblent avoir joué le jeu, mais devront probablement repartir avec en fin de soirée - je ne suis pas totalement sûr d'avoir compris le principe, en fait... Trois quarts d'heure avant le début du concert, la salle (places assises sur chaises en plastiques ne permettant pas vraiment d'être bien installé) est déjà bien remplie (le concert est annoncé complet), les spectateurs en profitent pour manger, ce qui donne des mélanges d'odeurs parfois moyennement supportables, et pendant ce temps on a droit dans les enceintes à une succession de vieilleries (que fait Brel au milieu de Dalida, Michel Fugain, Aznavour ou Joe Dassin ?) reprises en chœur par pas mal de spectateurs, visiblement on n'a pas forcément tous le même référentiel...

 

 

Tout de suite après avoir été annoncé au micro, et alors qu'on le voit déjà sur le bord de la scène, Dick Annegarn arrive avec une flûte au bec, puis se met à parler, plus ou moins près du micro (c'est récurrent chez lui, et c'était déjà la cas lors de son dernier passage ici-même il y a deux ans), il avoue avoir un peu honte d'être né en 1952 et d'avoir dû essayer de poser une alternative à Fugain et Dalida, espérant qu'on ait supporté l'attente musicale - on sent que certains rient jaune dans la salle, alors que rien que cette introduction me ravit ! C'est ensuite parti pour un récital qui va aller piocher tout au long de la carrière du néerlandais installé en France depuis bien longtemps, avec d'abord un verre qui rappelle que même pendant les chansons Dick ne peut s'empêcher de glisser de petits commentaires rigolos (ou pas), demandant par exemple si les concerts en mode debout ici sont bien, puis indiquant qu'ils n'assiste plus lui-même à des concerts debout "avec sa jambe de bois", mais se sentant obligé de préciser qu'il n'a en fait pas de jambe de bois, ce qui à la fois montre la simplicité du bonhomme mais aussi son besoin de ne pas être mal compris par son public - pendant crépuscule, il rappellera que la chanson contient des rimes en "ule". On va le voir régulièrement alterner entre guitare(s) et harmonica(s), pour nous offrir des versions souvent différentes des intros de morceaux que l'on croyait connaître pas cœur, comme sur sacré géranium introduit comme "sacré putain de tulipe", ce qui n'empêchera pas le public de reprendre plus fort que le chanteur ce morceau attendu mais sur lequel il en profite pour faire le pitre, visuellement ou dans ses intonations. Tous les titres sont présentés et mis en perspective, de manière souvent très intéressante, mais si Dick est très attentif à son public, il n'hésite pas à s'en prendre à un spectateur accroché à son téléphone, lui interdisant de le filmer sur bébé éléphant, ce qui va plutôt à l'encontre des manières habituelles dont le public suit désormais les concerts (caché derrière son téléphone), mais le chanteur ne perd pas pour autant le fil de sa chanson ni de son concert... La question habituelle relative à la langue la plus parlée en France après le français (le tamazight) lui permet de reparler du chleuh (vérifiez, ce n'est pas l'allemand...), et on devine que certains spectateurs qui se sont arrêtés en 1978 sont surpris par certains chansons et sonorités, comme sur où es-tu mohand ? qui se distingue nettement des titres les plus anciens... On a droit à des titres moins évidents que d'autres, ainsi même en hiver ou soldat, mais évidemment le public est ravi lorsqu’il est invité à participer (avec difficulté) à quelle belle vallée, on reconnaît l'habituel manque de sens du rythme tricolore, plus ou moins compensé par un enthousiasme communicatif. albert est l'occasion de rappeler que son vrai prénom est benedictus albertus (cela aurait fait long sur les pochettes d'albums), et la (longue) première partie du concert se termine au bout de 75 minutes avec au marché des mendiants, encore un titre qui laisse pour le moins perplexes mes voisins...

Un petit passage en coulisses, et Dick revient, avec l'habituel enchaînement le roi du métro/bruxelles, avant d'en terminer sur mireille, dont il nous explique que l'inspiration lui est venue à l'écoute d'histoires racontées du côté de Montreuil, et pour le coup les spectateurs qui attendaient les vieux morceaux sont servis, avec ce triple retour dans les années 70... Le chanteur peut quitter la scène avec le sentiment du devoir accompli, une partie du public commence à partir, et les absents vont avoir tort puisque Dick revient avec un ultime xilinji, seul extrait du sous-estimé "ullegarra", mais qui clôt en beauté ces presque 95 minutes qui ont montré que même dans des conditions de confort (acoustique comme d'assise) précaires, on prend toujours le même plaisir avec M. Annegarn. Chapeau, et à la prochaine, donc !

 

 

Set-list probable :

  1. d'abord un verre
  2. crépuscule
  3. sacré géranium
  4. rhapsode
  5. bébé éléphant
  6. soleil du soir
  7. même en hiver
  8. où es-tu mohand ?
  9. soldat
  10. il pleut
  11. quelle belle vallée
  12. adieu verdure
  13. puy de dôme
  14. albert
  15. sécheresse
  16. au marché des mendiants
  17. Rappel : le roi du métro
  18. bruxelles
  19. mireille
  20. Rappel 2 : xilinji

 

 

La suite, ce sera dès ce jeudi soir, avec le retour de Bambara à la Maroquinerie.

 

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