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l'ayatollah du rock
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29 novembre 2023

[Crime and the City Solution] une sacrément belle solution

Date : mercredi 29 novembre 2023

 

La dernière fois que j'ai mis les pieds au Badaboum remonte à plus de 13 ans, la salle s'appelait encore La Scène Bastille et n'était pas très fréquentable (accueil désagréable, tarifs exorbitants, seul le lieu lui-même valait le coup). En ce mercredi soir, on est accueilli tranquillement, la bière reste à 7€ la pinte (un tarif classique dans les concerts à Paris), et si l'aménagement du lieu a évidemment évolué, cela reste assez agréable, même si la salle est assez désespérément vide sur les coups de 20h00, et qu'on imagine que le rock n'est pas forcément la musique la plus habituelle par ici...

 

C'est donc dans une relative intimité que Joshua Murphy entame son set, on avait vu le guitariste œuvrer au sein de Crime and the City Solution il y a un an presque pile à la Maro, et on n'est donc guère surpris d'entendre ce que le bonhomme, derrière sa guitare et ses (petites) machines, nous concocte : un rock australien dans la lignée des Hugo Race ou Simon Bonney en solo, c'est plutôt tranquille, sauf sur quelques riffs, et si la voix est plutôt impressionnante et se rapproche justement de celle des sus-cités, l'ensemble a tendance à attirer l’œil et l'oreille de spectateurs qui au fil des minutes remplissent la salle, rassurant sans doute les organisateurs - même si un certain nombre de place sont des invitations. L'espace d'une grosse demi-heure, Joshua doit tout de même lutter contre un son un peu étrange, avec un genre de bourdon de basse omniprésent qui parfois surpasse les musiques jouées (ou pré-enregistrées, ce que je regrette un brin). Sans être totalement transporté par cette prestation, je ne peux nier que l'Australien coche pas mal de cases très positives, et si cette première partie ne sera sans doute pas inoubliable, elle aura permis de se mettre dans l'ambiance, et de découvrir qu'en solo aussi le Joshua fait le job !

 

Car après une petite vingtaine de minutes, on le voit revenir sur scène avec le reste de Crime and the City Solution, cette année en mode quintet et plus sextet comme fin 2022, le duo Bronwyn (violon, chant)/Simon (chant) étant accompagné d'un batteur, d'un bassiste également préposé au piano et à quelques machines, et de Joshua Murphy à la guitare et également en charge de machines. Comme l'an passé, le set démarre avec all must be love, nous ramenant à 1988, et on restera d'ailleurs sur l'album "shine" avec le titre suivant on every train (grain will bear grain), l'occasion de vérifier que le chanteur toujours déguisé en marin (bonnet, barbe bien fournie, pull rayé) n'a rien perdu de sa voix, que Bronwyn sait toujours tirer de son violon des sons parfois à la limite de la dissonance, qui rentrent en compétition avec ce que le trio derrière eux développe de magnifique façon, et on se rappelle que la cohésion du groupe nous avait frappé à la Maro, et on note qu'elle est toujours présente. Ce qui est malheureusement toujours présent, et durera encore (malheureusement) sur l'immense i have the gun, c'est le bourdon qui avait déjà ennuyé Joshua pendant sa prestation solo, il faudra attendre le quatrième titre pour constater que les préposés au son ont enfin réussi à trouver une solution, et le reste du concert n'offrira plus vraiment d'opportunités de se plaindre à ce niveau, même si l'acoustique des lieux s'avère sans doute plus adaptée à d'autres sonorités... Le groupe vient tout juste de sortir son nouvel opus, "the killer", et va largement le mettre à l'épreuve, puisque 5 de ses 7 titres seront exécutés ce soir, et s'ils n'atteindront évidemment pas les spectateurs aussi profondément que les morceaux historiques tirés des albums de la fin des années 80, ils s'avèrent d'un excellent niveau, le groupe réussit à transformer sur scène les parties plus électroniques de l'album, et les moins connaisseurs du public auront sans doute eu du mal à différencier les différentes époques d'origine des compositions. On ne peut passer sous silence l'ultra fan du deuxième rang, qui finira par se faire sortir de la salle pour excitation très exagérée, le reste du public est plus appréciateur et auditeur, laissant le temps aux morceaux de s'étirer à l'envi, chacun des musiciens semble avoir droit à une relative liberté, même si évidemment l'attention se porte majoritairement sur le couple Simon/Bronwyn, cette dernière n'hésitant pas à donner de la voix, voire du cri un poil déstabilisant, histoire d'accroître le niveau de dissonance des morceaux. Que l'on ne s'y trompe pas : il ne s'agit pas d'un concert de noise, la plupart des morceaux possèdent une part de douceur évidente, mais c'est justement cette juxtaposition entre douceur et aspérités qui crée autant d'émotions à l'écoute des morceaux, bien évidemment le morceau de bravoure de la soirée reste pour moi l'enchainement de the last dictator (II + IV), mais il faut également et une nouvelle fois souligner l'excellence des musiciens, dans des modes différents (la batteur est solide et assez imperturbable, le guitariste est bien plus expansif que le bassiste), et si je ne suis pas certain d'avoir compris l'intégralité des interventions de Bronwyn au micro, cette soirée aura permis de donner envie de se pencher sur "the killer" (ça tombe bien, le stand de merch a fait des heureux ce soir), et surtout, après un rappel très long sur killer (le morceau, 10 minutes à lui tout seul), je me rends compte que j'ai encore plus apprécié le concert de ce soir, alors que déjà j'avais été bluffé l'an passé. En 75 minutes chrono, les Australiens (et assimilés) auront totalement réussi leur conquête du public parisien, réduit mais fervent, et on parierait que pas grand monde n'aura regretté d'être sorti en ce mercredi soir !

 

Set-list :

  1. all must be love
  2. on every train (grain will bear grain)
  3. i have the gun
  4. river of god
  5. the bride ship
  6. brave hearted woman
  7. home is far from here
  8. the last dictator II
  9. the last dictator IV
  10. witness
  11. peace in my time
  12. Rappel : killer

 

La suite, ce sera vendredi Et samedi, avec le retour des Ludwig au Trianon.

 
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