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l'ayatollah du rock
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1 octobre 2010

[Norma Loy] attitudes

Date : 1er octobre 2010

 

Vendredi soir pluvieux, venteux, ce qui peut expliquer que la Scène Bastille ait du mal à se remplir... Au mieux, on aura une demi-cuvée, ce qui est sans doute assez loin de l'assistance espérée, malgré l'enthousiasme réel des spectateurs présents...

 

Lorsque le quatuor composant Utopium arrive sur scène, on constate que le rapide passage sur la page myspace du groupe avait été trompeur : il n'y a pas de synthés, juste deux guitares, une basse et une batterie, et ce que l'on pouvait prendre pour des sons synthétiques correspond de manière évidente aux parties de guitares saturées et pleines d'effets trompeurs... L'accroche est intrigante "Indépendant / Alternatif / Expérimental", les trois premières minutes évoquent furieusement le "métal atmosphérique" de the Gathering, avec de loin en loin des réminiscences curesques, mais finalement un intérêt du public qui semble s'éteindre au fur et à mesure que les minutes s'écoulent. On a l'impression que les morceaux sont majoritairement instrumentaux et, sans être forcément désagréable, l'instauration insidieuse de mouvements progressifs fait qu'on attend la fin de ces 35 minutes, non avec l'impatience de voir disparaître le quatuor mais avec l'excitation de voir apparaître la tête d'affiche... Trop expérimental pour moi ? Possible, voire simplement trop cérébral à mon goût...

 

On a trop peu la possibilité d'assister (en France) à des performances de Norma Loy, c'est pourquoi leur présence sur scène est toujours un petit événement, qui est ce soir d'autant plus attirant qu'on constate que le guitariste est momentanément échappé d'Object... Un début de set qui permet au groupe de se mettre en place, avec des nouveaux titres, issus du dernier album ou encore plus récents (dont un baphomet orné de diapositives très ésotériques, sur lesquelles on semble reconnaître Crowley...), qui laissent une très bonne impression (dreamland, speed pills) ou plus mitigée (la reprise à moitié ratée du blue moon de Presley)... On note tout de même que la version très synthétique du dirt des Stooges est une franche réussite, tant elle est décalée, et que les images qui tournent en permanence au-dessus de la tête du batteur correspondent à cette atmosphère décalée, parfois dérangeante, entre montages, bondage, scarifications et autres joyeusetés... Pendant ce temps, une danseuse de buto ondule avec lenteur sur la scène, avec une théâtralité teintée d'une once de folie, et le "Autre / Post-punk" que le groupe proclame se rapproche ainsi assez singulièrement d'un Antonin Artaud fréquemment cité comme (influence / modèle / partenaire ?). Si le chanteur lâche pendant quelques titres le chapeau à franges qui l'isolait sur les premiers titres, il maintient l'attention des spectateurs sur sa personne, n'hésitant pas à descendre dans la fosse "pour s'entendre chanter", pendant que son vieux collègue reste sereinement derrière ses claviers et que le reste du groupe assure la coloration musicale avec talent et retenue à la fois... Un two days in a night pour clore de belle façon la partie nouvelle du set, et on s'attaque aux vieilleries, qui prennent une sacrée cure de rajeunissement, avec un sacrifice très dur et excellent, suivi d'un power of spirit qui maintient très haut le niveau ! Je ne suis toujours pas forcément adepte du in heaven (mon incompréhension et refus de tout ce qui provient de David Lynch, sans doute), quel que soit le groupe qui le reprend, et ce soir je reste donc assez mitigé... En revanche, il est carrément impossible de résister à l'extraordinaire version du nagashima, sur lequel le guitariste effectue un superbe effort, et c'est sur cette impression remarquable que le groupe quitte la scène, après 55 minutes de progression ayant culminé avec le dernier titre... Une courte interruption, et le public peut continuer à se faire plaisir avec une version habituelle du lesbische voodoo teenagers, qui enthousiasme tout le monde, avant que... alors que le groupe est prêt à continuer, le chanteur comprend qu'il ne reste plus assez de temps, et c'est donc une sortie en queue de poisson qui clôt cette prestation, laissant un goût d'inachevé puisque la tension n'était pas loin d'être à son comble à l'heure du départ... Frustrant, donc, mais tout de même très réussi : espérons qu'il ne faudra pas attendre des années et franchir des frontières pour revoir le groupe qui est à mon sens musicalement pas loin de son top dans cette formation !

 

Ce soir, direction les Combustibles avec les Fab Mods et le retour des Members.

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