[Bal Antinational] punk not dead
Date : mercredi 13 juillet 2022
C'est le 13 juillet, c'est donc l'occasion d'aller à la CNT pour participer au Bal Antinational, une soirée de soutien aux travailleuses de la petite enfance en lutte qui se fera sans défilés militaires ni drapeaux bleu-blanc-fuck, mais avec des bières et des concerts, et évidemment en bonne compagnie...
Il fait encore très chaud vers 18h30, cela explique qu'il n'y ait pas encore grand monde - pourtant, c'est à l'ombre, mais il faut prévoir que cela dure un peu, les 22h00 pour la fin de la soirée semblant d'entrée de jeu prévus pour être largement dépassés...
Outre les tables de presse et d'infos, et cette année la possibilité de se poser (bancs, tables), il y a évidemment de la musique, en intérieur pour les concerts en groupes (dans les conditions acoustiques limitées que l'on connaît), en extérieur pour les passages en solo, qui ne se font d'ailleurs pas d'un trait mais consistent en des interventions multiples et alternées, qui permettent aux participants d'en profiter quelle que soit leur heure d'arrivée. On a ainsi droit à des chansons (pas toujours forcément engagées) d'Arnaud le Facteur et Mana la Manouche (bon, Arnaud est bien là avec son orgue de Barbarie, mais je crains que Mana n'ait pu venir...), en alternance (en prenant le temps, on n'est pas aux pièces !) avec Val'Musette avec son accordéon, et si tous les morceaux ne sont pas forcément repris en chœur, ils sont la plupart du temps bien appréciés, et permettent à la foule (oui, à force il y a beaucoup de monde !) de se retrouver autour de chansons intemporelles (la semaine sanglante, la plus bath des javas) qui montrent que les punks peuvent écouter autre chose que leur musique de prédilection.
Mais quand les concerts amplifiés commencent, il faut être sacrément résistant pour aller dans la salle dédiée, à la fois au niveau température et niveau auditif, car ce que nous propose le trio stéphanois Ten Minutes Later est réservé à un public averti : un guitariste-chanteur, un batteur, un chanteur, des riffs punk qui vont à 100 à l'heure, le terme "fastcore" revendiqué par le groupe n'est pas usurpé, avec des titres qui dépassent rarement la minute, on peut comprendre que la prestation n'atteigne pas la demi-heure, surtout en enchaînant les morceaux. De l'extérieur de la salle, ça semble fort et puissant, de l'intérieur c'est bien le cas, j'ai du mal à différencier les titres, mais on ne peut pas reprocher au trio d'en garder sous la pédale : à fond du début à la fin, ils auront bien mérité de profiter tranquillement du reste de la soirée !
Pas trop de surprise non plus avec les Holy Holster, qui savent y faire en manière de punk français, et ne se laissent pas démonter par les conditions qui peuvent un tant soit peu les desservir : un son très saturé, des paroles pas toujours facilement compréhensibles, mais cela n'empêche pas les fans de remplir la salle, de pogoter comme il faut, bref d'apprécier à sa juste valeur une performance assez propre, sur laquelle on regrette juste parfois que le son de la guitare de Jano sonne un poil trop métallique à mon goût. Il n'empêche que c'est de la belle ouvrage, et comme il se dit que le groupe pourrait bien entrer en studio rapidement avec un producteur que l'on connaît bien dans la scène parisienne, nul doute qu'on aura bientôt des nouvelles du quatuor, y compris possiblement dans Konstroy !
On est plus proche des 23h que des 22h lorsque les Marteaux Pikettes entament leur set, et si le groupe revient d'un festival en Serbie qui n'a pas dû être accompagné que d'eau, les quatre musiciens, qui ont pris le temps de s'installer mais font leur balance sur le premier morceau, semblent prêts à en découdre avec un public là aussi chaud bouillant. Là encore, la chanteuse pâtit d'une perte dans la compréhension des paroles, mais comme la grande majorité des spectateurs connaît par cœur les paroles des chansons, qu'il s'agisse des plus anciennes ou de celles du petit dernier "racine carrée de vos utopies", et que celles-ci disent souvent très clairement les choses (écosystème, mon président), cela bouge énormément, cela sue énormément, et cela... finit par péter ! En effet, alors que tout se passait bien jusqu'à présent, la scène perd toute électricité, la salle aussi, et tant qu'à faire c'est l'ensemble de la CNT qui se retrouve sans électricité. Cette mésaventure était déjà arrivée il y a quelques années, et là le redémarrage est assez long, il y a au moins 4 ou 5 faux espoirs rapidement éteints, avant que la lumière revienne définitivement (ou au moins durablement), le groupe en profite pour implorer les mânes du rock'n'roll en reprenant le r.a.m.o.n.e.s. de Mötorhead, cela semble fonctionner puisque le morceau peut aller jusqu'à son terme... Et si je ne reste pas jusqu'au bout de la soirée (donc du concert), ce n'est que partie remise, on conservera tout de même encore une belle impression de ce bal antinational qui s'avère tous les ans comme incontournable pour les (punks, mais pas que) engagés parisiens et montreuillois...
La suite, ce devrait être, dans l'ordre, La Jungle et Fleuves Noirs au Supersonic vendredi, le Murmure du Son à Eu samedi, puis les Blood Red Shoes à la Maro jeudi prochain, et le mois de juillet n'est pas encore terminé...