[Danko Jones] rock shit hot
Date : samedi 28 mai 2022
Lorsqu'on pénètre dans le Nouveau Casino, en ce samedi soir, on s'aperçoit que la première partie a déjà démarré sa prestation, et qu'il n'y a guère qu'une trentaine de personnes dans la salle. Il faut dire que les informations sur le concert ont été distillées au compte-goutte (rien sur le site internet du lieu, par exemple, et pas grand chose sur l'événement FB, pas même la présence d'une première partie...), après il ne faut pas s'étonner de ne pas remplir les salles de concert...
C'est un quintet finlandais qui est donc sur scène depuis 19h30 pétantes, et on ne peut pas dire que les Moon Shot fassent dans la finesse. Né de la rencontre de musiciens d'influences diverses (du punk et de l'indie rock au death métal), le quatuor (guitare-basse-batterie-chant) en version studio utilise un guitariste additionnel en concert, cantonné au fond de scène mais qui a le droit de participer aux chœurs. Étonnamment, c'est le bassiste (qui fera montre d'une maîtrise impressionnante de la langue française, lors de son unique intervention) qui vient de Children of Bodom, on aurait juré que c'était le lead guitariste, tant il en fait des tonnes avec son instrument, pour un résultat que je qualifierais de heavy rock FM, soit un mélange de hard rock et de tout ce qu'on peut imaginer de la scène métallique finlandaise, des Hanoi Rocks à Lordi, l'accoutrement en moins. Les spectateurs (le public arrive au compte-gouttes) semblent plutôt apprécier ce qui leur est proposé, il faut dire qu'un groupe formé de musiciens expérimentés peut se reposer sur un savoir-faire évident, et on ne peut nier que tout cela soit très carré, mais au final je ne regrette pas que le groupe ne se voie accorder qu'une demi-heure sur scène, cela suffit largement à mes petites oreilles !
Après une demi-heure où l'on voit les musiciens de Moon Shot se dépêcher de vider la scène pour remballer leur matériel, et faire des aller-retour dans l'escalier pour monter puis redescendre leur matériel, c'est à 20h30 précises que le trio canadien Danko Jones arrive sur scène, et si la salle sonne moins le creux qu'une heure auparavant, on en restera à peine à une demi-jauge, avec pas mal de couples de tous âges qui sont arrivés entre temps. On le sait, Danko Jones (le guitariste-chanteur) et ses deux musiciens JC (bassiste depuis le début) et Rich Knox (batteur depuis pas loin d'une dizaine d'années) savent y faire en matière de power trio, c'est d'ailleurs le titre de leur dernier album en date, qui sera plutôt bien représenté dans la set-list, à commencer par le titre inaugural, ce saturday bien nommé qui rappelle d'entrée de jeu ce à quoi nos oreilles vont avoir droit ce soir : un punk rock légèrement hard-rockisé, mais plus dans une version à la Joan Jett qu'aux Guns 'n Roses, ce qui explique ma présence régulière lorsque le groupe vient nous distiller ses petites bombes : c'est rapide, rythmé, d'une efficacité redoutable, même si (comme l'expliquera Danko) tous les morceaux sont formés sur le même principe. La plupart du temps, le groupe enchaîne deux ou trois morceaux, avant que Danko ne prenne la parole pour ses speeches à prendre toujours au 2e ou 3e degré, ce soir le thème sera souvent que le groupe vient ramener le rock à Paris après deux ans sans concerts, mais on notera une plus grande propension à échanger avec le public, que ce soit donc sur la structure des morceaux, des demandes de titres particuliers, ou plus simplement les morceaux à suivre. JC, le bassiste, jouera également un rôle important, puisque c'est souvent lui qui indique aux spectateurs quand il faut claquer des mains, toujours avec un très large sourire, et le public ne se fait évidemment pas prier... Si la set-list est légèrement orientée vers l'album "power trio" paru l'an passé, qu'on se rassure, le groupe nous offre quelques incontournables, de first date (le refrain n'a même pas besoin d'être chanté par le groupe puisqu'il est entonné par le public) à lovercall, et si un cadillac n'aurait pas dépareillé dans ces offrandes, on s’en passe finalement assez bien, puisqu'il n'y a pas un seul temps faible dans cette prestation. Et même si on peut imaginer que le groupe aurait préféré avoir plus de monde devant lui, il n'en tient pas rigueur aux présents, on a même le sentiment qu'il est plus à l'aise et proche des spectateurs que d'habitude, ce qui est appréciable (et apprécié), ne laissant personne plein de regrets ce soir.
Après une heure bien dense, le groupe fait un tour rapide en loges, sans doute juste le temps de boire un verre d'eau et de revenir, pour un rappel de trois titres et un petit quart d'heure qui se termine en apothéose avec rock shit hot, sans doute le premier titre composé par le groupe il y a 25 ans, et qui n'a pas pris une ride ni perdu la moindre parcelle d'énergie. Le set se termine donc comme cela, après 1h15 de set, il n'est même pas encore 22h et il fait encore jour lorsqu'on sort de la salle, mais on est content d'avoir pris sa dose de power rock et de bonne humeur, et si on rentre tôt cela permet de ne pas trop empiéter sur ses réserves, les jours à venir (jusqu'à fin juillet...) vont encore offrir pas mal de concerts...
Set-list :
- Saturday
- I Gotta Rock
- I'm in a Band
- First Date
- Lipstick City
- Ship of Lies
- Invisible
- Get to You
- I Think Bad Thoughts
- You Are My Woman / Flaunt it
- Full of Regret
- Had Enough
- Lovercall
- My Little RnR
- Rappel : I Want Out
- The Twisting Knife
- Rock Shit Hot
La suite, ce sera dès lundi soir, au New Morning avec Justin Sullivan, qui piochera sûrement dans le répertoire de New Model Army pour accompagner ses propres compositions...