[Bike Thiefs/Errorr/Hemlock Daze] soirée morose
Date : vendredi 27 mai 2022
Finalement, je prends mon courage à deux mains et évite le cocooning en ce vendredi soir, en me rendant au Supersonic, juste à l'heure pour l'happy hour (il n'y a pas de petits profits). Malgré le long week-end, il y a déjà un peu de monde vers 20h, et cela se remplira nettement entre 21 et 22h, avec un public comme souvent jeune et enthousiaste...
Les timings sont précis et serrés, il est donc 20h30 lorsque le quatuor Hemlock Daze grimpe sur scène, et entame sa prestation d’environ 35 minutes, sous le signe affiché du garage rock. Mais après un premier titre relativement énergique, je dois avouer que le style "indie pop rock" à l'anglaise (le chanteur-guitariste semble anglais, ceci explique peut-être cela) qui va suivre; s'il est plutôt carré et bien exécuté, ne m'emporte pas plus que cela : c'est (très) propre, c'est gentil, mais cela ne risque guère de me marquer au-delà du set, et j'ai du mal à ne pas pouffer lorsque le lead guitariste annonce une ballade "pour calmer la violence", tant la notion de violence me semble éloignée de ce qui nous est proposé. Remarquez, les spectateurs sont à fond, l'ambiance est excellente, mais les références du groupe sont trop évidentes pour moi, et assez loin du trio Buzzcocks/Fall/Modern Lovers annoncé, et j'attends donc la fin du concert en espérant une bonne surprise, une reprise incongrue, mais comme rien de tout cela n'arrive, je reste son mon impression pour le moins mitigée.
Ayant jeté une oreille sur le groupe qui va suivre, je me permets de faire une pause pour aller manger (et constater que décidément Bastille se boboïse toujours plus au fil des années), et quand je reviens j'ai l'espace d'un instant un doute qui m'assaille : ai-je bien fait de vouloir échapper à ce que le quatuor berlinois Errorr nous propose ? Rassurez-vous, en deux titres je comprends que la noise-pop qui nous est assénée n'est décidément pas faite pour moi. C'est bruyant/bruitiste sans intérêt, les chants (bassiste et l'un des guitaristes) sont quelconques, et si la salle s'est remplie en mon absence, j'espère que ce n'est pas uniquement pour ce groupe. A posteriori, en relisant les références citées pour promouvoir la soirée (Sonic Youth/Pixies/Nirvana), je reste dubitatif, et suis plus convaincu par le lien qui peut unir le quatuor à Anton Newcombe (The Brian Jonestown Massacre), tant je suis rétif à l'ensemble de ses productions. Bref, pour moi, rien de nouveau sous le soleil, et pas encore de découverte sensationnelle jusqu'à présent...
J'ai pourtant espoir de ne pas repartir bredouille, puisque les Bike Thiefs semblaient plutôt intéressants à l'écoute pré-concert, et le premier titre s'avère plutôt intéressant, mais par la suite on va comprendre pourquoi certains rapprochent les canadiens d'un groupe comme les Parquet Courts : comme les new-yorkais, le trio du soir semble évoluer dans un nombre de styles très variés et variables, alors si quelques titres sont plutôt pêchus et relativement accrocheurs, d'autres au contraire donnent envie de regarder sa montre (heureusement que je n'en ai plus depuis pas mal d'années, je finirais par attraper des torticolis !) tant on a l'impression que les musiciens sont heureux d'être sur scène, et qu'il s'agit surtout d'en profiter sans fournir au public de raisons d'être aussi heureux. Vous l'aurez deviné, au bout d'une demi-heure oscillant entre le gentillet et le gentiment chiant, j'abrège la soirée et m'en retourne vers mes pénates, avec la certitude de n'avoir rien découvert de transcendant, et le doute sur l'intérêt d'être sorti ce soir...
La suite, c'est dès ce samedi soir, au Nouveau Casino (je ne découvrirai donc pas le Fvtvr ce soir), avec Danko Jones : a priori, aucune raison que cela se passe mal !