[Washington Dead Cats] cervelle de singe
Date : vendredi 12 novembre 2021
En ce vendredi soir, la température s'est nettement radoucie entre le matin et le soir, on se surprend donc à regretter d'avoir mis un pull pour aller jusqu'à Pantin, il fait sacrément bon lorsqu'on approche de la Péniche Metaxu, qui est bien lin d'être remplie à l'heure annoncée du début du concert. Bien entendu, cet horaire (20h) était plus qu'improbable, et dans l'heure qui suit jusqu'au démarrage réel des hostilités sonores, l'affluence dans le bateau se densifiera très nettement, et avec environ 70 spectateurs on aura le sentiment d'être proche de la capacité maximum de la petite salle, en dépit de la jauge affichée (on n'imagine guère 200 personnes tenir ici...). Seul petit regret : une moyenne d'âge bien supérieure à l'ancienneté du groupe...
Le temps d'abreuver tout le monde, de faire la tournée des popotes (on a passé le périph, le public est donc à la fois connaisseur et plutôt convivial), et Mathias et ses acolytes débarquent sur scène avec un tout nouveau titre : si les Washington Dead Cats ont remis le pied à l'étrier, c'est après avoir "profité" de la crise sanitaire pour s'atteler à un nouvel album, ce seront donc carrément 5 nouveautés qui nous serons présentées au fil du set, et que les puristes se rassurent, le crash-test se passera bien, et on reste bien évidemment dans l'univers musical que l'on connaît au groupe, qu'on peut résumer par le vocable "punkabilly". Sur la relativement petite scène, les 6 membres du groupe (chant, guitare, basse, batterie, trompette, sax) réussiront à ne pas se marcher dessus, Mat Firehair l'inamovible chanteur depuis les débuts du groupes il y a bientôt 40 ans (anniversaire à venir en 2024, en concurrence frontale avec les Jeux Olympiques) s'occupant d'animer le jeu entre les morceaux, à coups de petites blagues souvent bien senties, qu'il s'agisse d'évoquer Eric Z. ou le fait que le bar fasse de bonnes affaires pendant la prestation du groupe... Si les nouveaux titres sont l'attraction du soir, cela ne signifie pas que le groupe se contente d'une répétition en public, bien sûr, le reste de la set-list passe en revue les habituels moments de bravoure du groupe, de juju à pizza attack, de treat me bad à napalm surf, et si finalement le dernier album en date "Attack of the giant purple lobsters !" n'est guère représenté (on notera que le morceau-titre, en guise de morceau de résistance du rappel, vaudra tout de même le coup d'oreille !), c'est que le groupe pioche dans toutes ses périodes, y compris parmi les classiques de ses débuts (beetroot girl, does your werewolf bark ?), ce qui ravit évidemment un public qui était conquis d'avance. Puisqu'on est entre happy few, Mat n'insiste pas comme d'habitude sur les participations vocales des spectateurs (qui se font spontanément), on peut donc se concentrer exclusivement sur ce qu'il se passe sur scène et sort des enceintes, et on pourra remarquer au passage qu'hormis sur les deux premiers titres, le son sera excellent, et plus particulièrement qu'il permettra de bien valoriser le travail des deux cuivres, qui même en retrait demeurent indispensables au son du groupe. Dans la fosse, ça danse beaucoup, ça chante aussi on l'a dit, et comme on est entre amis le groupe fait monter sur scènes deux anciens comparses (Lord Fester et El Guanako) pour les chœurs de crazy voodoo woman, l'occasion de remplir un peu plus la scène, ce qui permet sans doute à Mat de justifier le retrait de son pantalon (oui, finir le concert en caleçon léopard est une habitude du chanteur...)...
Après un court passage en loges, le groupe remonte sur scène tandis que le public entonne le refrain de crazy..., et les musiciens entament donc leur rappel avec une courte version bien speedée du titre, avant de reprendre le cours normal de la set-list, qui se terminera ("classiquement") sur la reprise du too drunk to fuck des Dead Kennedys, et au bout de cette heure et demie très bien remplie, chacun peut s'en retourner qui au bar qui dehors pour la clope, les musiciens peuvent être contents du travail accompli, le test des nouveaux morceaux est passé haut la main, on n'attendra plus maintenant que la sortie de l'album (en mars pour le numérique et les CD, en avril au mieux pour les vinyls, en raison de la pénurie liée autant au manque de matières premières qu'aux conséquences du Brexit... D'ici là, on aura peut-être revu le groupe en live en décembre au Corcoran's, et on se préparera surtout à la soirée de release-party en mai à la Maro avec les Happy (ex-Drivers) On The Road !
La suite, bien moins éloignée temporellement, ce sera probablement mercredi à l'International, avec les Antisocial Network.