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l'ayatollah du rock
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27 octobre 2021

[François Premiers] renaissance men

Date : mercredi 27 octobre 2021

 

Plus d'un an et de mi que je n'avais pas mis les pieds au Petit Bain, et en ce mercredi soir je constate qu'il y a désormais happy hour jusqu'à 20h30 (si cela existait déjà en février 2020, je ne l'avais pas remarqué), et également que cela sonne creux lorsqu'on se rapproche de 20h, mais cette dernière inquiétude sera rapidement éliminée lorsque la première partie entamera son set.

 

En effet, dès lors que les François Premiers s'installent, dans le sillage d'un batteur qui rameute tout le monde dans la fosse, on remarque que la salle se remplit très vite, à croire que certains devaient s'être cachés au bar à l'étage... Il faut dire que ce groupe au nom improbable recèle une bonne partie de l'histoire du rock en France, et au Havre en particulier, puisque les deux guitares et le chant sont assurés par Frandol (Roadrunners et Kitchenmen, entre autres) et François Lebas (Fixed Up et Backsliders, entre autres autres). Ces deux leaders, qui œuvrent depuis pas loin de quatre décennies, se sont acoquinés avec trois comparses (un batteur, un bassiste, un tambouriniste/mandoliniste) pour le meilleur (et pas pour le pire !). Évidemment, on reconnaît immédiatement (et on fond toujours autant devant) le chant rond et mélodique de Frandol, tandis que celui de François Lebas est plus aride et direct voire rentre-dedans, mais surtout les compositions et les reprises (y compris de leurs propres anciens groupes) nous replongent dans un passé idéalisé qui s'avère finalement toujours aussi glorieux et excitant. Toujours avec l'Australie en ligne de mire et inspiration, le quintet enchaîne ("on n'a que 35 minutes alors il faut aller vite", annonce Frandol) les morceaux, même s'il faut parfois les redémarrer pour cause de départ anticipé de l'un ou de l'autre, et présente au passage ses premiers 45T (deux parus en vinyl, un troisième en numérique uniquement pour l'instant, un quatrième à venir, avec une unité graphique des quatre sorties), en anglais bien sûr, et avec une bonne humeur sur scène qui s'est rapidement communiquée dans la salle. On en connaît qui rechigneront un peu, en arguant d'un style un peu passé, mais on n'en trouvera pas beaucoup ici ce soir, chacun aura été convaincu du bien-fondé de l'existence du groupe, qui jusqu'au saturation point final (reprise des Roadrunners, of course), agitera la fosse, y compris voire majoritairement les plus jeunes des spectateurs, preuve s'il en est que les anciens savent y faire pour convaincre les nouvelles générations. Une franche réussite, et une belle cure de jouvence !

 

Le groupe qui suit n'est pas un inconnu pour mes yeux et mes oreilles, puisque j'ai déjà vu les Parlor Snakes plusieurs fois sur diverses scènes. Et assez rapidement, je vais m'apercevoir que ce qui manquait au groupe (selon moi) les fois précédentes... continue à faire défaut, malheureusement : la chanteuse-claviériste déploie beaucoup d'énergie, ses trois comparses (guitare/basse/batterie) semblent de très bons musiciens, certains titres sont plutôt agréables, mais il manque toujours ce petit quelque chose qui ferait que je m'enthousiasme devant la prestation du quatuor. Ce n'est pas forcément la voix très haute que la chanteuse qui m'irrite particulièrement, c'est surtout l'impression d'avoir sur scène un groupe de garage propre, on ne sent pas l'odeur de cambouis dans les compositions, ce qui fait que je m'aperçois régulièrement que mon esprit s'évade en cours de morceau... Parfois, quand cela ralentit beaucoup (trop), c'est Jean-Michel Jarre qui me vient en tête (oui, c'est douloureux !), avec un ennui certain qui prend le dessus, mais même quand le son se durcit et qu'on se fait bien agresser soniquement, cela me semble presque artificiel, et j'ai autant de mal à y trouver beaucoup d'intérêt. Alors on attend que les trois petits quarts d'heure se passent, sans fuir mais sans trop s'intéresser non plus, en restant tout de même surpris du buzz qui existe autour du groupe, et qui doit quelque part prouver que je rate quelque chose que je n'ai pas encore trouvé...

 

Contrairement à l'affiche initiale, ce n'est pas le Jim Younger's Spirit d'Aix en Provence qui va clore la soirée, mais les Fuzzy Vox de Joinville le Pont, un trio presque local qui explique peut-être la présence importante de jeunes dans la salle (pour compenser les plus anciens venus pour les François Premiers). Guitare-basse-batterie, un clavier pour faire mumuse, et un départ en fanfare qui m'évoque un mix improbable mais plutôt excitant entre Hives et Subways, autant dire que cela démarre plutôt bien, et sur les chapeaux de roues, mais assez rapidement je vais revoir à la baisse cette première appréciation très favorable. En effet, si le solo de batterie dès le premier titre me met la puce à l'oreille, c'est par la suite l'aspect Talking Heads évident pour moi qui gâche les choses, dans le chant comme dans les sonorités (oui, j'ai aussi un gros problème avec les Talking Heads...). Si on ajoute à cela un chanteur très bavard, exubérant, qui cherche régulièrement à faire participer les spectateurs (chœurs, claquements de mains...) - ce qui a le don de m'énerver-, je ne résiste pas beaucoup plus de 20 minutes, quittant les lieux après un starkiller qui rappelle furieusement le my sharona de The Knack, et si je suis conscient de rater l'ensemble des surprises annoncées, cela ne me dérange pas le moins du monde et je m'en remettrai. Là non plus, je ne suis pas au diapason de la majorité des spectateurs, qui danse et apprécient beaucoup ce qui se passe sur scène, mais ça n'est pas la première (ni la dernière) fois.

 

La suite, ce sera ce vendredi soir, à la Maroquinerie, avec le retour (plusieurs fois reporté) de And Also The Trees, autant dire que c'est une valeur totalement sûre !

 
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Commentaires
Y
ça pue la merde comme chronique
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