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l'ayatollah du rock
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22 octobre 2019

[David J] not long for tonight

Date : mardi 22 octobre 2019

 

On n'est guère rassuré lorsqu'on pénètre dans le Petit Bain en ce mardi soir, vu qu'il n'y règne pas la grosse ambiance, on espérait un peu plus de public, on pourra estimer à une jauge remplie entre le tiers et la moitié, autant dire qu'on ne se marchera pas sur les pieds, et que la fosse ne sera même pas très dense...

 

On l'avait vu à la Maro il y a presque 5 ans, ce soir Butch McKoy est toujours accompagné de sa guitare acoustique, et démarre en mode hésitant entre Leonard Cohen et Nick Cave, mais contrairement au concert précédent auquel j'avais pu assister, ce soir il va rester seul sur scène, et on ne verra donc guère évoluer la folk (pour faire court) que le bonhomme pratique. Alors, même si parfois on retrouve les intonations vocales cantatesques décelées à la Maro, je dois avouer qu'assez rapidement je finis par m'ennuyer, il me manque toujours quelque chose pour rentrer dans le set, donc on attend la fin de la demi-heure sans haine mais sans passion non plus...

 

On l'avait vu il y a peu en accompagnateur de luxe de Peter Murphy, ce soir c'est en solo que David J débarque à Paris, mais il est accompagné, au piano d'un Tchèque austère, et au violon d'une musicienne qui opère pour la dernière fois avec lui, car elle a des engagements au Royal Albert Hall à venir... Le bassiste de Bauhaus mène une carrière solo intéressante, même si bien éloignée de ce que d'aucuns pourraient en attendre, et ce soir il présente son dernier album en date, intitulé (je prends mon souffle) "missive to an angel from the halls of infamy and allure", on aura ainsi droit à une demi-douzaine de titres en provenant, y compris des reprises de morceaux plus anciens mais remis au goût du jour de l'artiste. Globalement, ne nous attendons pas à du rock, on est ici dans un genre mi-chanson mi-cabaret, un peu à la Andi SexGang si j'ose la comparaison, mais cela ne signifie pas que le jeu de scène est à l'avenant, ici on est tranquille, décontractés, tant sur scène que dans la salle, et David fera pas mal la conversation, présentant ses chansons, ses albums, voire ironisant sur le départ raté de the auteur, on avait effectivement senti que le chanteur-guitariste et le clavier n'étaient pas en harmonie, pour le coup. Des morceaux globalement calmes, donc, mais le clavier et le violon apportent beaucoup de vie aux chansons, et le concert relativement intime augmente ce sentiment d'un cran lorsque le chanteur apostrophe les spectateurs pour leur demander s'ils se souviennent où ils étaient le jour où David Bowie est mort, lui en a fait une chanson, pas dégueulasse bien sûr, et si on sent que la barge ondule un brin, c'est dû aux bateaux sur la Seine et non au public, très attentif et qui ne se voit pas entamer une danse effrénée sur de tels bijoux sonores. David nous parle de Spalding Gray (nom qui m'est inconnu), mais aussi de Peter Murphy, si je ne m'abuse (the star standing est une collaboration à paraître sur un prochain album), et lorsque le trio en arrive au morceau éponyme du dernier album, David se refuse à prononcer le titre "pour ne pas perdre trop de temps", preuve qu'il pratique une gentille auto-dérision bienvenue. Un avant-dernier morceau (non reconnu) tiré de "urban urbane", album de 1992 prévu pour être le premier de deux albums chez MCA, mais qui restera l'unique par rupture unilatérale du contrat (par MCA, bien sûr), et on termine le set avec une reprise de Love and Rockets, l'un des groupes post-Bauhaus, et ce the dog-end of a day gone by fonctionne parfaitement en mode minimaliste, et le groupe quitte tranquillement la scène, ce qui permet de constater que 70 minutes se sont déjà écoulées, on ne voit pas le temps passer, c'est que le plaisir est là !

Moins de deux minutes de pause, et le groupe revient sur scène, le rappel démarre avec un Bauhaus (évidemment), un who killed mr moonlight qui n'est pas le plus évident mais qui lui aussi colle parfaitement à l'esprit de la soirée, et pour terminer c'est encore une reprise qui débarque, celle-ci est plus inattendue puisque c'est alabama song, David s'amuse beaucoup sur cette reprise de Weill et Brecht "Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny", dont on connaît un bon nombre d'autres versions (David Johansen, David Bowie ou Kent entre autres), et lorsque les lumières se rallument définitivement au bout de 80 minutes, on peut partir avec le sentiment d'avoir passé une très bonne soirée, et pour être franc meilleure que ce à quoi on pouvait s'attendre, puisque j'avais quelques craintes (minimes) en arrivant sur place...

 

Set-list :

  1. not long for this world
  2. i hear only silence now
  3. the auteur
  4. clandestine valentine
  5. blue eyes in a green room
  6. copper level 7
  7. crocodile tears and the velvet cosh
  8. feel like robert johnson at the three forks saloon
  9. the day that david bowie died
  10. spalding gray can't swim
  11. the star standing
  12. candy on the cross
  13. missive to an angel from the halls of infamy and allure (titre super long)
  14. urban urbane ?
  15. the dog-end of a day gone by
  16. Rappel : who killed mr moonlight
  17. alabama song

 

Sauf modification de programme, on reprendra les concerts samedi soir, au 104, avec The Legendary Tigerman qui reprendra son album "femina".

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