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l'ayatollah du rock
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9 octobre 2019

[New Model Army] vu d'ici, c'est pas mal !

Date : mercredi 9 octobre 2019

 

 

C’est mercredi soir, et si on se remet difficilement du sale coup que la mairie de Saint-Ouen a porté à Mains d’œuvres et à ses résidents (blocage des lieux et du matériel, sans attendre la médiation prévue dans quelques semaines), un peu plus loin on fait comme si de rien n’était : la Maroquinerie affiche complet depuis de longues semaines, il y a la queue dans la rue – heureusement il ne pleut pas – et ceux qui décident de passer par le bar avant de descendre dans la salle de concert ne le savent pas encore, mais ils sont en train de rater la première partie…

 

Car si l’indication « Ouverture des portes : 19h30 » laissait à penser que rien ne démarrerait avant 20h, on constate que dès 19h40 les lumières s’éteignent, et un quatuor arrive sur scène. Même si on n’avait nulle part trace du groupe chargé d’ouvrir les hostilités, on reconnaît immédiatement Arno Futur, accompagné donc de deux guitaristes et d’un bassiste, et d’une boîte à rythmes aux sonorités extrêmement datées pour faire le job, et le premier titre est… difficile à écouter ! En effet, on a le sentiment que les musiciens ne jouent pas ensemble, et le chant d’Arno, très largement réverbéré, ne permet que très peu la compréhension des paroles. Or, étant donné que la musique, pour le moins minimaliste, apparaît un poil lourde (le son de la boîte est parfois douloureux), si en sus on ne comprend pas les textes, l’intérêt est limité. Comme toujours, Arno tente de haranguer la foule et de lui faire reprendre en chœur ses hymnes (camarade, évidemment, mais aussi monopoly, par exemple), alors que les spectateurs sont essentiellement venus pour la tête d’affiche, on note un sempiternel décalage, qui ne semble pas déranger outre mesure les musiciens – mais moi un peu. Alors on patiente, pendant la demi-heure accordée, certains spectateurs sont quand même à fond, mais je reste toujours aussi dubitatif devant l’ancien leader des Sales Majestés…

 

A peine le temps de respirer, de conserver sa place (la salle est désormais bondée, ce n’était pas de la publicité mensongère !), et la petite musique d’introduction de New Model Army arrive doucement dans les enceintes, avant de voir le quintet débouler sur scène. Pas de changement depuis pas mal de temps dans le line-up, c’est toujours le même quatuor (guitare-basse-batterie-clavier/guitare) qui accompagne Justin Sullivan,leader et unique membre originel du groupe (qui tournera l'an prochain pour les 40 ans, ça vaudra le coup, encore une fois...), on sent depuis pas mal d'années que l'osmose est parfaite entre ces gentlemen, et cela démarre avec one of the chosen, un titre tiré de "high" (2007), mais immédiatement derrière ce sont deux tout nouveaux morceaux, issus du petit dernier "from here" qui déboulent, et si je n'ai encore pas pris le temps d'écouter ce dernier opus, on retrouve immédiatement la patte NMA, que les morceaux soient rapides ou lents on n'est jamais déçu, et nul doute qu'on va se précipiter pour récupérer rapidement cet album. On en voit pas mal dans la salle qui connaissent déjà les paroles par cœur, pourtant on ne retrouve guère des habituels brittons qui animent la fosse chaque année, et on constate avec un poil de surprise que certains jeunes se sont glissés au sein des quadras/quinquas (voire plus), c'est pour le moins une bonne nouvelle, d'autant qu'ils ne sont pas les derniers à s'agiter ! La soirée va d'ailleurs consister en une petite mixture mélangeant nouveaux titres (8 au total) et extraits de quasi tous les albums précédents, le choix étant fait de ne pas faire dans le classique, alors même si on retrouve certains incontournables (the charge, 51st state, présenté comme l'avenir grâce au Brexit, ou encore over the wire, en version Justin solo), on va présenter 3 titres de "the love of hopeless causes", pas l'album le plus évident, on extirpe un wipeout de "eight" ou un states radio de "today is a good day", bref le groupe n'en fait qu'à sa tête, et pas question de demander un morceau non prévu, on suppose que le best-of géant sera pour 2020. Pendant 1h20, le groupe nous emmène dans son territoire, à base de guitares acérées ou de ballades plus calmes, le batteur, l'air de rien, est une machine, et le bassiste est lui aussi impressionnant, tandis que le claviériste/guitariste ne laisse pas non plus sa part. Bref, même après plus d'une quinzaine de prestations, je reste une nouvelle fois bluffé par la qualité et l'investissement des musiciens, et ce ne sont pas here comes the war ou angry planet qui décevront les spectateurs présents.

Le temps d'un aller-retour en loge, et le groupe revient vite sur scène, c'est l'occasion pour le public de chantonner "happy birthday" avec un an d'avance, au désespoir de Justin et sa bande, et le chanteur se souvient que la Maroquinerie est "la salle sans oxygène" (on a vu le groupe ici en 2006 et 2009), mais cela ne dérange personne, même si des petits malins demandent "le Stade de France" pour 2020, ce à quoi Justin répond avec humour que "les loges du Stade de France suffiront". Ce soir, on remarque d'ailleurs que les échanges sont assez limités avec le public, alors que les titres ont tendance à s'enchaîner extrêmement rapidement, mais les quelques saillies du leader font mouche à chaque fois... Pour ce rappel, on a droit à un great disguise encore tout chaud, puis à un courage lui aussi pas forcément habitué des setlists du groupe, avant l'apothéose sur... betcha, titre ô combien ancien et qui n'avait pas été joué la veille sur la première date de la tournée, autant dire que la salle est à fond, le groupe ne l'est pas moins, et lorsque les lumières se rallument, on sent que le besoin d'oxygène est effectivement important. On a eu droit à plus d'1h45 de set, les spectateurs commencent leur ascension vers l'air pur et le bar, quand le groupe revient, pourtant les lumières avaient été rallumées et le matériel avait commencé à être rangé, mais NMA est le groupe extrêmement généreux qui en fait toujours plus, surtout à Paris, alors on se voit offrir un get me out de derrière les fagots avant de rentrer chez soi, c'est plus que la cerise sur le gâteau, ceux qui voyaient le groupe pour la première fois n'auront pas été lésés, et les habitués, même en sachant ce qui allait se passer, commencent déjà à compter les jours avant le prochain concert ! Bref, comme tous les ans, le concert de Noël (oui, le temps est sacrément déréglé !) de New Model Army était un incontournable !

 

Set-list :

  1. One of the Chosen
  2. Never Arriving
  3. The Weather
  4. The Charge
  5. Watch and Learn
  6. 51st State
  7. Believe It
  8. From Here
  9. Where I Am
  10. Wipeout
  11. Maps
  12. Over the Wire
  13. Passing Through
  14. Winter
  15. Here Comes the War
  16. States Radio
  17. Fate
  18. Angry Planet
  19. Rappel : Great Disguise
  20. Courage
  21. Betcha
  22. Rappel 2 : Get Me Out

 

 

La suite, c’est dès ce vendredi soir, à Ivry, avec LANE et Birds in Row à la JIMI.

 
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