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l'ayatollah du rock
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31 mai 2016

[Protomartyr] come and see (and listen)

Date : mardi 31 mai 2016

 

Une rare accalmie pendant les durables intempéries permet d’atteindre le Cabaret Sauvage à peu près au sec, ce mardi soir, et si la soirée est annoncée complète depuis plusieurs jours, la salle circulaire sonne vraiment le vide encore un quart d’heure avant l’heure prévue du début des sets. On en profite pour ne pas prendre de bière, car 8 euros la pinte de Carlsberg, c’est assez proche du vol caractérisé, et on se rapproche donc de la piste, qui se remplit quasiment d’un coup au moment où les lumières s’éteignent.

 

A 19h59, les quatre membres de Protomartyr arrivent ainsi sur scène, installent les set-lists, branchent les instruments, et à 20h00 pétantes c’est cowards starve qui déboule dans les enceintes. Pour ceux qui n’en sont pas à leur première expérience du groupe sur scène, il n’y a pas de surprise, mais beaucoup de plaisir immédiat, mas pour ceux qui découvrent le quatuor, le choc doit être intense, tant le groupe maîtrise désormais tant la musique que l’attitude scénique. Les trois musiciens, guitare-batterie-basse, s’ils maîtrisent visiblement leurs instruments, ont ce petit plus qui permet de varier les sonorités comme les rythmes au sein même des morceaux, ce qui rend les titres, que l’on qualifiera globalement de post-punk, hyper intéressants, au-delà de l’aspect purement énergique et excitant qui émane de chacun d’eux. En sus, la basse ou la guitare peuvent parfois s’arrêter, laissant le temps de quelques mesures les autres instruments prendre une nouvelle dimension, cela incite également les spectateurs à être très attentifs à chaque instant. Pendant ce temps, le chanteur prend plus de place que lors des précédents concerts parisiens, il n’a plus besoin de se cacher derrière ses lunettes noires, mais attire tout autant l’œil, car même en ne comprenant pas forcément toutes les paroles (le son est bon, mais l’accent de Detroit reste particulier…), le magnétisme du bonhomme opère à plein, qu'il chante harangue ou hurle, et la concentration des spectateurs est totale dans la fosse. La set-list s’appuie essentiellement sur les deux seuls albums parus dans nos contrées, de l’iconique pontiac ’87 à l’hymne the devil in his youth, mais également sur quelques perles plus anciennes (how he lived after he died) ou très récentes (le très punk blues festival). Les morceaux s’enchaînent très rapidement, voire sans répit, on a à peine le temps de se remettre d'un titre que le suivant démarre aussi sec, il faut dire que le timing est serré, alors ce ne sont pas moins de 16 titres qui vont défiler en 52 minutes, certains très rapides, d’autres prenant plus leur temps pour s’imposer, et si la majeure partie des spectateurs n'est là au départ que pour la tête d’affiche, bon nombre de ceux-ci deviennent des néo-convertis, impressionnés qu’ils le sont (et on les comprend !) par la puissance et l’intelligence de ce qui leur est proposé. Il y a 6 mois, l’émotion post-Bataclan était intense au Point FMR, en dépit d’une assistance assez peu fournie, ce soir s’il n’y a pas de pogo (la musique ne s’y prête pas vraiment) les applaudissements sont bien nourris, et certains titres remportent une totale adhésion, de ain’t so simple à dope cloud, de how he lived after he died à why does it shake ?, sans oublier clandestine time... Alors, quand le groupe annonce la fin du set, on déplore évidemment de n’avoir eu droit qu’à 52 minutes, sans rappel possible (on avait eu un bon quart d'heure en novembre), mais on se console en constatant que la haute qualité a été uniment présente. Surtout, les discussions post-concert laissent beaucoup d’espoirs : l’enregistrement d’un nouvel album est prévu à l’automne, une tournée européenne devrait suivre en 2017, et on peut même compter sur une réédition des premiers titres (désormais introuvables, surtout en France) du groupe par la suite, si cela est économiquement envisageable. Merci Joe pour ces infos, et merci à l’ensemble du groupe pour la performance, qui confirme les concerts précédents et les excellents albums du quatuor !

 

Set-list :

  1. Cowards starve
  2. I forgive you
  3. Blues festival
  4. Pontiac ‘87
  5. Want remover
  6. Scum, rise!
  7. Violent (pas sûr…)
  8. What the wall said
  9. The devil in his youth
  10. Ain’t so simple
  11. How he lived after he died
  12. Dope cloud
  13. The hermit
  14. Clandestine time
  15. Why does it shake?
  16. Come & see

 

On ne s’éternisera pas sur la suite, car après 5 longues minutes d’introduction, Ty Segall and the Muggers arrive sur scène. Si le chanteur arbore son habituel masque sur le premier titre, il est accompagné de 5 musiciens, 2 guitares, une basse, un batteur et un clavier, et le tout nous permet d’entendre des sons de clavier insupportables, des riffs hard-rock à l’avenant, et une fugace mais désastreuse impression d’entendre un morceau de Queen... Autant dire que cela ne nous incite pas à nous éterniser ! Le morceau suivant partant sur les mêmes bases, on en profite donc pour ne pas rentrer trop tard, en luttant contre la très pénétrante bruine avant de retrouver les transports en commun : pour une fois que c’est la tête d’affiche qui nous ennuie (le mot est faible), cela permet de ne pas perdre notre temps sur place !

 

 La suite, ce sera un enchaînement d’anciennes mauvaises graines, puisque Hugo Race (à l’Olympic) précédera Kid Congo (au Point FMR) d’ici 8 jours.

 

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Commentaires
H
compte rendu intéressant... tu n'es pas resté plus de deux titres pour te faire une idée de Ty Segall? j'ai vu les deux groupes au Tinals, c'est clair que Ty Segall c'était pas génial, surtout la première moitié du set tiré de son dernier disque. Je pensais que c'était en partie du au fait qu'ils jouent de jour sur une grande scène, mais j'ai quand meme l'impression qu'il est un peu cramé le gars.<br /> <br /> Sinon Protomartyr exactement ton ressenti. De toutes manières quand on a des compos aussi bonnes, pas besoin d'en faire trop en concert. J'espère qu'ils vont garder cette qualité sur leurs sorties suivantes. Ils ne faudraient aps qu'ils soient trop prolifiques non plus...
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