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l'ayatollah du rock
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13 mai 2016

[Lili Pnuk Experience] they do it right

Date : vendredi 13 mai 2016

 

Direction la Comedia en ce vendredi soir, histoire de profiter encore un peu des températures clémentes. L’occasion aussi, et surtout, de passer quelques heures sympa dans un lieu accueillant, décalé (vous en connaissez beaucoup des bars où le patron est au flipper pendant la balance ?), et pas trop cher (2,50 le demi), où une fois de plus l'entrée est à prix libre, et si la moyenne d'âge des spectateurs du soir pourra sembler un poil élevée, on notera tout de même la présence de quelques jeunes, qui s'insèrent sans difficulté entre les habitués (ou pas), avec ou sans crêtes, avec ou sans chien, ici personne ne juge l'autre, y compris lorsqu'il à un air un peu ravagé... Bien sûr, même si l'horaire annoncé (19h) était doublé d'un avertissement "ça commence tôt !", il n'y a pas encore grand monde à l'heure (20h10) où ça commence à s'agiter sur scène, mais cela incitera au moins les retardataires à accélérer le pas pour en rater le moins possible !

Car c'est un concert bien particulier qui démarre, sous l'intitulé Lili Punk Experience, le fanzine ayant proposé à divers musiciens de divers groupes de se rassembler pour offrir quelques reprises au public, en deux parties, l'une plutôt punk, l'autre plus rock. Cette première partie est ainsi clairement placée sous l'égide du punk original, avec une set-list très variée, incluant autant Joy Division/Warsaw que le what's my name du Clash, largement repris en chœur par des spectateurs à l'enthousiasme évident, mais aussi du Wire, du Damned (neat neat neat) ou l’iconique teenage kicks des Undertones. On remarque que sur scène le chanteur des Harassment a empoigné une guitare dont il se tire plutôt bien, et si le son général est un poil bordélique, cela ne choquera personne puisque l'idée de base est surtout, voire uniquement, de (se) faire plaisir. Par exemple, au milieu du sonic reducer des Dead Boys, Pascal le chanteur de Warum Joe vient glisser un couplet de l'adaptation en français du titre (cob killer), tout se fait un peu à la bonne franquette, et c'est très bien comme ça ! Histoire de faire participer plus de monde, une guitare disparaît au profit d'un sax, et c'est le night boat to cairo (Madness) qui fait tanguer la Comedia, rappelant que le ska est lui aussi incontournable de cette période, et si la technique semble souffrir (en clair, les plombs sautent !), cela ne dure guère, et on a même en guise de dessert droit à une reprise pour le moins hallucinante de no more heroes, l'hymne des Stranglers étant quasiment transformé en ska par la grâce du même sax, autant dire que les sourire sont de sortie sur l'intégralité des visages, peu importe le nombre de pains et la cohésion relative des musiciens, cette première grosse demi-heure aura placé la soirée sur d'excellents rails !

Et ce n'est pas la suite qui va modifier cette première approche : si le groupe qui entame le deuxième set semble plus carré que le premier, c'est sans doute que les titres exécutés font partie des classiques des classiques, et qu'en répétition ils ont été joués des millions de fois ! Pensez : après l'introductif pipeline, l'instrumental rock s'il en est, hérité des Chantays, on passera en revue tant du Sonics (strychnine) que du Radio Birdman (murder city nights), du Only Ones (another girl another planet) que du Dr Feelgood (she does it right), du Velvet (white light / white heat), pour une fois très audible, que du Soft Boys (i wanna destroy you), et si le chatterbox des NY Dolls n'étonnera personne, on se félicitera de la reprise du sick on you des Boys, plus inattendue. On l'a dit, ce set est hyper propre, il n'y a pas une note de travers, mais histoire de ne pas laisser une impression trop soft, sans doute, c'est avec un énorme i got a right que la deuxième grosse demi-heure se clôt, invoquer les mânes des Stooges ne faisant jamais de mal dans ce genre de soirée ! Bref, il n'y a aucune faute de goût, là non plus, et si le café s'est un peu remplumé, on gagera que les absents se mordront les doigts de ne pas avoir assisté à ces prestations.

Et encore, cela n'est pas terminé : en guise de cerise sur le gâteau, c'est le juvénile mais toujours de plus en plus efficace quatuor Harassment qui est chargé d'achever les derniers survivants, et comme à chaque fois on constate que le groupe prend une assurance de plus en plus impressionnante à chaque nouvelle sortie, qui s'appuie sur un set toujours plus carré. D'ailleurs, si dès le démarrage du set le mélange entre punk, post-punk et hardcore déménage, ce n'est pas pour rien, et ce n'est surtout pas non plus un feu de paille, emmené par un chanteur qui s'impose physiquement sur scène le quatuor a sans doute recentré ses prestations sur un son moins varié que d'habitude, mais il n'y a perdu ni son âme ni son efficacité, tant c'est une succession d'uppercuts qui atteint chaque spectateur au fil des minutes. La guitare, à qui l'on pouvait reprocher il y a encore quelques mois de se laisser aller à quelques errances sur le manche, est dorénavant dans une optique Dead Kennedys/surf assez époustouflante, la section rythmique suit ses deux comparses avec aisance et talent, et même lorsque le groupe s'avance sur des chemins moins balisés, de type ska-surf, on n'y décèle aucune faute de goût, au contraire on comprend les danseurs infatigables du premier rang, qui soutiennent le groupe avec autant d'énergie qu'ils en reçoivent. Alors bien sûr on n'a droit ce soir qu'à une grosse demi-heure de prestation, mais celle-ci était tellement impressionnante et puissante qu'on s'en contentera, en continuant à jeter un œil sur les prochaines dates à venir, le groupe réussissant à avoir un calendrier toujours assez bien chargé...

Petite faute de goût de ma part, mais totalement involontaire, puisque c'est persuadé que la soirée est terminée que je regagne mon RER puis mes pénates, sans imaginer un seul instant qu'il y a encore d'autres festivités prévues. C'est seulement ce samedi matin que je découvre que j'ai apparemment raté la prestation de Pat Kebra, mais cela m'incitera peut-être à aller me rattraper ce samedi soir au Gibus Café...

Dans le cas contraire, la suite, ce sera jusqu'à preuve du contraire au Chinois d'ici une dizaine de jours, avec le retour de Shake Shake Bolino en première partie d'Avenue Z...

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