20 août 2015
[Eco-Festival du Cabaret Vert] jeudi
Date : jeudi 20 août 2015
Parti de la capitale sous des trombes d'eau, c'est presque une surprise d'arriver à Charleville-Mézières sous un franc soleil, et les températures de l'après-midi se révèleront rapidement chaudes, de quoi souffrir sous sa veste noire, et commencer à réfléchir sérieusement à opter pour du léger pour le lendemain, sous peine de friser l'insolation...
Ma dernière (et seule, jusqu'à présent) visite au Festival le Cabaret Vert date de 8 ans, déjà, et tout a bien changé depuis 2007 : si la localisation est la même, en centre-ville donc, tout s'est agrandi, la deuxième scène est bien plus grande qu'auparavant, et les divers espaces non musicaux se sont multipliés et largement diversifiés, on aura le temps d'y revenir...
Ma dernière (et seule, jusqu'à présent) visite au Festival le Cabaret Vert date de 8 ans, déjà, et tout a bien changé depuis 2007 : si la localisation est la même, en centre-ville donc, tout s'est agrandi, la deuxième scène est bien plus grande qu'auparavant, et les divers espaces non musicaux se sont multipliés et largement diversifiés, on aura le temps d'y revenir...
Après avoir réussi à se garer (le parking du Parc Expo est déjà quasiment rempli), à atteindre l'entrée, à passer les divers barrages de sécurité (on notera que certains "vigiles", masculins comme féminins, abusent largement de leur position, par exemple au moment des palpations...), on arrive enfin sur le site, et ses nombreux stands disséminés tout autour, mais on ne traine pas, car le groupe qui nous a attirés ici aujourd'hui va bientôt démarrer son set.
C'est donc sous un soleil qui brûle les nuques que le duo anglais Slaves est chargé d'entamer les hostilités, et le public va rapidement se presser sur l'herbe rase (qui deviendra rare au fil des jours) pour prendre la claque attendue, nous qui avons déjà dégusté deux fois le punk hyper énergique en redemandons suffisamment pour prévoir de déjà retourner les voir en novembre à la Maroquinerie... Le concert commence doucement, avec le pseudo-folk de are you satisfied?, sur lequel le guitariste utilise une guitare acoustique, mais cela s'accélère tout de suite après, puisque le guitariste s'électrise tandis que son comparse chargé de la batterie (deux toms, quelques cymbales : il peut jouer debout sans problème) et du chant met la machine en route... White knuckle ride est exécuté en deux parties, mais sans jamais perdre la moindre once de qualité, et si on peut se plaindre de la qualité sonore du tom basse, cela évoluera favorablement au fil du concert, et on finira par oublier ce léger désagrément. Le groupe s'appuie majoritairement sur les titres issus de son dernier album "are you satisfied ?", et leur interprétation en live confirme l'excellence de ce nouvel opus, il n'y a que des temps forts, et l'insertion de titres plus anciens (black rose ou where's your car debbie ?) ne fait pas baisser le niveau du concert. On constate que les spectateurs, dont une partie connaît visiblement la discographie du duo, sont emportés par la musique, un joli pogo se met en place, et les slams se multiplient (ah, cette combinaison intégrale bleue !), à tel point qu'ils en deviennent d'ailleurs un poil soulants. Je suis tout de même très surpris par le singularisme ardennaise, consistant en un pogo très organisé : un énorme cercle vide se fait, et les participants se précipitent ensuite les uns sur les autres, c'est assez particulier à voir, sans doute relativement violent, et comme on le retrouvera le lendemain devant les Toy Dolls, on suppose qu'il fait partie des coutumes locales... Il fait chaud, voire très chaud, et si le duo n'arbore pas de chemise blanche, le batteur-chanteur de débarrasse de son sweat dès live like an animal, il jouera ensuite de son torse nu pour exciter les foules, le deuxième degré est très présent ici, et si la bonne humeur est de mise, elle reste associée à un vrai professionnalisme, et à un savoir-faire toujours plus avéré. La partie la plus impressionnante du concert arrive avec un cheer up london qui laisse son refrain bien longtemps en tête, mais on pourrait également citer the hunter, un vrai morceau de bravoure lui aussi, et toute la fin de la prestation est une démonstration de puissance, jusqu'au beauty quest final, sur lequel le batteur fait mine de venir dans la fosse, et qui clôt ces 52 minutes totalement réussies, ou comment ouvrir un festival avec peut-être son meilleur concert... Autant dire que l'on attend début novembre avec une impatience guère dissimulée, en espérant que la durée du set plus longue permettra d'y réinsérer une she grew old ou un cease fire qui n'auraient pas dépareillé aujourd'hui !
Set-list :
- Are you satisfied ?
- White knuckle ride
- Ninety nine
- Live like an animal
- Black rose
- Where's your car debbie ?
- Sockets
- Wow!!! 7 am
- Cheer up london
- Do something
- Sugar coated bitter truth
- The hunter
- Okay
- Despair and traffic
- Hey
- Beauty quest
Évidemment, le festival ne s'arrête pas là, il n'est que 19h20, on en profite donc pour visiter un peu les lieux, en commençant par les stands de bières, bien sûr. Petite déception, le stand consacré aux bières belges ne propose pas grand chose d'affriolant, on se rabat donc vers l'Oubliette ardennaise, que l'on mettra plus tard en concurrence avec la Jenlain, qui rappellera de très vieux souvenirs estudiantins... On croise beaucoup de gens déguisés, de la combinaison intégrale de Tigrou (il doit faire chaud là-dedans) à quelques moines, Jésus et autres délires, et on passe tout de même devant la deuxième scène histoire de voir se que peut donner l'électro-pop de Son Lux. Bien sûr, on n'attend pas grand chose du trio batterie-guitare-claviers, mais on ne s'attendait tout de même pas à cette voix évoquant douloureusement Bono, ni à se voir offrir autant de solos de guitare... En sus, certains larsens peuvent effrayer les plus téméraires, et s'il y a beaucoup de sons divers là-dedans, cela finit par fatiguer, assez rapidement d'ailleurs, et on n'adhère donc pas au concept.
Par la suite, on se balade du côté du Square Alternatif, où les nourritures sont variées, de la glace au pop-corn en passant par le burger ardennais (il sera trop tard lorsqu'on se décidera à tenter l'expérience) ou encore le stand végétarien, et on entend en même temps la prestation d’Étienne Daho, dont la voix surprend tant on l'attendait inaudible, et dont on reconnaît un bon nombre de morceaux, plus ou moins malgré soi, en notant des réorchestrations plus ou moins intéressantes, mais qui évitent au moins la sensation du concert jukebox. On ne s'éternise pas trop, mais on ne part pas non plus en courant, c'est déjà ça !
Le temps de passer au stand spécialisé dans la viande de sanglier (on est dans les Ardennes, quand même !), et de ne pas du tout le regretter, au passage, et c'est Benjamin Clementine qui prend d'assaut la petite scène. Assis derrière son piano, accompagné d'un batteur et d'un claviériste, il ne lui faut guère plus de trois minutes pour nous inciter à déguerpir, tant sa voix mielleuse associée à une musique doucereuse ne conviennent pas à nos oreilles bien plus rock'n'roll.
On hésite alors : doit-on attendre les prestations suivantes, sachant que ni Christine and the Queens, ni Shamir, ni Paul Kalkbrenner ni même Fuzz ne nous font envie ? On décide donc de rejoindre notre hôtel, ce Formule 1 où nous allons profiter de conditions agréables jusque vers 3h00 du matin, lorsque de probables festivaliers se décideront à réveiller tout le monde à grands renforts de cris, courses et autres moyens plus ou moins improbables... On ne peut pas toujours gagner, mais là on ne se met pas dans les meilleures conditions pour apprécier la deuxième journée du Cabaret Vert !
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