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l'ayatollah du rock
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25 juillet 2015

[Angelic Upstarts] lust and glory

Date : samedi 25 juillet 2015

 

Après une expérience décevante en milieu de semaine avec les Kumbia Queers à la Comedia (pour moi, dans "tropical punk", il y a punk, et j'en espérais quelques bribes musicales que je n'ai jamais trouvées), c'est vers la Mécanique Ondulatoire que je me dirige en ce samedi soir, finalement en solo suite aux très récents déboires (ah non, plus boire du tout !) de mon accompagnatrice habituelle, car une possibilité est offerte à tous ceux qui avaient raté le concert (complet) de jeudi de voir sur scène Mensi et ses acolytes.

Les horaires sont précisés d'avance, et seront d'ailleurs très bien tenus, à quelques minutes près, et lorsque le quatuor français Harassment entame son set, nous ne sommes guère plus d'une demi-douzaine dans la cave... On comprend ainsi que le public annoncé nombreux ne descendra sans doute pas avant la tête d'affiche, et je ne parierais pas que plus de vingt personnes en tout aient assisté à ce concert inaugural de la soirée. Pourtant, malgré un son globalement très aigu, les quatre musiciens (basse-batterie-guitare-chant) réussissent parfois à nous offrir de bons moments, même si le "Dark Garage Punk n' Roll" annoncé ne correspond pas à grand chose de précis. Certains titres frôlent ainsi le hardcore, avec son énergie afférente bien placée, d'autres me paraissent bien plus brouillon, on a l'impression que ça part un peu dans tous les sens, avec de temps à autres des sonorités de guitare qui me hérissent le poil, bref cette petite demi-heure ne laisse pas un souvenir impérissable, on attend une canalisation des (bonnes) idées du groupe pour mieux apprécier ce qui n'est encore pas vraiment abouti.

Le temps de changer la batterie, et que chacun s'installe, et les 3 Gnomes entament tambour battant leur prestation sous le signe du "hardcore punk", version old school évidemment puisque comme il y a deux mois à la Comedia, c'est indubitablement aux Dead Kennedys que l'on pense immédiatement, la conjonction de la voix du batteur-chanteur au casque-micro (l'esprit de Jello B est en lui) et d'un son hardcore indéniable et extrêmement bien exécuté ne pouvant que surmotiver les spectateurs présents. Malheureusement, et c'est bien là le seul point noir de la prestation, les spectateurs attendent encore à l'étage ou à l'extérieur, et nous ne dépasserons pas la quarantaine devant le trio, tant pis pour les absents ! Car en sus d'une musique terriblement excitante, il y a le chant, en langage Ogam, qui apporte une once d'exotisme, et qui s'intègre à merveille dans les morceaux. La preuve, même l'interprétation du too drunk to fuck (Dead Kennedys, évidemment), dont les paroles (à l'exception du refrain) sont traduites, est une réussite totale, la volonté initiale de reprendre en chœur des paroles que l'on connaît sur le bout des doigts laissant place à une écoute qui laisse bouche bée. Et on n'oublie pas non plus le jeu de scène du guitariste qui, s'il possède assurément quelques gènes hérités des Bad Brains dans son savoir-faire, n'hésitera pas à sauter dans tous les sens, à prendre les poses les plus improbables, profitant de l'espace que lui laissent ses deux acolytes coincés derrière leurs fûts et basse-micro respectif. Le public peut profiter à plein de cette petite quarantaine de minutes, car même si "on ne termine pas un set par une reprise" (la tête d'affiche qui suit ne se posera pas ce genre de questions...), on peut terminer en beauté et en donner pour bien plus que les 10 euros déboursés pour assister à la soirée. Messieurs les Gnomes, revenez quand vous voulez, même à l'improviste comme ce soir c'est toujours un plaisir !

La confirmation de ce qu'on avait ressenti lors des deux premières prestations se confirme dès le début du set (voire un poil avant) des Angelic Upstarts, puisque la cave est désormais bien bondée, le public n'est venu que pour assister au set des 5 Anglais, et on gagerait même que beaucoup étaient déjà là jeudi pour le match aller... Pour être honnête, je n'étais jusqu'à présent (et ce n'a pas vraiment évolué en 70 minutes) guère au fait de la discographie du groupe pourtant né en 1977 (un lust for glory - qui ne sera pas interprété ce soir - sur "burning ambitions", et une demi-douzaine d'autres titres éparpillés sur quelques compilations), j'avais en tête un groupe oï de base, et il ne faut pas longtemps pour que tous ces a priori volent en éclat ! Car Mensi, le leader-chanteur incontournable (on ne parle pas de corpulence, ici) du groupe, a su s'entourer de quatre musiciens pour le moins efficaces (basse-batterie-2 guitares), qui cisèlent des morceaux très carrés, énergiques mais pas brouillons, qui emportent l'adhésion et créent l'enthousiasme de l'ensemble des spectateurs, la oï prévue (chœurs omniprésents, façon hymnes de supporters) s'avérant bien moins caricaturale que ce que je craignais (ben oui, on a tous des idées préconçues...). S’appuyant sur de vieux titres largement repris par les spectateurs (police oppression, machine gun kelly...), les morceaux sont nettement et ouvertement politiquement engagés, le skin ici est totalement red, et si Mensi n'est pas toujours totalement compréhensible (l'accent du Nord-Est de l'Angleterre...), le message passe, d'autant mieux qu'il est connu d'avance. Le son du groupe est phénoménal, preuve que l'acoustique de la cave peut être apprivoisée, et on se prend à faire des comparaisons (totalement à l'avantage des Upstarts, bien sûr) avec la prestation du mois dernier des 999 au même endroit, qui bouleversent l'échelle des valeurs des groupes que j'utilisais jusqu'alors... Le public est déchaîné, cela pogote à qui mieux mieux, même si l'espace est très limité, cela slamme également, quitte à donner des coups de Docs dans la boule à facettes du plafond, ou à risquer la fracture du crâne sur les enceintes, et tout cela dans une extrême bonne humeur, il y a des sourires partout, on ne voit même pas voler les bières, le respect mutuel est assez impressionnant dans la salle ! On a même droit à un morceau de reggae (un classique pour les groupes anglais de l'époque, des Ruts au Clash en passant par les Irlandais de SLF), et la fin de la prestation tourne à l'apothéose, puisque LE single du groupe s'il en est (the murder of liddle towers), apprécié à sa juste mesure, est suivi par la cover pas si éculée du if the kids are united (Sham 69), entonnée et reprise à pleins poumons par des spectateurs heureux, et cela se comprend : j'ai été vraiment bluffé par le groupe, qui a réussi à monter en puissance comme il le fallait, et qui aura sans doute obtenu l'adhésion unanime du public, et c'est amplement mérité. Il ne me reste ainsi plus qu'à remonter le temps pour combler mes lacunes discographiques à son sujet...

Si rien ne change, et comme c'est l'été cela risque d'être le cas, on va attendre un bon mois de repos avant la suite, qui consistera en un festival, celui du Cabaret Vert à Charleville-Mézières, avec entre autres Slaves et les Toy Dolls..
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Commentaires
B
Merci pour ce live report ! Avec Harassment, nous sommes assez d'accord avec ton analyse et on fera de notre mieux la prochaine fois !
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