2 juillet 2015
[Holidays in the Sun #4] sea, punk-rock and sun
Date : jeudi 2 juillet 2015
Le Festival Holidays in the Sun en est à sa quatrième itération, et envahit pour l'occasion le Théâtre de la Mer, à Sète, ce qui promet de combiner vue imprenable et son exceptionnel, et vice versa. Les 1500 places ont trouvé preneur, c'est complet de chez complet, et les à-côtés (boissons, nourriture, merch divers) respectent le principe de ne pas exagérer au niveau des tarifs, ce qui est assurément rentable car la température et la durée de la soirée vont inciter chacun à se désaltérer et se sustenter en quantité...
On n'est tout de même pas dans un monde parfait, alors on arrive à la bourre sur les lieux, les difficultés pour se garer sont réelles, et cela justifie (sans pardonner) le fait de ne pas assister à la prestation des Atomics Rotors, un trio a priori plutôt psycho, que l'on essaiera de ne pas rater en octobre lorsqu'il viendra à la Maroquinerie avec les Wash...
Le temps de passer prendre ses provisions de bière, et on s'installe (la majorité des places sont assises, la fosse est d'une capacité hyper réduite) pour ne pas rater une miette des Burning Heads, qui dans un timing hyper serré vont mettre tout le monde d'accord. Débutant et finissant en reggae (à titre personnel, j'aurais bien aimé en avoir un poil plus dans la set-list), le quatuor va rapidement évoluer dans son style particulier mélangeant punk-rock et hardcore mélodique, en enchaînant tambour battant les titres de façon à ne pas perdre une seconde. C'est rapide, mais c'est loin d'être bourrin, c'est énergique, il est difficile d'y résister, et les deux reprises du jour (in the city des Jam et no way des Adolescents) sont d'excellente facture, adaptées avec talent sans trahir les originaux, ce qui n'est pas forcément le plus facile... On en viendrait même à regretter que ce concert arrive si tôt dans la soirée, un public un tantinet plus chaud aurait permis de faire passer ce concert excellent dans la catégorie exceptionnelle, mais on ne va pas non plus se plaindre, il ne reste qu'à guetter les prochaines venues des Orléanais dans vos contrées !
Après avoir assisté à un numéro de burlesque un peu déconcertant (le principe déjà me laisse froid, là ça semblait à côté de la plaque, avec un public peu réceptif à l'exercice), ce sont les quatre membres de La Souris Déglinguée qui entament leur set. Sans être totalement réfractaire à la musique du groupe (j'avoue même être addict du premier album), je n'ai pas suivi de près les albums depuis 1982, et les moments où j'ai placé mes oreilles en mode écoute desdits albums ne m'ont pas laissé de souvenir impérissable. C'est donc avec un enthousiasme tout relatif que j'assiste au début du set, qui ne fait malheureusement que me conforter dans mes réticences : vocalement, Taï-Luc me semble en dessous de ses capacités, musicalement, le groupe ne semble pas non plus se donner à fond, et parfois même le son est extrêmement faible, à se demander si c'est le régisseur qui fait des siennes... Le batteur est clairement sous-utilisé, à tel point qu'on est souvent plus proche d'un rockabilly soft que du punk énergique auquel certains s'attendaient, et cette mollesse voire uniformité sur un bon nombre de titres gâche nettement la bonne impression que peuvent laisser certains morceaux (les jeunes cons, tendance négative). D'ailleurs, si bon nombre de ces titres sont reconnus, c'est souvent après plusieurs dizaines de secondes (jaurès-stalingrad est un exemple flagrant à ce niveau), et il m'est difficile de vraiment apprécier ce concert, y compris lors de morceaux de bravoure pré-supposés (rock'n'roll vengeance, week-end sauvage, sur la zone...). Cependant, il serait malhonnête de nier qu'une bonne frange du public est à fond, que la fosse bouge beaucoup, et que certains titres réussissent à mettre le feu (yasmina p.a., soldats perdus, bangkok), donc on supposera que ce concert aura figé les positions : ceux qui sont venus déjà conquis seront sans doute repartis heureux du set, et les autres auront plus ou moins patiemment attendu la suite en comptant les gouttes de pluie (pas plus d'une dizaine en plus d'une heure, pour l'anecdote). Personnellement, cela m'aura paradoxalement donné envie de réécouter le premier album... mais pas vraiment de revoir le groupe sur scène !
Mais je ne vous cacherai pas que c'est la suite qui m'a incité à faire 800 bornes (en train, heureusement), et même si la deuxième prestation burlesque n'aura pas modifié mon avis à son sujet (en plus, c’était la même performeuse, dans un spectacle quasi identique au précédent), on sent que le public est désormais dans les starting-blocks, et seule une petite partie de l'assistance ne se retrouvera pas très vite debout dans les gradins. Car c'est bien simple, les Sheriff sont là, ce sont même les régionaux de l'étape, venus en voisins de Montpellier, et leurs prestations épisodiques depuis leur reformation d'il y a trois ans n'incitent pas leurs fans à les manquer, et ce soir il en sera de même puisque la formule qui réussit au groupe depuis une bonne trentaine d'années (musique énergique, textes fun et humoristiques - certains iront même jusqu'à les estimer débiles) n'a pas changé et est 100% efficace ! C'est bien simple, du premier au dernier titre, les paroles de l'ensemble du concert sont connues intégralement par 99% du public, qui prend son pied aussi bien que le groupe semble le faire, et si on sait que les musiciens enchaînent entre 1 et 3 morceaux avant une pause plus ou moins longue (en sus des nécessités physiques, le matériel de l'un des guitaristes amplifiera ce phénomène), ces interruptions permettent tout autant aux spectateurs de reprendre leur souffle et de faire des paris sur la set-list en cours d'exécution... On pourrait facilement dire qu'il n'y a que des tubes dans celle-ci, il m'est impossible de ressortir un titre plutôt qu'un autre, dans tous les cas on ne peut que constater que les sourires sont sur l'intégralité des visages, ça danse, ça chante, c'est clairement la fête dans ce théâtre plus habitués aux jazzmen qu'aux punks, et les spectateurs de tous sexes et tous âges (il y a une mixité réelle à ces niveaux) apprécient à sa juste valeur ce qui peut être considéré comme une offrande musicale. Le son est puissant, propre, et s'il y a quelques pains, ils passent inaperçu, l'ambiance excellente ne va pas se pencher sur des détails aussi insignifiants...
Au bout d'une heure, le quintet quitte la scène, mais c'est pour mieux revenir, avec en guise de cadeau un mayonnaise à gogo qui n'avait été récemment joué que "dans le Nord", et si le chanteur continue à présenter rapidement chacun des titres, il n'y a aucune lourdeur dans cela, c'est plutôt pour permettre au public de se préparer à ce qui va suivre en se remémorant rapidement les textes à entonner en chœur. Le non ! non ! non ! pourrait bien signifier la fin du set , avec son cri "c'est fini !" utile pour abréger les choses, mais on a encore droit à un deuxième rappel, qui se clôt après 80 minutes d'un spectacle à la fois bien rôdé et enthousiasmant de fraîcheur, et qui n'aura pas laissé de regrets à ceux qui sont venus de loin pour y assister.
De manière plus générale, on ne peut que féliciter les organisateurs, car en sus d'un lieu paradisiaque et d'une affiche de rêve, l'ambiance exemplaire qui aura régné 6 heures durant dans le Théâtre permettra peut-être de renouveler ce genre d'événements dans les années à venir... Et comme la météo, en dépit des quelques gouttes évoquées plus haut, aura su nous éviter également les trop fortes chaleurs, on ne pourra repartir qu'avec de très bons souvenirs, le sempiternel "j'y étais !" n'étant pour l'occasion clairement pas exagéré du tout !
Set-list :
On n'est tout de même pas dans un monde parfait, alors on arrive à la bourre sur les lieux, les difficultés pour se garer sont réelles, et cela justifie (sans pardonner) le fait de ne pas assister à la prestation des Atomics Rotors, un trio a priori plutôt psycho, que l'on essaiera de ne pas rater en octobre lorsqu'il viendra à la Maroquinerie avec les Wash...
Le temps de passer prendre ses provisions de bière, et on s'installe (la majorité des places sont assises, la fosse est d'une capacité hyper réduite) pour ne pas rater une miette des Burning Heads, qui dans un timing hyper serré vont mettre tout le monde d'accord. Débutant et finissant en reggae (à titre personnel, j'aurais bien aimé en avoir un poil plus dans la set-list), le quatuor va rapidement évoluer dans son style particulier mélangeant punk-rock et hardcore mélodique, en enchaînant tambour battant les titres de façon à ne pas perdre une seconde. C'est rapide, mais c'est loin d'être bourrin, c'est énergique, il est difficile d'y résister, et les deux reprises du jour (in the city des Jam et no way des Adolescents) sont d'excellente facture, adaptées avec talent sans trahir les originaux, ce qui n'est pas forcément le plus facile... On en viendrait même à regretter que ce concert arrive si tôt dans la soirée, un public un tantinet plus chaud aurait permis de faire passer ce concert excellent dans la catégorie exceptionnelle, mais on ne va pas non plus se plaindre, il ne reste qu'à guetter les prochaines venues des Orléanais dans vos contrées !
Après avoir assisté à un numéro de burlesque un peu déconcertant (le principe déjà me laisse froid, là ça semblait à côté de la plaque, avec un public peu réceptif à l'exercice), ce sont les quatre membres de La Souris Déglinguée qui entament leur set. Sans être totalement réfractaire à la musique du groupe (j'avoue même être addict du premier album), je n'ai pas suivi de près les albums depuis 1982, et les moments où j'ai placé mes oreilles en mode écoute desdits albums ne m'ont pas laissé de souvenir impérissable. C'est donc avec un enthousiasme tout relatif que j'assiste au début du set, qui ne fait malheureusement que me conforter dans mes réticences : vocalement, Taï-Luc me semble en dessous de ses capacités, musicalement, le groupe ne semble pas non plus se donner à fond, et parfois même le son est extrêmement faible, à se demander si c'est le régisseur qui fait des siennes... Le batteur est clairement sous-utilisé, à tel point qu'on est souvent plus proche d'un rockabilly soft que du punk énergique auquel certains s'attendaient, et cette mollesse voire uniformité sur un bon nombre de titres gâche nettement la bonne impression que peuvent laisser certains morceaux (les jeunes cons, tendance négative). D'ailleurs, si bon nombre de ces titres sont reconnus, c'est souvent après plusieurs dizaines de secondes (jaurès-stalingrad est un exemple flagrant à ce niveau), et il m'est difficile de vraiment apprécier ce concert, y compris lors de morceaux de bravoure pré-supposés (rock'n'roll vengeance, week-end sauvage, sur la zone...). Cependant, il serait malhonnête de nier qu'une bonne frange du public est à fond, que la fosse bouge beaucoup, et que certains titres réussissent à mettre le feu (yasmina p.a., soldats perdus, bangkok), donc on supposera que ce concert aura figé les positions : ceux qui sont venus déjà conquis seront sans doute repartis heureux du set, et les autres auront plus ou moins patiemment attendu la suite en comptant les gouttes de pluie (pas plus d'une dizaine en plus d'une heure, pour l'anecdote). Personnellement, cela m'aura paradoxalement donné envie de réécouter le premier album... mais pas vraiment de revoir le groupe sur scène !
Mais je ne vous cacherai pas que c'est la suite qui m'a incité à faire 800 bornes (en train, heureusement), et même si la deuxième prestation burlesque n'aura pas modifié mon avis à son sujet (en plus, c’était la même performeuse, dans un spectacle quasi identique au précédent), on sent que le public est désormais dans les starting-blocks, et seule une petite partie de l'assistance ne se retrouvera pas très vite debout dans les gradins. Car c'est bien simple, les Sheriff sont là, ce sont même les régionaux de l'étape, venus en voisins de Montpellier, et leurs prestations épisodiques depuis leur reformation d'il y a trois ans n'incitent pas leurs fans à les manquer, et ce soir il en sera de même puisque la formule qui réussit au groupe depuis une bonne trentaine d'années (musique énergique, textes fun et humoristiques - certains iront même jusqu'à les estimer débiles) n'a pas changé et est 100% efficace ! C'est bien simple, du premier au dernier titre, les paroles de l'ensemble du concert sont connues intégralement par 99% du public, qui prend son pied aussi bien que le groupe semble le faire, et si on sait que les musiciens enchaînent entre 1 et 3 morceaux avant une pause plus ou moins longue (en sus des nécessités physiques, le matériel de l'un des guitaristes amplifiera ce phénomène), ces interruptions permettent tout autant aux spectateurs de reprendre leur souffle et de faire des paris sur la set-list en cours d'exécution... On pourrait facilement dire qu'il n'y a que des tubes dans celle-ci, il m'est impossible de ressortir un titre plutôt qu'un autre, dans tous les cas on ne peut que constater que les sourires sont sur l'intégralité des visages, ça danse, ça chante, c'est clairement la fête dans ce théâtre plus habitués aux jazzmen qu'aux punks, et les spectateurs de tous sexes et tous âges (il y a une mixité réelle à ces niveaux) apprécient à sa juste valeur ce qui peut être considéré comme une offrande musicale. Le son est puissant, propre, et s'il y a quelques pains, ils passent inaperçu, l'ambiance excellente ne va pas se pencher sur des détails aussi insignifiants...
Au bout d'une heure, le quintet quitte la scène, mais c'est pour mieux revenir, avec en guise de cadeau un mayonnaise à gogo qui n'avait été récemment joué que "dans le Nord", et si le chanteur continue à présenter rapidement chacun des titres, il n'y a aucune lourdeur dans cela, c'est plutôt pour permettre au public de se préparer à ce qui va suivre en se remémorant rapidement les textes à entonner en chœur. Le non ! non ! non ! pourrait bien signifier la fin du set , avec son cri "c'est fini !" utile pour abréger les choses, mais on a encore droit à un deuxième rappel, qui se clôt après 80 minutes d'un spectacle à la fois bien rôdé et enthousiasmant de fraîcheur, et qui n'aura pas laissé de regrets à ceux qui sont venus de loin pour y assister.
De manière plus générale, on ne peut que féliciter les organisateurs, car en sus d'un lieu paradisiaque et d'une affiche de rêve, l'ambiance exemplaire qui aura régné 6 heures durant dans le Théâtre permettra peut-être de renouveler ce genre d'événements dans les années à venir... Et comme la météo, en dépit des quelques gouttes évoquées plus haut, aura su nous éviter également les trop fortes chaleurs, on ne pourra repartir qu'avec de très bons souvenirs, le sempiternel "j'y étais !" n'étant pour l'occasion clairement pas exagéré du tout !
Set-list :
- Arrête de parler (pendant que tu dors)
- 3, 2, 1... zéro
- Attention à toi
- Les 2 doigts (dans la prise)
- Ne fais pas cette tête là
- (C'est une) idée fixe (oho ! oh! oh!)
- Pas de doute
- Bon à rien
- Ça fait mal
- Y'a comme un problème
- Pendons les haut et court
- L'essayer c'est l'adopter
- À la chaleur des missiles
- Condamné à brûler
- Panik (à Daytona Beach)
- Je suis pas menteur
- Que pasa ?
- À coups de battes de base-ball
- Fanatique de télé
- Jouer avec le feu
- Rappel : Mayonnaise à gogo
- Pile ou face
- Arrête d'aboyer
- Non ! non ! non !
- Rappel 2 : Tic tac
- La saga des sheriff
- Dam dam
La suite, ce sera au Petit Bain, ce mardi soir, pour un concert anniversaire qui accueillera Frustration.
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