[the Legendary Tigerman] wild beasts
Date : mardi 7 octobre 2014
Mardi soir, la Maroquinerie affiche complet, avec un public très, très féminin, plutôt jeune, voire très jeune, autant dire que je suis un peu déboussolé devant ce changement flagrant dans mes habitudes de concerts…
Les horaires étant presque respectés, il est 21h07 lorsque The Legendary Tigerman arrive sur scène, toujours aussi classieux (on sait pourquoi le 2e sexe est majoritaire ce soir), à moitié caché derrière ses grosses lunettes à verres fumés, tenant en main sa guitare, laissant derrière lui les deux batteries pour l’heure inoccupées, et il démarre tranquillement, avec un hey, sister ray échappé de "femina", devant une vidéo faite maison dont le bonhomme a le secret. Introduction avec l’avant-dernier album, donc, mais c’est bien le petit dernier "true" qui aura droit à la part du lion, avec quasiment la moitié des titres de la set-list du soir, en commençant par un wild beast bien relevé, qui restera en tête longtemps après la fin du concert, sur lequel le Tigerman légendaire abandonne son statut de one-man-band puisqu’un batteur vient s’asseoir derrière les fûts, accompagné dès le troisième titre par un saxophoniste, et si storm over paradise est l’occasion pour chacun des supplétifs de nous offrir un beau raté, avec interruption du morceau à la clé (avec beaucoup de sourires sur scène, et paiement en direct des amendes afférentes auprès du Big Boss !), le reste du set sera instrumentalement parfait, le sax orienté Terry Edwards et la batterie lourde et bruyante s’avéreront le parfait complément des parties de guitare d’un Tigerman toujours aussi doué sans faire dans le branlage de manche …
Les vidéos (datant souvent de "femina") ne sont pas omniprésentes, mais reviennent de temps à autres (and then came the pain, naked blues…), et permettent au chanteur-guitariste de ne pas attirer l’œil sur lui en permanence, surtout lorsqu’il retrouve son caractère solitaire sur scène, et permettent même parfois des duos « virtuels », puisqu’on retrouvera en images et en voix Lisa Kekaula (Bellrays) sur the saddest thing to say et Asia Argento sur life ain’t enough for you en rappel… C’est la première fois qu’on assiste à un concert du Legendary Tigerman en mode non solo, et cela change tout de même un poil la donne : si d’habitude le son est nécessairement limité, ce soir il prend de l’ampleur, on sent que Paulo a plus de possibilités scéniques, il ne reste pas forcément coincé sur le siège de sa batterie, et peut sembler plus proche du public – avec lequel il ne se lasse pas de tenter d’échanger, dans un mélange de français et d’anglais qui laisse parfois pantois les spectateurs, qui réagissent en décalé aux demandes du chanteur ou des musiciens. Les morceaux joués à trois sont nécessairement réorchestrés, et ce faisant peuvent paradoxalement perdre un poil de leur rudesse en solo, le blues minimal que l’on connaît depuis les premiers albums se transforme ainsi pour se rapprocher par exemple d’un Gallon Drunk (cf. plus haut pour le sax), ce qui est tout aussi agréable pour moi, mais peut en désappointer (légèrement) certains… En revanche, certains titres exécutés en solo conservent une énergie et une tension totalement intactes (naked blues, crawdad hole), le summum du minimalisme efficace à 100% étant atteint avec l’interprétation du bad luck rhythm’n’blues machine, dont je ne sais toujours pas si les paroles sont articulées à une vitesse folle, ou si elles émargent du côté du yaourt à la sauce portugaise !
Côté reprises, on a droit au twenty flight rock d’Eddie Cochran, morceau dont on se souvient en VF par Raticide (qui l’avait soi-disant récupéré chez le père Smet…), et qui est ce soir assez proche de l’original, quasi rockabilly en solo, mais également au plus classique these boots are made for walking (Nancy Sinatra), repris en trio et qui fait toujours plaisir à entendre. Le concert se termine au bout d’une heure et quart, après un 21st century rock’n’roll de fin du monde, qui offre l’occasion à Paulo d’aller faire un tour dans la fosse, un rituel qu’il apprécie ici (c’est la troisième fois que je le vois à la Maro !), et qui est toujours spectaculaire vis-à-vis d’un public qui n’avait pas besoin de cela pour se retrouver au 7e ciel !
Mais il ne faut pas longtemps avant que le Tigerman revienne sur scène, pour un rappel plus calme qui débute en solo avec l’appui d’Asia Argento pour life ain’t enough for you (que beaucoup attendaient avec impatience), puis love ride permet au saxophoniste puis au batteur de venir récupérer leur dose nourrie et méritée d’applaudissements. La clôture du set frisant l’heure et demie n’est que le signal du départ pour le stand de merchandising, pris d’assaut de longues minutes, et qui connaîtra une seconde vie lorsque les spectateurs se rendront compte que le Legendary Tigerman est présent et s’offre une séance de dédicaces/autographes avec un plaisir (partagé) non dissimulé ! Bref, une très belle soirée, dont on aura zappé la première partie sans regret, et qui attend des suivantes le plus rapidement possible.
Set-list :
- Hey, sister ray
- Wild beast
- Storm over paradise
- And then came the pain
- Gone
- Naked blues
- Walkin’ downtown
- Crawdad hole
- Bad luck rhythm’n’blues machine
- Twenty flight rock
- The saddest thing to say
- These boots are made for walking
- Dance craze
- 21st century rock’n’roll
- Rappel : Life ain’t enough for you
- Love ride
La suite, ce sera dès vendredi avec Off! au Nouveau Casino, puis sans doute dans la foulée Dead au Bus Palladium…