[the Intelligence] south bay surfers
Date : jeudi 28 août 2014
Fin de période de vacances d’été (on ne parle pas de saison au sens météorologique), le Point FMR réussit ce jeudi soir à attirer du monde, au bar et dans la salle de concert, et même le long du canal, étant donné qu’il ne pleut pas et que la température semblerait presque agréable…
Comme d’habitude, les horaires sont un peu laxistes, il est déjà 20h45 lorsque les TITS (pour « Thugs In Trendy Style », soit disant) arrivent sur scène et entament leur set, ce qui va permettre de juger plus sérieusement d'un groupe que l’on n’avait fait qu’effleurer auriculairement ce week-end à Rock en Seine et l'an passé au fin fond du 77… Nous voilà donc devant un quatuor (batterie-basse-2 guitares), apparemment récemment renouvelé puisque nous est présentée comme telle la nouvelle guitariste, et qui officie dans un genre de garage-punk à la Magnetix, mais en plus lourd et moins brouillon, ou moins instinctif si on préfère. Le chant est principalement assuré par le bassiste, mais on retrouve sur presque chaque titre une période de hurlements du guitariste, et c’est peut-être bien là que le bât blesse : les rares fois où on arrive à différencier (musicalement parlant) les morceaux entre eux, les hurlements nivellent tout, et on finit par avoir l’impression d’un unique titre simplement morcelé par quelques pauses. De plus, si le set n’excède pas la demi-heure, certains auront eu le sentiment que cela frisait le double, signe indubitable d’un étirement du temps que l’on pourrait estimer induit par un ennui relativement manifeste ! Bref, si c’était moins insupportable qu’il y a un an à la Ferme Électrique, cela reste encore très compliqué à supporter pour moi, même dans un Point FMR qui n’a pas encore fait le plein (mais cela ne durera pas).
Heureusement, les choses vont vite s’améliorer, puisque la balance est réduite à peau de chagrin, et que The Intelligence entame son set juste après 22h30, ce qui oblige les retardataires (nombreux, pour le coup) à se masser au fond de la salle, à tenter de se glisser, qui vers le bar, qui vers la scène, et on retrouve la configuration « boîte à sardines » qui est un peu l’apanage du lieu… Les 4 Américains, que l’on a déjà pu apprécier sur cette même scène (à la Maro et au Trabendo, également), ont l’habitude de changer de line-up assez régulièrement, ce qui explique qu’on ne sache plus exactement s’il s’agit du même que celui d’il y a un an, mais peu importe, puisque dans tous les cas la qualité musicale du groupe ne change guère. Dans une configuration similaire à celle de la première partie, on se retrouve avec des sonorités diamétralement opposées, puisque ici c’est plutôt à des guitares garage-surf que l’on pense, sans trop de saturation, et un plein de finesse musicale mais également vocale, puisque le chanteur possède un timbre clair s’accordant parfaitement à ses compositions. Lors des précédents concerts, la figure tutélaire de mark e. Smith (the Fall) régnait de manière évidente sur le set, ce soir on s’éloigne un peu de cette référence, pour se rapprocher d’une autre, tout aussi post-punk mais avec quelques nuances new-wave, puisque c’est bien du côté du XTC d’Andy Partridge que l’on lorgne désormais, période « white music / go 2 », avec ces petites accélérations finales sur quasiment chaque titre, et ce calme apparent des musiciens en contrepoids à l’énergie distribuée.
Le seul (petit) bémol tient en la brièveté des choses, puisque le rappel (2 titres) a lieu après à peine 45 minutes du set principal, et s’il se clôt sur un final apocalyptique, il aboutit à une durée totale inférieure aux 60 minutes… Mais on ne se plaint que par principe, car il n’y a vraiment rien à jeter dans cette prestation, qui confirme qu’on peut durer, évoluer, et continuer à s’améliorer, et cela n’est pas donné à tout le monde ! Alors, à la prochaine, les Intelligence, et soyez sûrs qu’on y sera encore !
La suite, ce sera sans doute avec (justement !) les Magnetix à la mi-septembre, sauf propositions intéressantes d’ici-là.