21 mars 2014
[Savages] they're here
Date : vendredi 21 mars 2014
Retour à la Gaîté Lyrique en ce vendredi soir, ce coup-ci un bar a été placé devant la salle, ce qui permet de désengorger l’officiel et de constater que l’affluence est sensiblement la même que mercredi soir, et que pendant la première partie la densité dans la salle de concert est bien moins importante que pour la prestation de Slaves...
Il faut dire également que, si A Dead Forest Index est également un duo batterie-guitare (la transition avec mercredi s’effectue en douceur), l’enthousiasme est loin de m’envahir à l’écoute de cette fratrie qui a manifestement largement été biberonnée au Velvet Underground... Pas de miracle, je m’ennuie au bout de 10 secondes, même les quelques envolées bruitistes ne peuvent créer la moindre étincelle d’intérêt chez moi, alors j’en profite pour aller jeter un œil sur le stand de merchandising (je vous rassure, je n’ai rien dépensé !), en me disant que ceux qui considèrent la plupart des premières parties comme des pertes de temps vont bien ricaner ce soir...
Pas trop d’attente avant la tête d’affiche, les lumières s’éteignent à 21h15 pétantes, et le quatuor féminin de Savages arrive sur scène, avec la chanteuse en blanc et ses comparses en noir, pour ce qui est la dernière date de la tournée européenne du groupe. On sentira d’ailleurs tout au long du set une certaine émotion sur scène, que l’on peut éventuellement relier à cette fin de cycle, la chanteuse (française) semblant particulièrement touchée de jouer à Paris ce soir, tout en hésitant toujours à s’exprimer en français “pour ne pas gêner mes copines qui ne parlent pas français”... Le groupe fait le buzz depuis pas mal de temps, c’est la première fois que je le vois sur scène, et ce qui n’était qu’une impression latente à l’écoute de l’album prend en live une consistance certaine : ces donzelles ont des références tout à fait remarquables ! En effet, il sera quasiment impossible de ne pas évoquer Siouxsie en ce qui concerne la voix et surtout la façon de chanter de la leader (pas capillairement, les cheveux très courts n’ayant que rarement été vus sur le crâne de Susan Ballion), tandis que côté musical ce seront tour à tour Bauhaus, Gang of Four ou PIL qui passeront en arrière-plan, l’énorme basse de flying to berlin par exemple ne pouvant que rappeler un David J ou un Dave Allen... Visuellement, la scène reste beaucoup dans l’ombre, seule la chanteuse recherche la lumière, et cela se confirme sur un i need something new rappelant furieusement un certain bela lugosi’s dead... Certains titres, comme strife ou waiting for a sign, ralentissent quelque peu le tempo, mais on reste toujours dans cette période musicale dorée, les mânes des Banshees sont invoquées sur city’s full, et on apprécie beaucoup les multiples changements de rythmes de she will, ou la très haute énergie de no face.
Au fil du concert, on se prend à espérer un peu moins d’omniprésence de la chanteuse, qui a tendance à laisser dans l’ombre ses comparses, même sur les parties purement instrumentales (le très long fuckers), un peu de retenue ne ferait pas de mal au groupe (à mon sens), et éviterait également à notre petite Française de trop en faire pour attirer l’œil alors que le plaisir de l’oreille pourrait suffire en soi... Le hit me plutôt foutraque a succédé à un husbands évoquant totalement les envolées d’un eve white/eve black, et si fuckers est annoncé comme le dernier titre, il est suffisamment long, barré et excitant (limite électro) pour faire oublier que le concert n’aura duré que 66 minutes, ce qui fait court mais peut s’expliquer par une discographie encore très peu étendue. En revanche, nous sommes plusieurs à attendre le prochain album du groupe avec incertitude, car il n’est pas évident que l’envie de revoir le groupe sur scène soit pressante s’il n’évolue pas un tant soit peu, le retour (très positif, je le rappelle) sur le passé ne doit pas l’empêcher d’avancer vers d’autres horizons tout aussi intéressants ! A suivre, donc...
Set-list :
- I am here
- Flying to Berlin
- Shut up
- I need something new
- Strife
- Waiting for a sign
- She will
- City’s full
- No face
- Husbands
- Hit me
- Fuckers
La suite, c’est dès ce samedi soir, au Hangar à Ivry, avec Frustration (et Cheveu, mais on risque d’oublier...).
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