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l'ayatollah du rock
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13 août 2013

[Jello Biafra and the Guantanamo School of Medicine] no damage done

Date : 13 août 2013


Au plein cœur de l’été, à deux jours du long week-end du 15 août, difficile d’imaginer plus morne saison pour les concerts, et Paris se languit des soirées rock habituelles. Alors, la perspective en ce mardi soir d’assister à un vrai événement, punk de surcroît, incite du monde (et du beau) à se diriger vers le Glaz’Art, qui, sans afficher complet, sent tout de même le taux de remplissage flirtant avec les 99%...

Bien sûr, ça ne peut pas commencer à l’heure, ce serait un miracle, heureusement qu’on avait prévu le coup et qu’on ne s’était pas pointé à 19h, comme annoncé sur le site du Glaz’Art ! Car il est déjà 20h30 lorsque the Decline arrive sur scène, un quintet breton (batterie, basse, 2 guitares, plus le chanteur) plutôt énervé, aux influences street-punk très prononcées, voire même affirmées jusqu’à l’outrance (le béret-casquette du chanteur, la multiplication des “ça va ou quoi ?” du même...). Ceci dit, qu’on ne s’y trompe pas, si le style est codifié à mort, il n’en reste pas moins plutôt agréable à entendre, même si on a du mal à comprendre les textes (en anglais), mais ceci est peut-être imputable à l’acoustique du lieu, ou à la prononciation du chanteur, puisqu’on ne comprend pas grand chose non plus lorsqu’il s’exprime, même calmement, en français... Street-punk donc, la touche “folk” affirmée se traduit (uniquement ?) par la présence d’un banjo sur le dernier titre, on relève également au passage des petites similitudes (influences ?) du côté, au hasard, des Sheriff, de Holy Curse ou des groupes punk marseillais, mais cela reste assez subjectif ! Alors, si tout cela n’est pas vraiment innovant ni inventif, on reste jusqu’au bout dans la salle pour en profiter (ce ne sera pas le cas d’une bonne partie des spectateurs), car ces 50 grosses minutes de set (ça, c’est de la première partie !) restent une découverte tout de même intéressante, et ce n’est pas tous les jours le cas...

Après une demi-heure de changement de plateau, et de queue au bar (on n’a pas droit aux barmen/barmaids les plus rapides ni clairvoyants du monde, ce qui crée quelques tensions dans les fils d’attente), les lumières s’éteignent dans la salle, on voit grimper sur scène 4 lascars qui s’entêtent à tester nos capacités de résistance auditive, en malaxant jusqu’au maximum leurs instruments (2 guitares, basse et batterie, même composition que pour la première partie), avant que Jello Biafra and the Guantanamo School of Medicine ne soient enfin au complet, et attaquent leur set le pied au plancher, sans présentation, avec un (sauf erreur, c’est LE doute concernant la set-list) strength thru shopping qui met d’ores et déjà le feu dans la salle... Après cette intro pour le moins réussie, Jello entame ses classiques présentations de morceaux, en les replaçant toujours dans le contexte social et politique des Etats-Unis, mais aussi de l’Europe et de la France, en poussant même jusqu’au monde entier, après avoir pris la précaution de demander au public s’il comprenait l’anglais... Il faut avouer que son anglais est très aisément audible, prononcé suffisamment bien pour que le français de base le comprenne, et même le cheveu sur la langue (c’est bien la première fois qu’on le remarque) ne prête pas à erreur, ni à moquerie d’ailleurs, et comme en plus il n’hésite jamais à se jeter sur la foule, personne ne s’aviserait de lui reprocher quoi que ce soit. La set-list se base principalement sur le dernier (et excellent, au passage) album du groupe, avec pas moins de 7 titres tirés de ce “white people and the damage done”, avec en particulier ce john dillinger qui déchire aussi bien sur scène que sur CD, et la fosse s’agite bien comme il faut, les ventilateurs ne brassent plus que de l’air chaud et humide, et les aller-retour vers l’air extérieur se multiplient chez les adeptes du pogo et du stage-diving... Un petit discours contre la haute finance et les politiques d’austérité, et c’est new feudalism qui enchaîne, avant un binôme d’acier barackstar o’bummer / mid-east peace process qui permet à tout un chacun d’être au taquet pour la première reprise des Dead Kennedys de la soirée, un california über alles aux paroles actualisées, puisqu’elles s’en prennent à Schwarzy le Governator... On passe à la référence à Zappa (incongrue ? Pas forcément) avec the brown lipstick parade, puis la tirade sur Wall Street pour introduire werewolves of wall street, et on respire un poil. Pas plus, hein, car c’est avec une intro bizarre que nazi punks fuck off démarre, ceux qui avaient encore des doutes sur l’engagement anti-raciste, anti-raciste, anti-violence de Jello ont dû les perdre ce soir, et la version de ce classique parmi les classiques de DK est extrêmement proche de l’original, donc très rapide, très musclée, et c’est une énorme claque que l’on prend, une fois de plus !

Ceux qui avaient regardé les set-lists des concerts précédents du groupe ont constaté qu’elles ne sont jamais identiques, on est donc un peu surpris (agréablement) d’avoir droit à hollywood goof disease, le très accessible morceau issu du dernier album, avant d’avoir un discours anti-fracture (gaz de schiste, entre autres ?) pour chemical warfare, soit déjà la 3e reprise des DK ! Fin de set habituelle avec pets eat their master, avant que le groupe quitte la scène, après à peine 55 minutes de set : ils ont intérêt à revenir, et vite !

D’ailleurs, cela ne tarde pas, et c’est l’uppercut, avec un kill the poor toujours aussi efficace, avant un long (mais pas lassant) shock-u-py! dédié au mouvement “occupy wall street”, Jello, en éternel antirotondogyrateur, incite gentiment à la révolte, le groupe très soudé et hyper efficace défouraille à qui mieux mieux les riffs incendiaires, et le rappel d’un quart d’heure passe comme une fleur, mais les spectateurs ne veulent pas en rester là ! Alors le groupe revient, pour un deuxième rappel, Jello a tombé le t-shirt (il avait précédemment et successivement abandonné ses lunettes noires et sa chemise bariolée) avec un road rage consacré aux adeptes inconditionnels de la voiture, avant l’apothéose, un holiday in cambodia extatique qui permet, après 80 minutes, au groupe de se retirer avec les honneurs, et bien plus que cela, puisqu’il sera bien difficile de trouver un mécontent ce soir. En sus, la dernière phrase sibylline de Jello, concernant un festival à ne pas manquer en septembre, devrait en inciter beaucoup à se jeter sur tous les moyens d’information, car une deuxième couche dans un mois tiendrait à la fois du miracle et d’un incommensurable plaisir. Messieurs, revenez quand vous voulez, et Jello, continue à suivre sur la même voie, ne change rien, surtout !


Set-list probable :

  1. Strength Thru Shopping
  2. John Dillinger
  3. New Feudalism
  4. Barackstar O’Bummer
  5. Mid-East Peace Process
  6. California über Alles
  7. The Brown Lipstick Parade
  8. Werewolves of Wall Street
  9. Nazi Punks Fuck Off
  10. Hollywood Goof Disease
  11. Chemical Warfare
  12. Pets Eat Their Master
  13. Rappel : Kill The Poor
  14. Shock-U-Py !
  15. Rappel 2 : Road Rage
  16. Holiday In Cambodia


La suite, ce sera pour septembre, ou octobre, puisqu’il n’y a rien de sûr avant le retour de PIL en octobre (mais ensuite, c’est intéressant : Buzzcocks+Frustration, Anneke van Giersbergen, Fall, Didier Super, New Model Army...).

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