[Frustration] living city
Date : 13 juin 2013
Dans le cadre des soirées Born Bad, la Maroquinerie a fait le plein en ce jeudi soir, et si cela attriste les non-prévoyants, c’est plutôt une bonne nouvelle en général pour le rock à Paris…
Un public assez jeune (20-30 ans), un poil mixte (ça reste tout de même assez masculin), qui arrive suffisamment tôt pour assister à la prestation de the Box, et également à celle de the Feeling of Love. Pour les premiers, nous étions encore en train de jouer à cache-cache avec les contrôleurs RATP. Pour les seconds, nous nous réhydrations au bar, et n’en avons pas plus à en dire…
Il faut dire que, comme une bonne partie des spectateurs, c’est essentiellement pour assister au retour de Frustration que nous sommes venus. Après une énorme prestation au Trabendo en décembre, les Franciliens viennent repasser une deuxième couche, mais pour cela ils ont besoin d’avoir des conditions acoustiques décentes, ce qui doit expliquer le temps mis à démarrer le set, puisque le groupe passe une bonne vingtaine de minutes à se mettre en place, sans doute pour prévenir les incidents techniques toujours prompts à arriver… Bon, disons le tout de suite, la prévention n’aura pas servi à grand-chose, puisqu’au fil du set la batterie devra être recalée (très tôt, d’ailleurs), le bassiste se fera oublier à un moment, la guitare connaîtra des faiblesses de pédales, et même le clavier ne sera pas épargné, bref seul le chanteur ne subira (heureusement !) pas d’extinction de voix : comme dit l’autre, « c’est bien la peine de jouer à domicile… » ! Le public est chaud bouillant, et la température ambiante n’est pas la seule en cause, la fosse trépigne d’impatience, et dès que les lumières s’éteignent, c’est un rugissement qui monte dans la salle, il semblerait bien qu’avec cet « uncivilized », le groupe ait franchi une nouvelle étape dans l’appréciation par le grand public (restons modestes, disons déjà que l’audience continue de s’agrandir au fil des mois), et chaque intro verra les cris et hurlements (de joie) se multiplier à tous les niveaux. Part belle sera faite à ce dernier album, avec un départ sur worries suivi de around, et on aura droit à une set-list se rapprochant furieusement de celle du Trabendo !
Pourtant, on est très loin de la redite, car indépendamment des problèmes techniques, le son est globalement plutôt bon, on distingue bien les divers instruments, et les spectateurs, même déchaînés, laissent toute leur place à la musique. Le stage diving ne fait d’ailleurs pas tout de suite son apparition, et ne sera pas non plus totalement envahissant, ce qui est appréciable, on verra même le claviériste s’offrir sa petite plongée à l’occasion, preuve de la bonne ambiance et de la confiance qui règnent entre public et musiciens. À mon sens, les meilleurs titres seront d’ailleurs issus du dernier album, de midlife crisis à uncivilized, en passant par assassination, des titres qui alternent montée en puissance et accélérations brutales, les sons de clavier (on s’y fait, je vous le dis !) font partie intégrante du son du groupe, et prennent ce soir une place prépondérante (on parlait d’une bonne acoustique…), et comme toujours la guitare de Nicus (ah, ce beau t-shirt « 1 2 X U » !) est présente pour acidifier le tout. Fabrice, le chanteur, est la pierre tournante de l’ensemble, même s’il sait se mettre en retrait à l’occasion, il possède suffisamment de charisme et une voix trop particulière pour qu’on l’oublie après l’avoir vu/entendu sur scène…
9 des 12 titres de « uncivilized », donc, mais les anciens titres ne sont pas jetés au rebut, on retrouve toujours no trouble ou for them no premises, et on a même droit à un relooking de full of sorrow, suffisamment réussi pour qu’on ne reconnaisse pas le titre ! Les 54 minutes de set se terminent classiquement, sur un too many questions qui emporte tout sur son passage, mais on sent lorsque le groupe quitte la scène qu’il ne va pas tarder à revenir…
Effectivement, il ne se passe que quelques secondes avant de voir Fred et les siens remonter sur scène (c’est une image, ils redescendent les escaliers), entamant ce rappel avec un tout nouveau titre, qui se glisse sans difficulté aux côtés de ses prédécesseurs, avant de déchaîner la tempête de blind (peut-on imaginer un concert de Frustration sans blind ?), et on finit étonnamment par dying city, un titre presque dansant, après 70 minutes sacrément bien remplies…
Les lumières commencent à se rallumer, la salle se vide tranquillement, mais en fait rien n’est fini, puisque le groupe revient in extremis, pour nous offrir une dernière pépite, un faster comme on les aime, et c’est donc finalement après 75 minutes que nous pouvons quitter les lieux, les oreilles remplies de bonnes choses (mais non bourdonnantes), et en attente (déjà) de la prochaine opportunité de concert de Frustration : le 24 octobre avec les Buzzcocks, ça c’est fixé, mais si on peut en avoir une portion avant, genre en festival début juillet, on n’hésitera pas !
Set-list presque complète :
- Worries
- Around
- For Them No Premises
- As They Say
- Midlife Crisis
- It's gonna be the same
- Premeditation
- Just wanna hide
- Uncivilized
- We miss you
- No Trouble
- Assassination
- Angle grinder
- Too Many Questions
- Rappel : Nouveau morceau
- Blind
- Dying City
- Rappel 2 : Faster
La suite, c’est ce vendredi, au même endroit, avec les 5.6.7.8’s.