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l'ayatollah du rock
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16 février 2012

[the Subways] obsession

Date : 16 février 2012

 

Je ne gardais jusqu’à présent pas forcément un bon souvenir de l’Alhambra, ou plus précisément de ses videurs, dont l’arrogance n’avait d’égale que la bêtise, mais foin de ces craintes en ce jeudi soir, l’accueil est normal, limite cordial, et tout se déroulera tranquillement, le public très enthousiaste ne se verra jamais rappelé à l’ordre par des cerbères plutôt conscients de l’atmosphère bon enfant qui règnera jusqu’au rallumage définitif des lights...

 

On s’aperçoit tout de même en arrivant sur place que les horaires annoncés sur le site de la salle sont loin d’être tenus, puisque si le concert est censé démarrer à 20h30, je n’assisterai qu’à une dizaine de minutes de la prestation de The Dancers en arrivant à 20h28, ce qui laisse deux possibilités : soit le groupe n’avait droit qu’à 12 minutes de première partie, ce qui semble tout de même improbable, soit il a démarré aux alentours de 20h10... Dans tous les cas, il ne me faut que peu de temps pour constater que le “Pop-Rock” du trio français (chant exclusif en anglais, a priori) est très apprécié par le public, qui doit particulièrement priser le côté dansant et fun du groupe. personnellement, sans aller jusqu’à détester ce que j’entends, cela me traverse les oreilles sans vraiment s’y arrêter, sans doute pour les mêmes raisons... Et si d’aucuns manquent d’arguments pour donner une explication valable à leur engouement, peut-être simplement cela tient-il à la présence d’une bassiste d’allure sympathique, dont la vue doit permettre d’enjoliver la musique...

 

Heureusement, il ne faut pas longtemps, juste le temps de passer par la case bar peu onéreuse (c’est à noter !), avant que les lumières s’éteignent, que retentissent les douloureuses sonorités des chariots de feu de Vangelis, et que les deux gyrophares bleu police se mettent en branle, et qu’arrivent sur scène les trois membres de The Subways, un Billy aux cheveux toujours bleus au chant et à la guitare, une Charlotte éternelle à la basse, et un Josh en survêtement derrière sa batterie. Et ça commence très vite très fort, avec un holiday de derrière les fagots, et comme ça enchaîne directement avec oh yeah, l’un des tubes du premier album, qui permet à la fosse de prendre 10 degrés supplémentaires, qui ne redescendront jamais pendant les 75 minutes que durera ce set. On sent que Billy (et ses comparses, à un degré moindre, peut-être) est très heureux d’être à Paris, la tournée européenne 2012 commence d’ailleurs ici ce soir, et Charlotte et lui n’hésiteront jamais à utiliser les quelques mots de vocabulaire français qui font partie de leur répertoire, au grand plaisir (évidemment) du public assez jeune qui garnit une salle qui, si elle n’affiche pas complet, n’en est pas très loin... Etonnamment, on a la sensation d’assister à un concert à la set-list équivalente à celui d’il y a peu à la Maroquinerie (Billy rappellera que cela fait 4 concerts à Paris en quelques mois...), mais le décompte final montrera de grandes différences, tant dans l’ordre des titres que dans la composition du set : exit donc young for eternity, at 1 am ou encore popdeath, et retour de titres tirés des trois albums, tel ce holiday d’ouverture ou le glorieux kalifornia. Si la plupart des morceaux ont tendance à ne pas vraiment évoluer d’une tournée à l’autre, on constate que certains titres commencent à évoluer par bribes, qu’il s’agisse d’intros ou de parties à l’intérieur du titre, et rien que cela aboutit à une impression de fraîcheur renouvelée ! La participation des spectateurs est activement demandée, voire exigée, et chacun s’y plie avec une bonne volonté évidente, qu’il s’agisse de frapper dans les mains, de jumper, ou plus encore de créer le plus grand circle pit jamais vu à Paris : le public s’exécute à vitesse grand V, Charlotte érigée en juge ne peut en exiger davantage, et turnaround peut ainsi reprendre là où il avait été interrompu. Les trois albums sont presque également représentés, mais c’est bien le premier qui rend folle la fosse, avec ses innombrables bombes tubesques, sur lesquels Charlotte se défoule encore plus (si, c’est possible !), agitant sa crinière et sautant partout avec une envie manifeste ! Certains regretteront que le concert semble parfaitement calibré (1 heure pile avant le rappel, c’est quasi millimétré !), il n’empêche qu’on sent que le groupe vit pour la scène, et rien qu’à voir le batteur s’amuser derrière sa batterie guère imposante (une seule cymbale, deux toms, une grosse caisse, guère plus que cela), on peut estimer que les sourires quasi permanents sur les visages de ses deux comparses de l’avant-scène ne sont pas feints. En guise d’ouverture de rappel, Billy revient seul avec sa guitare, pour nous offrir un très beau lostboy pas joué depuis des années, et les explications en introduction des morceaux sont souvent drôles, et rarement longues, ce qui ne coupe pas la dynamique du concert. On s’y attendait, le final s’effectue sur it’s a party, cela risque de devenir un classique, et cela est l’occasion pour le chanteur-guitariste de montrer son sens de l’inspiration : constatant que de nombreux spectateurs (et –trices, pour le coup) usent et abusent du stage diving, il abandonne sa guitare à son backliner, disparaît en coulisses pour réapparaître à l’étage supérieur, prêt à se jeter dans la fosse depuis le premier étage... Le temps de compter jusqu’à trois, et le saut de l’ange est habilement rattrapé par une forêt de mains qui ne l’auront pas abandonné (heureusement pour lui, au passage), et il peut ainsi reprendre le fil du concert, qui s’achève dans le bonheur total, puisqu’il ne se trouve pas un spectateur pour émettre le moindre sifflet lorsque le groupe quitte la scène et que les lumières se rallument immédiatement. En effet, chacun a fait à merveille sa part du travail, le groupe a joué comme toujours de manière parfaite pour un concert, le public s’est beaucoup démené, et c’est sur cet équilibre que chacun peut tenter de sortir de la salle (le passage devant le merchandising puis devant le vestiaire est un poil encombré), avec la promesse du groupe de revenir très rapidement à Paris : on les croit, on y croit, et on reviendra sans aucun doute !

 

Presque 3 semaines de pause avant le retour des Fall de Mark e. Smith, au Bataclan ce coup-ci.

 

Set-list :

 

    1. Holiday
    2. Oh Yeah
    3. I Wanna Dance With You
    4. Obsession 
    5. Like I Love You
    6. Alright
    7. All or Nothing
    8. Mary
    9. Kalifornia 
    10. We Don't Need Money to Have a Good Time
    11. Rock & Roll Queen 
    12. Shake! Shake! 
    13. I Want to Hear What You Have Got to Say
    14. Kiss Kiss Bang Bang
    15. Celebrity 
    16. With You 
    17. Turnaround 
    18. Rappel : Lostboy 
    1. This Is the Club
    2. It's a Party
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