[the Raveonettes] evil seeds
Date : 7 juin 2011
La Machine n’est pas loin d’afficher complet en ce mardi soir, avec un public assez varié, assez jeune, voire très jeune avec accompagnateurs, et on se demande parfois où se trouve la limite entre chaperons et garde-chiourmes...
Il ne faut pas attendre longtemps avant de voir arriver sur scène un trio danois féminin, Giana Factory, composé d’une guitariste, d’une chanteuse munie d’une batterie électronique assez minimaliste, et d’une claviériste-bassiste. Si l’on en croit leur myspace, elles pratiquent assidument le “Folk / Live Electronics / Post-punk”, mais en dépit de sonorités pas désagréables, on a du mal à trouver la moindre once de post-punk dans cette musique, qui pourrait évoquer un Bat for Lashes en beaucoup plus synthétique... Bien sûr, cela s’assombrit de temps à autres, pour des titres alors plus intéressants, mais dans l’ensemble tout cela est bien trop électronique, et cette petite quarantaine de minutes manque cruellement d’âme...
En septembre 2007, je n’avais suivi que mon instinct pour aller prendre une énorme claque à la Maroquinerie avec the Raveonettes, découvrant sur scène le duo (alors trio) danois qui avait alors rappelé pas mal de références évidentes et tout à fait avouables, et depuis lors je n’avais pas vraiment suivi le groupe, en dehors d’un 45T pas forcément enthousiasmant, et de l’écoute de vieux albums (2002, 2003) sympathiques mais ne cassant pas non plus la baraque. Ce soir, le groupe va nous présenter l’essentiel de son nouvel opus, “raven in the grave”, avec rien moins que 8 des 9 titres, dont d’ailleurs le morceau inaugural, recharge & revolt, qui propose le duo classique Sharin/Sune, accompagné de deux guitaristes, le chanteur Sune Rose Wagner lâchant pour l’occasion sa guitare pour se consacrer au chant, d’ailleurs largement noyé sous le déluge de guitares et la batterie électronique enregistrée... On aurait presque le sentiment d’entendre Robert Smith accompagnant the Jesus & Mary Chain, et cette impression se confirme sur le deuxième titre, même avec l’un des guitaristes qui va s’occuper de la batterie (largement électronique) pendant que Sune reprend la guitare... Cette idée de Cure avec un mur de guitares s’éloignera au fil du set, surtout à partir du moment où Sune et Sharin poseront ensemble leurs voix, et également lorsque ce seront deux batteurs qui joueront ensemble, pour des titres à la fois martelés et pleins de JMC, comme les excellentes versions de dead sound et noisy summer qui se succèdent. La réverb’ reste omniprésente au niveau de la voix du chanteur, mais cela ne gêne rien ni personne, et au fur et à mesure on finira par ne plus se rendre compte du nombre de batteurs en place, tant le set est carré, rôdé (il n’y a pas vraiment de place laissée à l’improvisation, la set-list ne varie pas) et surtout fait preuve d’une unité extraordinaire : difficile pour le novice de différencier les titres anciens des nouveaux, tout est d’un tel niveau (musical et sonore, il faut bien le dire) qu’on se laisse emporter sans vraiment réfléchir. En touchant à des titres très anciens, on a parfois une légère impression de tranquillité (the love gang, 2003), mais cela n’est qu’une ruse avant de replonger dans le bruit et la fureur, tel l’incontournable et grandiose attack of the ghost riders... Les morceaux s’enchaînent assez vite, ne s’éternisent pas vraiment, ils ont la durée juste pour atteindre leur summum sans jamais verser dans l’ennui, et si le dernier titre my time’s up démarre comme une ballade, il se conclut comme un genre de slow hyper-brutal, histoire de ne pas laisser l’illusion que le groupe s’endort sur ses lauriers !
Juste le temps de respirer une minute, et revoilà le quatuor, pour un morceau sans basse, Sharin se consacrant au chant sur forget that you’re young en évoquant même légèrement Allison Shaw (Cranes) avec une voix assez haut perchée. Pour le final, Sharin échange sa basse avec le guitariste, pour un final pandémoniaque conforme à l’ensemble de la prestation, et si les 17 titres n’ont débouché “que” sur 72 minutes de concert, il va sans dire que chacun repartira chez soi avec la certitude d’un moment totalement réussi, avec un groupe qui continue à offrir le meilleur à son public, et que l’on conseille fortement d’aller voir sur scène !
Set-list
- recharge & revolt
- war in heaven
- let me on out
- dead sound
- noisy summer
- love in a trashcan
- lust
- apparitions
- evil seeds
- ignite
- the love gang
- my tornado
- attack of the ghost riders
- heart of stone
- my time’s up
Rappel
- forget that you’re young
- aly, walk with me
Quelques jours de calme, avant l’un des derniers concerts de Holy Curse, le 17 juin à la Java.