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l'ayatollah du rock
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17 mai 2011

[Louis Lingg and the Bombs] going nowhere fast

Date : 17 mai 2011

 

Cela faisait bien longtemps (près de 2 ans et demi) que je n’avais pas mis les pieds à la Miroiterie, et on ne peut pas dire que les lieux aient changé le moins du monde en ce mercredi soir : en dépit des menaces qui pesaient – et pèsent toujours – sur l’occupation (illégale), il y a toujours des concerts, même si l’acoustique n’a toujours pas été améliorée, ce qui de toute façon semble impossible, vu la configuration de la salle…

 

Quasiment à l’horaire prévu, c’est Kemp qui ouvre les hostilités : un trio quasiment formé le jour même, avec des musiciens issus de groupes différents, et un résultat au-delà de nos (minces) espérances… Car si l’atmosphère générale est au hardcore, de manière pratique on est loin des clichés du genre, puisqu’on trouve d’entrée des variations de rythmes, tant dans la basse que dans la batterie, et que l’humeur n’est pas forcément au “aller le plus vite possible”. Ces changements sont accompagnés de sonorités plutôt étonnantes, une belle part est laissée à la basse, et la guitare ne tricote pas plus que ça, ce qui se verra largement sur la reprise très honnête quoique parfois minimale du holiday in cambodia (Dead Kennedys), dont la structure est respectée tout en se permettant de raccourcir ou au contraire d’allonger certaines parties, ce qui étonne un brin mais n’est en rien blasphématoire ! Les voix sont gérées pour une bonne part par le batteur (grosse voix, cri rauque), mais également par le guitariste, ce qui permet également de varier les choses et d’offrir une diversité bienvenue, et si je ne peux reconnaître la reprise de McLusky interprétée ce soir, elle démontre que la variété d’influences du groupe est grande, et si le set est très court (une vingtaine de minutes tout au plus), il est vraiment très intéressant et excitant, et donne une sacrée envie d’en reprendre un peu plus !

 

Ce qui suit change presque totalement la donne, puisque les Barbie Punk ne sont que deux (guitare+basse), accompagnés d’une antédiluvienne boîte à rythmes qui est très largement sous-utilisée sur les premiers titres, ce qui laisse perplexes les spectateurs, puisqu’il manque clairement du rythme dans ce cas... Mais après avoir réclamé les services du préposé au son, les choses s’arrangent, et on peut bien mieux entrer dans le monde légèrement daté 80’s, option Béru par exemple, mais cela n’en est en rien une pâle copie : le chant est particulier, avec un timbre qui m’évoque parfois celui de Dominic Sonic (et pourtant, il n’y a pas grand chose de commun, peut-être ai-je déjà atteint mon seuil d’ébriété), il y a de l’inventivité dans la reprise, ou justement dans la non-reprise, puisque c’est plutôt un complément intéressant du i wanna be your dog qui nous est offert, tout en conservant le morceau original en toile de fond... On n’est pas dans le techno-punk, ni dans la cold-wave, juste dans un minimalisme assez bien vu, avec un chant assez compréhensible, ce qui n’est pas toujours gagné ici, et si la foule ne rentre pas totalement en transe, les spectateurs sont suffisamment intéressés pour ne pas quitter la salle avant la fin du set : à revoir, dans d’autres conditions... ou les mêmes, au choix !

 

Le public en revanche ne se pose pas de question au moment où Louis Lingg & the Bombs arrive sur scène : sachant que la balance sera réduite à sa plus simple expression, le set démarre quasi-immédiatement, dans un délire anarcho-pop assez invraisemblable, puisqu’on se demande déjà comment les six membres du groupe tiennent ensemble sur la scène étroite (le batteur est coincé, la claviériste également, c’est tout comme pour le bassiste, et les deux guitares et la chanteuse se partagent l’avant-scène, Josh le leader-chanteur-guitariste se permettant en fin de programme d’aller dans la fosse pour libérer de l’espace pour ses petits camarades...) ! Comme souvent, il y a eu de l’évolution, à la fois dans la composition du groupe et dans les morceaux, qui changent d’un concert à l’autre, et ce n’est pas dû uniquement aux conditions acoustiques variables : ce soir, les titres sont accélérés, il y en a même quelques uns de nouveaux, et les changements de rythmes sont ici aussi légion, on alterne du punk “de base” à des titres plus dansants, et en permanence rejaillit la sensation que les musiciens sont heureux d’être sur scène, tant les bananes sont immenses sur chacun des visages (sauf peut-être aux claviers...). Résultat, les titres ne s’enchaînent pas le moins du monde, même si le contraire était parfois prévu, puisque le gentil bordel régnant sur scène, couplé à la propension de Josh à discourir entre les morceaux, empêchent toute possibilité de rester dans un format bien cadré et rigide, ce à quoi personne ne s’attend d’ailleurs : les spectateurs, conquis d’avance, attendent avec envie les interprétations de burn it down ou anarchist, et que dire de chomsky changed my life ! Comme la dernière fois que je les avais vus (cela remonte à la première partie de SLF, il y a un an), on a même droit à un genre de hip-hop punk, avec un phrasé haché qui finalement s’ingurgite sans déplaisir, l’apocalypse ne cessant qu’au riff ultime du concert, qui aura permis à certains de faire la découverte de la soirée, pendant que les autres auront été confortés dans leur certitude : on peut faire du punk de manière fun, sans se prendre la tête, et avec un talent indéniable, tout en persistant à jouer dans les squats !

 

En revanche, je ne m’étalerai guère sur le groupe suivant, puisque The Black Stout (un nom qui fait pourtant rêver !) est trop inspiré par Rancid (au hasard) pour m’intéresser vraiment, la voix hyper agressive de la chanteuse me rappelant également The Distillers, une référence pour beaucoup mais le groupe de Brody Dalle ne m’ayant pas vraiment touché lorsque je l’ai vu sur scène, il me semble logique de ne pas non plus accrocher au set de ce soir... Cela permet de se reposer un poil les oreilles, avant le dernier groupe de la soirée !

 

Dans la série '”je ne les avais pas vus depuis longtemps”, je voudrais les Marie Salope, qui officie ce soir en trio de type quatuor, après avoir un temps testé un nouveau guitariste, une nouvelle chanteuse, toutes expériences que je n’aurai pu ainsi tester... Retour à la base, donc, avec le trio basse-batterie-guitare de départ, qui aurait aussi bien pu se nommer les Marie Trintignan ou les MSK, accompagné sur quelques titres d’un harmoniciste-percussionniste, ce qui apporte une nouvelle dimension aux titres déjà connus et permet de donner des indications (peut-être fausses, qui sait ?) sur la direction suivie dans l’optique de l’album en cours d’enregistrement : ma bonne dame, c’est du punk de bonne facture qui nous est offert, avec des paroles acides (que l’on ne comprend malheureusement qu’assez peu ce soir), emmené par un guitariste à l’arrogance bien placée dans un deuxième degré très drôle, et l’énergie qui existait déjà sur le EP précédent est confirmée, on joue vite, fort et avec un plaisir non dissimulé, et le pogo quasi ininterrompu reste assez festif, contrairement aux idées reçues. Il y a une aide féminine aux chœurs sur un titre, et également un épisode pour le moins étrange et qui semble plutôt imprévu (une nana grimpe sur scène et se désappe entièrement, sans pour autant que cela perturbe le jeu des musiciens !), mais un regret persistera longtemps après la fin du set : pour cause d’oubli du programmateur, les Marie Salope sont obligés d’abréger leur set (il faut arrêter avant 23h30 et non avant minuit !), ce qui empêche de satisfaire totalement son plaisir, mais donnera une double envie : celle de retourner le plus tôt possible voir le groupe, et celle qui concerne le futur album, qui devrait confirmer la qualité du groupe sur longue durée, on attend maintenant les dates prochaines à ce double propos !

 

Mardi prochain, direction le Nouveau casino avec le retour d’Art Brut.

 

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