[Sheeduz] girls drumming
Date : 8 janvier 2011
Une salle des Combustibles bien remplie en ce samedi, soir, avec un thème “Drums & girls” qui donne le ton : chacun des groupes qui jouera ce soir comporte une batteuse. Mais on s’apercevra rapidement qu’il n’y a pas vraiment d’autre rapport entre les 3 combos, qui œuvrent dans des styles pour le moins éloignés...
Si on prend par exemple Tassell, le quintet d’allure jazzy qui ouvre les hostilités, il comporte effectivement une batteuse, mais aussi un contrebassiste, deux claviers et un chanteur, ce qui change du basse/guitare/batterie auquel je suis plus habitué... Le chanteur, en petit gilet rouge et lunettes noires et rondes, possède une voix assez particulière, adaptée au “Acoustique / Chansons populaires mélodramatiques / Lyrique” annoncé, et l’allure générale peut évoquer un genre de Bryan Ferry, sans qu’on soit du tout dans le même univers crooner. En effet, c’est plus souvent Elvis Costello qui me semble pris en référence, voire l’aspect le plus jazzy de Joe Jackson, dans tous les cas on se rend compte que l’ambition du groupe de ne pas céder à la facilité artistique se traduit par un univers qui lui est propre. Et si cela ne correspond pas vraiment à mon genre musical de prédilection, la façon d’assumer cette style est louable, et le public ne réagit de fait pas trop mal, ce qui n’est pas gagné d’avance en regard des groupes qui vont suivre...
Car les The Bree van de Kamp’s sont très éloignés de l’ambiance précédente, puisque leur “Alternatif / Concrète / Rock” est vraiment orienté Rock, avec un côté noise évident qui se mâtine parfois de sonorités que l’on pouvait retrouver chez les Noir Dez, par exemple... Très actif sur la toile, de manière parfois humoristique, on ne s’attend pas vraiment à affronter une telle densité sonore lorsque le groupe prend d’assaut la scène, et la transition est brutale, même si le passage d’une ambiance “jazzy” (pour faire rapide) à une ambiance “gros rock” (pour continuer rapide) ne semble guère déranger les spectateurs, qui restent bien présents et appréciateurs de ce qui leur est proposé ! Bien sûr, on peut parfois estimer qu’il y a un côté légèrement répétitif dans le set, mais globalement c’est une bonne découverte, qui donne envie de retester dans d’autres conditions (l’acoustique des lieux reste tout à fait correcte, mais mon attention n’était pas optimale...) !
Les héroïnes de la soirée (un article très positif dans le supplément parisien de Télérama, c’est appréciable !) nous proposent un set mélangeant anciens titres et morceaux à venir sur le futur 2e album, attendu avec impatience. Le “Rock” des Sheeduz est toujours (de plus en plus ?) efficace, les nouveaux morceaux s’insèrent tranquillement au milieu des anciens, ceux-ci ont d’ailleurs rajeuni, avec l’insertion de parties de basse pour certains (qui font d’ailleurs ressentir un manque sur les titres qui en sont dépourvus), histoire de bien gonfler un son qui n’avait pourtant rien d’anémique jusque là... Le groupe enchaîne les titres, il n’y a pas de temps à perdre, et l’état de santé fébrile de la chanteuse ne se ressent pas outre mesure, ce qui est bon signe ! On aurait aimé que le set se prolonge au-delà du tout petit rappel, mais ce sera sans doute pour une autre fois, laissons-les finir l’album, il sera temps ensuite de roder les nouveaux morceaux lors de concerts un poil plus longs...
Mercredi, c’est l’occasion d’aller tester la nouvelle mouture d’Oscar Matzerath à la péniche El Alamein.