[Murphy's Law] party in paris
Date : 9 août 2007
Il fait froid, Paris-Plage est vide, ce qui évite aux vacanciers de s'effrayer au passage des hordes de rockers, psycho, skinheads, tous plus tatoués les uns que les autres, et qui amènent leurs trognes menaçantes jusqu'au Batofar : de quoi faire un vrai reportage sur TF1... en oubliant que la soirée se déroulera dans le calme et sans violence aucune !
Ça commence par les Américains de Crushing Caspars, qui font dans un hardcore totalement caricatural (deux grosses guitares hyper-métal, grosses voix, bassiste en démonstration de contorsionniste...), jusqu'aux slogans anti-racistes et anti-fascistes qui ne motivent guère le chaland... On frise parfois le rap-métal, et le chanteur manque de s'arracher le bonnet (par manque de cheveux) en s'apercevant que si les spectateurs sont prêts à rendre hommage à Joey Ramone, ils sont en revanche totalement froids devant Dimebag Darrell... Heureusement, la glace finit par fondre, et si la musique reste bien trop métal à mon goût, le second degré employé par le chanteur permet de ne pas garder un trop mauvais souvenir du groupe !
Ce ne sont pas des petits jeunes qui enchaînent sur scène, à peine 1/4 d'heure plus tard, les Murphy's Law frisant tous la quarantaine, s'accordant avec la majeure partie du public... Là, on n'a qu'un guitariste, le chanteur ayant suffisamment à s'occuper... Pensez : en dehors des paroles des chansons (son emploi principal, tout de même), le bonhomme passera beaucoup de temps à échanger avec le public, avec les slammeurs grimpés sur scène, jusqu'à leur laisser le micro en les forçant à chanter ce qu'ils veulent, dans une bonne ambiance étonnante, et avec des moments totalement hilarants ! Côté musique, le hardcore est bien plus roots que pour la première partie, rappelant plus du punk que du métal, avec des musiciens parfois très limite dans leur jeu (apparemment, ce n'est que leur 3e concert ensemble, et ça se sent, spécialement au niveau du guitariste), avec quelques morceaux reggae, dont la reprise de skinhead girl, et l'énergie du groupe est vraiment appréciable, ne s'emberlificotant pas dans des successions de solos ni dans des attitudes trop marquées... On a même droit à un rappel visiblement imprévu, puisque le groupe revient pour empêcher le public de sortir, afin de laisser les pompiers évacuer un jeune crétin s'étant ouvert le crâne en effectuant un saut périlleux pas contrôlé... Comme le dit si bien mon voisin : "encore un qui ne dormira pas chez lui cette nuit!"... Bref, un concert excellent, qui réconcilie grandement avec le hardcore trop souvent sérieux et prise de tête !
Demain, on change de style, avec le retour des Models à la Flèche d'Or.