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l'ayatollah du rock
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28 octobre 2023

[Usé/Badaboum] samedi soir

Date : samedi 28 octobre 2023

 

En ce samedi soir pluvieux, le Trabendo va prendre le temps de se remplir, cela impliquera que la première partie jouera devant une salle encore loin d'être bondée, mais par la suite les choses s'arrangeront assez vite, et si la soirée n'a pas affiché complet, cela a dû se jouer à une ou deux places près...

 

C'est Noir Boy George qui entame donc la soirée, on suppose qu'il y a eu un tirage au sort entre les quatre groupes à l'affiche, c'est donc le chanteur seul derrière ses machines qui pâtira d'une assistance encore peu nombreuse, et qui entame avec quelques mash-ups musiques-extraits de films, avant de nous proposer ses morceaux, aux thèmes tous plus sombres les uns que les autres, sur des sonorités extrêmement synthétiques, et c'est bien là que le bât blesse pour moi : si les textes me parlent, la musique m'est difficilement supportable, ou en tout cas m'empêche de rentrer totalement dans le set qui nous est présenté. J'assiste donc à la grosse demi-heure avec l'envie que cela me plaise, sans réussite, mais comme Noir Boy George bénéficie d'une fanbase qui connaît ses morceaux par cœur, nul doute qu'une bonne partie du public aura apprécié cette mise en bouche.

 

On n'est finalement pas si éloigné avec Usé, puisque c'est encore un chanteur seul derrière ses machines qui est en place, mais pour le coup c'est bien plus vivant et explosif. En effet, Nico s'appuie sur les musiques balancées par son laptop pour s'acharner en mode percussif sur ses cymbales, sa guitare à plat et tout ce qui peut supporter ses coups de massue, et cela reste toujours aussi impressionnant, visuellement comme physiquement puisque l'on ressent vraiment les coups, le chanteur n'hésitera d'ailleurs pas à taper carrément avec son micro sur le sol ou les cymbales. Les textes sont moins sombres que ceux de Noir Boy George, plus délirants sans doute, voire même simplement des justificatifs à la musique, et si les morceaux sur lesquels Nico se contente de chanter en se touchant avec le micro (marilou, danser un slow avec un flic) retiennent moins l'attention, ils sont le moyen pour le chanteur de reperdre quelques forces avant de retourner marteler (efficacement et sans jamais perdre le rythme) tout ce qui se trouve sous ses baguettes, afin de mettre en valeur amphétamine ou elle seule. Et si les 40 minutes se terminent sur du Michael Jackson, on pardonnera ces deux minutes eu égard aux 38 précédentes, qui ont confirmé tout le bien qu'on pense depuis longtemps des performances scéniques d'Usé.

 

On avait déjà vu Maria Violenza sur scène à la Marbrerie l'an passé pour le festival Sonic Protest, sans être vraiment convaincu par la performance de la petite Italienne derrière ses machines et ses divers instruments, et très rapidement je vais comprendre que ce n'est pas encore ce soir que je vais succomber à sa musique. Pourtant, sur le papier, il y a tout pour me plaire, avec des sonorités qui ne sont pas uniquement électroniques, avec les riffs de guitare ou de basse qui appuient un chant puissant et des rythmes a priori faits pour moi, mais c'est sans doute le temps mis à monter toutes les boucles (de guitare, de basse, de clavier, rythmiques même), sans que la tension monte dans le même temps, qui me font perdre le fil des morceaux, et quand ceux-ci sont enfin en place je ne rentre pas dans la transe, contrairement à la majorité des spectateurs. Je suis conscient de manquer quelque chose, mais tant pis, du moment que d'autres musiciens réussissent à m'emmener dans leur univers, je me passe de Maria Violenza, comme je passe à côté d'autres incontournables...

 

Par exemple, en venant ici ce soir, je savais que je ne serai pas déçu par Badaboum, le trio féminin basse-batterie-clavier réussissant toujours à me convaincre du bien-fondé de ma présence dans la salle de concert. On le sait, les trois musiciennes vont passer leur temps à changer de poste, c'est visuellement toujours efficace, et cela ne se ressent pas dans la qualité des morceaux, on sent simplement quelques différences dans les jeux de batterie entre Carine, Solène et Armelle, idem pour les parties de basse, et les sonorités du clavier donnent souvent un aspect un peu gothique aux musiques, que l'on peut trouver mâtiné d'influences 80's à la X-Mal Deutschland (j'y tiens) ou Kleenex-Liliput. Cela tient peut-être au chant (partiellement en allemand, partiellement en italien, partiellement en français), qui tient plus de l'instrument supplémentaire que de la machine à textes intelligibles, mais quand on voit les trois musiciennes extrêmement détendues (quand on joue en dernier, le risque existe de boire un peu trop en attendant de monter sur scène), on est totalement conquis par cette impression de je-m'en-foutisme sympathique, car elle s'accompagne d'un réel savoir-faire, les morceaux sont bien écrits, bien construits, et si certaines fins sont un poil abruptes, on se régale à chaque fois que le groupe est sur scène. Alors une nouvelle fois, on regrette un brin que cela ne dépasse pas les 35 minutes, mais cela n'empêche pas de quitter les lieux avec le sentiment d'avoir passé une très bonne soirée, dans une très bonne ambiance, et en étant très content qu'autant de monde se soit déplacé pour ces quatre groupes plutôt en marge des salles classiques habituellement.

 

La suite, pour terminer le mois d'octobre, ce sera mardi à la Boule Noire avec Mary Bell.

 
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