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l'ayatollah du rock
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27 février 2023

[Aqua Tofana/Trholz] pas de mascarade

Date : lundi 27 février 2023

 

Un lundi soir, au milieu des congés scolaires, on se dit que l'International ne va pas faire le plein, et à l'heure (20h00) où sont censés démarrer les concerts, on n'est effectivement pas très nombreux. Mais c'est à ce moment précis que les spectateurs vont arriver en masse, ce qui permettra à la salle de concert en sous-sol d'être quasiment complète d'un bout à l'autre de la soirée...

 

C'est le trio parisien Aqua Tofana qui prend un peu les spectateurs de court, puisque la bassiste arrive sur scène et trifouille ses pédales, on se dit qu'il s'agit simplement des derniers réglages, mais elle est rapidement rejointe par ses ceux comparses (guitare-voix et batterie), et c'est le premier morceau qui s'ensuit, ce qui accélère le processus de descente d'escaliers des retardataires... Ce soir, c'est bien en mode trio que le groupe opère, il n'y a pas de clavier, contrairement à ce qu'on aurait pu croire après le passage du groupe - en version quatuor - chez Konstroy en début de mois, cette version complète n'étant prévue que pour début avril. Et si certains avaient des doutes sur l'aspect pêchu et punk du groupe avec la version acoustique de chevalier qui avait alors été interprétée en semi-acoustique, ce soir on a droit à du rentre-dedans bien comme il faut, qui n'empêche pas de comprendre les paroles (hormis les difficultés acoustiques connues de la salle), et les spectateurs (et spectatrices, d'ailleurs probablement largement majoritaires ce soir) apprécient largement ce qui est offert, ce qui peut se comprendre tant on sent que le groupe prend d'assurance et d'efficacité, concert après concert. On pourra d'ailleurs en avoir la preuve en toute fin de set, puisque la chanteuse-guitariste cassera pas moins de 3 cordes en trois morceaux, sans que le public s'en rende particulièrement compte, et surtout sans que ses acolytes s'en trouvent décontenancées, il y a une confiance en soi qui habite les musiciennes qui devrait leur permettre de continuer à évoluer et attirer un public de plus en plus nombreux, c'est en tout cas tout ce que l'on peut leur souhaiter après ces 35 minutes lors desquelles elles ont à mon sens encore franchi un cap, par rapport à la dernière fois que je les avais vues (et appréciées) il y a 4 mois à l'Ess'Pace !

 

On change radicalement de style avec le quatuor qui suit : Péridurale fait dans le "grunge/garage/stoner", autant dire un univers très éloigné du mien, et ce n'est pas ce soir que je vais succomber à ce genre. Le groupe s'appuie sur un trio féminin guitare-basse-batterie, et sur un chanteur-guitariste qui, il faut bien l'avouer, prend un peu toute la lumière sur scène, puisqu'outre le fait de chanter-hurler seul, ses parties de guitare sont largement plus audibles que celles de sa comparse, que l'on apprécie pourtant bien mieux lorsqu'on les perçoit, puisqu'elles amènent un aspect un peu cristallin qui ne fait pas de mal. Les morceaux exécutés sont assez courts, et ne s'enchaînent pas forcément très rapidement, ce qui fait que cette petite demi-heure, si elle ne correspond pas vraiment à mes goûts, n'est pas non plus une période de douleur intense, c'est juste un peu décalé par rapport au reste de la soirée...

 

Car on revient rapidement au côté punk de la force avec le dernier groupe, la tête d'affiche s'il en faut une : Trholz vient de Toulouse, et le quatuor entièrement féminin (et féministe) sait y faire pour enthousiasmer ses suiveuses, à grands coups de textes incisifs et percutants qui réinventent le riot punk, pas uniquement en français d'ailleurs, mais comme chaque titre est expliqué en amont, il n'y a guère de doute sur le fond. Le morceau emblématique du groupe crève le patriarcat arrive assez tôt dans la set-list, il permet de chauffer le public pour la suite, qui va continuer à s'attaquer au patriarcat sous toutes ses formes, à commencer par la présence des filles dans la fosse et au premier rang. Mais n'allez pas croire qu'il ne s'agit que d'un meeting féministe, loin de là, puisque le trio guitare-basse-batterie qui entoure la chanteuse nous propose des compos très efficaces, qui accompagnent superbement un chant oscillant entre agressivité et finesse, qui ne laisse personne indifférent. Et si globalement la prestation n'est pas placée sous le signe de la franche rigolade, on est ici au cœur de sujets très sérieux, le groupe termine ses 55 minutes de set par un morceau bien plus léger, puisqu'il s'agit ici d'opposer les chocolatines et les pains au chocolat (ou comment relancer les guerres en pays d'oc et d'oïl...). Si je n'avais pas été totalement convaincu à l'Ess'Pace fin octobre, ce soir dans une soirée moins ouvertement militante les Trholz m'ont bien plus bluffé, et je comprends d'autant mieux que les premiers rangs aient été aussi denses !

 

La suite, ce sera ce vendredi au Rosa Bonheur avec Jo Dahan, puis samedi à l’Élysée avec les Wampas.

 
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