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l'ayatollah du rock
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14 septembre 2022

[Protomartyr] night without end

Date : mercredi 14 septembre 2022

 

C'est mercredi, les places pour la Maroquinerie se sont vendues très rapidement, c'est donc complet, avec un public qui va s'avérer bien plus jeune que ce à quoi on pouvait s'attendre, c'est évidemment une bonne surprise, à croire qu'il y a donc un renouvellement qui est possible !

 

C'est un quatuor néo-zélandais exilé à Berlin via Melbourne qui entame la soirée : Dead Finks était passé à la moulinette de Tatapoum l'an passé, sans vraiment m'avoir passionné, et si le dernier album du groupe était censé évoquer Wire, ce soir c'est plutôt The Fall qui me vient à l'esprit, spécialement (voire uniquement) au niveau des guitares. Malheureusement, si la sonorité est là, les jeunes antipodistes ne suivent pas les traces de Mark e. Smith et n'empruntent donc pas un chemin excitant, ce qui nous est proposé tout au long de ces (petites) 23 minutes est plutôt propre et presque "ambitieux", ce qui n'est pas selon moi une qualité pour ce genre de groupes... On espérait un groupe un peu dégénéré, on en est très loin, et à l'écouter on n'imagine pas qu'il vienne (pas directement, mais presque) d'Australie, ce serait plutôt Television auquel je penserais spontanément, ce qui est honorable à condition d'avoir un Tom Verlaine en stock. Là, si on ne cherche pas forcément à échapper à ce qui sort des enceintes, on attend la suite avec impatience (parce qu'on la connaît), et cette prestation n'aura nullement remis en question l'analyse qu'on avait pu avoir à l'écoute de "the death and resurrection of johnathan cowboy"...

 

Il est pile 21h00 lorsque le public massé dans la fosse et aux alentours rentre en ébullition : Protomartyr arrive sur scène, en mode quintet comme c'est le cas depuis un petit moment maintenant - enfin c'est ce que j'ai compris en suivant l'actualité du groupe à distance, puisque la dernière fois que je l'avais vu c'était déjà ici à la Maro, en mode quartet, mais il y a presque 5 ans (après l'avoir précédemment vu 3 fois de plus depuis 2014)... Quintet donc puisque Kelley Deal (Breeders, Kelley Deal 6000) est présente sur scène (on suppose que l'idée devait germer depuis le split Protomartyr/R Ring, un autre de ses projets) d'abord derrière un clavier peu audible (je ne m'en plains pas forcément), puis en empoignant une guitare (sans beaucoup influer sur le son général du groupe), mais c'est surtout au niveau des chœurs que son apport sera le plus évident, même si je ne l'aurais pas qualifié d'indispensable. Si le groupe emmené par le toujours aussi charismatique Joe Casey au chant va s'appuyer pas mal sur le dernier album en date "ultimate success today", en commençant par day without end par exemple, c'est paradoxalement l'album précédent "relatives in descent" qui va se tailler la part du lion, tandis que les albums encore plus anciens (le groupe a dépassé les 10 ans d'âge) ne seront pas non plus oubliés. Il y en a donc pour tous les goûts, mais une chose est sûre, c'est qu'on retrouve immédiatement le son post-punk que le quatuor avait remis au goût du jour, creusant un sillon que pas mal de groupes britanniques se sont dépêchés de suivre, mais les spectateurs du jour savent que cette nouvelle vague doit énormément aux Américains de Detroit, on sera tout au long du set estomaqué de constater que toutes les paroles sont connues et reprises en chœur par une part massive de la fosse, ce qui peut rassurer les musiciens qui se sentent donc en zone de totale confiance. On n'ira pas jusqu'à dire que Joe aille jusqu'à sourire, mais on le sent relativement serein, son micro dans la main droite, une bouteille de bière dans l'autre, et les autres musiciens sont eux clairement heureux d'être là et de sentir que les spectateurs apprécient les efforts qui ont été faits pour que les morceaux évoluent. Si j'ai l'impression que les morceaux sont un poil plus ronds ou enrobés que lors des concerts précédents, c'est peut-être qu'ils sont (très légèrement) moins incisifs, sans avoir non plus perdu leur efficacité, peut-être aussi les mois de repos forcé ont-ils incité les musiciens à faire légèrement évoluer leur façon d'aborder le live. Certains titres remuent encore plus la foule que les autres, on pense évidemment à cowards starve ou pontiac 87, mais  il est finalement difficile de dire si the devil in his youth (mon petit favori depuis pas mal d'années) n'a pas été surpassé par a private understanding ou tarpeian rock... Peu importe, à la limite, l'important est de constater à quel point l'ensemble des spectateurs, qu'il s'agisse de leur première fois ou d'une énième, sont captivés, appréciateurs, et même l’incident technique qui va couper le groupe dans son élan (dès le début de windsor hum) l'espace de presque 5 minutes (un problème d'ampli ou pré-ampli pour le bassiste) n'incite personne à aller chercher un peu d'air (ou de bière) à l'extérieur, la soirée est unique, trop rare pour en rater une miette, et même si les discours de Joe ne sont pas toujours aisément compréhensibles ils sont appréciés des spectateurs - le seul moment un peu difficile étant celui où Joe veut faire applaudir les Dead Finks, et qu'il doit s'y reprendre à deux fois avant d'obtenir de maigres efforts du public... Si le groupe se permet de faire une première sortie après worm in heaven, personne n'est dupe, un rappel va suivre, et dans le genre on peut dire que le groupe n'est pas loin d'avoir conservé le meilleur pour le fin, tant les deux titres the chuckler et half sister laissent chacun ébaubi et amplement satisfait lorsque les lumières se rallument, après une grosse heure et quart d'un set encore une fois impressionnant, et qui évidemment appelle à une suite - l'an prochain si on a bien compris Joe, mais la dernière fois que je l'ai entendu dire ça était en 2017, espérons donc qu'il ne nous retombera pas trop de pangolins sur le dos dans les mois à venir. Au vu de la queue devant le stand de merch, on comprendra que les spectateurs en veulent encore, et on les comprend, on va même se replonger dans la discographie de Protomartyr dans les jours à venir !

 

Set-list :

 

  1. day without end
  2. cowards starve
  3. blues festival
  4. tarpeian rock
  5. michigan hammers
  6. june 21
  7. up the tower
  8. night-blooming cereus
  9. the devil in his youth
  10. a private understanding
  11. windsor hum
  12. processed by the boys
  13. pontiac 87
  14. jumbo's
  15. worm in heaven
  16. Rappel : the chuckler
  17. half sister

 

La suite, ce sera probablement ce samedi, avec le choix (difficile) entre les Basic Shapes à l'International et un festival punk au Tambour à Vapeur avec Abdullah Sheraton et Panik LTDC...

 
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