Canalblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
l'ayatollah du rock
Publicité
10 août 2022

[Princess Thailand/Règlement] night and day

Date : mercredi 10 août 2022

 

C'est mercredi, on est en plein mois d'août, et c'est presque une surprise de trouver un concert, intéressant qui plus est, alors on brave la chaleur pour se rendre au Supersonic, qui n'affiche pas complet mais va quand même permettre aux groupes de jouer devant un public suffisamment dense et motivé pour que la soirée ne soit pas si tranquille...

 

Si je n'avais pas été vraiment convaincu par la performance du duo Règlement il y a quelques mois à l'International, je supputais qu'il devait y avoir de bonnes raisons : l'acoustique des lieux, la difficulté à gérer les voix, qui étaient excessivement réverbérées, et on était reparti de là frustré mais désireux de revoir le groupe dans de meilleures conditions. Ce soir c'est le cas, on sait que le son est habituellement correct ici, et si on aurait bien aimé que la voix de Nic soit un peu plus mise en avant, cela reste largement écoutable, très compréhensible (pas de réverb' aujourd'hui), et comme les deux compères ont le temps de présenter leurs morceaux et de laisser des intros éventuellement longues, le sentiment d'urgence qui avait prévalu lors de leur premier set et qui existe toujours n'est pas au détriment de la prestation. Il faut dire qu'avec des musiques pré-enregistrées gérées par Pat sur la machine (qui fait également clavier de temps en temps), en mode bien rythmé/rentre-dedans, on est bien dans l'ambiance et en cohérence avec des textes qui ne respirent pas la joie de vivre, même si certains (touché, par exemple) sont purement fictionnels - précision plutôt bienvenue avant de la chanter. Si certains voient un lien avec ce que peuvent faire les Sleaford Mods, c'est plus dans l'esprit que dans la forme, puisque pour le coup les deux musiciens sont actifs sur scène, Pat ne se contente pas de gérer les machines, il prend sa part d'éructations dans le micro, avec à mon sens un peu trop d'énergie puisque dans son cas on a un peu de mal à saisir le sens de ses interventions. Et si le phrasé est d'humeur rap, c'est bien en VF, il ne s'agit pas de permettre au spectateur de se contenter de se trémousser, et de donner un peu à réfléchir - ou à déprimer, c'est selon. Pendant 32 minutes, on a droit aux morceaux tirés du premier album éponyme, mais également à un nouveau titre qui ne semble pas en contradiction avec la ligne établie par le groupe, et au bout de cette prestation je dois bien avouer que je ne regrette absolument pas d'être arrivé à l'heure, cela m'aura permis de découvrir que le duo est désormais aussi efficace sur scène que sur galette, et nul doute que ces messieurs auront des choses intéressantes à nous raconter quand on réussira à les faire venir au micro de Konstroy !

 

C'est un trio qui débarque ensuite sur la scène : Los Picos Chicos est censé jouer du punk blues, mais très vite je sens que la volonté "West coast rock'n'roll" est bien plus présente, car on retrouve régulièrement des petits solos de guitare qui remettent en question l'avis parfois positif que l'on peut avoir à l'écoute de certains morceaux, et on va donc osciller pendant près de 40 minutes dans un espace que je qualifierai de classic rock, donc gentillet mais qui ne m'enthousiasme pas plus que cela - quand je ne trouve pas ça insupportable. Autre point qui me hérisse : j'ai beaucoup de mal avec le chant, alors qu'en écoutant mes voisins cela semble faire partie des points forts du groupe, alors comme je ne veux pas me fâcher avec des spectateurs plutôt enthousiastes je prend sur moi, apprécie plutôt les reprises (you can't catch me - Chuck Berry, baby please don't go - Big Joe Williams), et attend la suite en discutant avec les quelques connaissances du lieu - oui, il y a quelques anciens qui sont sortis ce soir !

 

Et je dois avouer que c'est bien pour (re)voir Princess Thailand que j'ai fait le déplacement ce soir, le quintet toulousain m'ayant estomaqué il y a un an au Point FMR, dans la lignée d'un second album "and we shine" qui fait partie des plus belles sorties de l'année 2020... Nous avons donc sur scène deux guitaristes, qui vont se compléter à merveille, un bassiste qui gère aussi les machines, un batteur qui semble être le maître d’œuvre des morceaux, puisque c'est lui qui remet tout le monde sur les rails lorsque les uns et les autres ont profité des libertés qui leur ont été accordées, et une chanteuse à la fois incontournable et qui n'en fait pas trop sur scène, et dont le chant est agrémenté d'une très légère réverb', qui est un plus et ne gâche en rien son travail. Musicalement, il est assez difficile de classer le groupe, qui peut suivant les morceaux, voire les parties dans les morceaux, aller faire dans le post-punk, dans la noise, dans la no wave ou dans des moments bien plus calmes, la seule permanence étant que l'on reste happé et quasiment hypnotisé d'un bout à l'autre de la cinquantaine de minutes de set, tant il se passe de choses à ne pas rater. En effet, si le groupe joue pas mal sur les ruptures et les fausses pistes, sans insister non plus sur les fausses fins, il y a une inventivité folle dans ces compositions, à la fois très travaillées mais qui ne semblent pas forcément nécessiter de technicité folle, les plus petites interventions suffisent pour nous subjuguer, et si on pense parfois à Siouxsie et ses Banshees, tant dans la manière particulière de chanter que dans la variété des compos, cela n'empêche pas à d'autres moments de se souvenir de X-Mal Deutschland, alors qu'il n'y a au demeurant que très peu de liens avec le groupe teuton. Pour dire, je ne me plains pas un seul instant des machines, pourtant habituellement ma bête noire, c'est dire que leur utilisation est suffisamment précise et intéressante pour me faire oublier mes a priori... Et si la fin du set s'effectue dans un déluge de larsens, cela n'est pas forcément représentatif de ce qui a précédé, on est juste ébloui et encore sonné lorsque le groupe, soudé comme rarement on en voit sur scène, quitte celle-ci pour aller rejoindre ses fans au merch', accordant également du temps alors que les musiciens doivent pour le moins être épuisés. Bref, cette prestation aura ô combien confirmé à quel point ce groupe est précieux, et si par hasard on réussit à faire coïncider les agendas de Konstroy et des Toulousains, nul doute qu'ils auront plein de choses intéressantes à nous raconter !

 

La suite ? Sauf concert de dernière minute, ce devrait être à la fin du mois, avec d'abord le retour de Christian Death, au Glaz'Art, puis Black Uhuru au Bataclan. Et comme la fin d'année s'annonce bien remplie également...

 
Publicité
Commentaires
l'ayatollah du rock
  • Chroniques de concerts/albums/autres, et beaucoup de mauvaise foi... A venir : 17/07/26 Public House 22/07/26 Clamm 23-26/07/26 Binic 13/09/26 Flamin' Groovies 25/09/26 Black Box Recorder 26/09/26 Scott Mccloud 17/10/26 Washington Dead Cats
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité
Pages
Derniers commentaires
Newsletter
19 abonnés
Visiteurs
Depuis la création 100 527
Publicité
Publicité