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l'ayatollah du rock
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8 juillet 2022

[Ferme Electrique #11] vendredi

Date : vendredi 8 juillet 2022

 

Après deux années de restrictions, le pèlerinage annuel en direction de Tournan en Brie retrouve sa place inamovible dans les agendas, et en ce vendredi on évite encore le pire au niveau météo : pour cette 11e édition de La Ferme Électrique, il fait beau, soleil pas trop chaud, pas d'insolation à l'horizon donc, et comme (malheureusement) il n'y aura pas la grande foule pour ce premier jour, on pourra profiter à plein des diverses possibilités de se poser dans l'un des innombrables canapés/fauteuils mis à disposition (et à diverses hauteurs) sur l'ensemble du site...

 

Après trois années, on s'attendait à voir des nouveautés et des évolutions, on a le temps de faire le tour avant le début des concerts, on remarque donc une Kermesse électrique (des jeux pas faciles permettant de remporter des lots et de participer à un tirage au sort tard dans la soirée), un "Tape Taupe", un billard et un baby-foot, en sus des habituels lieux consacrés au merch', aux tattoos, aux fanzines et broderie (ça doit également être nouveau, je n'en avais pas souvenance), et évidemment au bar (bières locales) et possibilités de restauration diverses, et on a également la possibilité de faire des rencontres intéressantes, puisque par exemple certains festivaliers viennent exprès de Belgique pour l'occasion et ont des choses à raconter...

Musicalement, cela commence dès 19h, dans la cour, dans un espace en plein air renommé "Scène Sauvage", avec un duo guitare-batterie appelé Taeger : Burslem (du nom de ses deux musiciens) qui nous offre une impro "Noise/Psyché/Afro beat" souvent instrumentale, et c'est là que se situent pour moi les limites du genre. En effet, s'il y a ponctuellement des riffs ou parties intéressants, j'ai régulièrement le sentiment d'attendre en permanence que cela démarre réellement, et que cela ne reste pas au niveau de la longue intro. Et comme le chant ne me convainc guère lorsqu'il fait de rares apparitions, je reste un poil frustré, car s'il y a de bons moments dans cette prestation cela reste épisodique, et sans être totalement convaincu on comprend qu'il faut bien démarrer le festival, en gardant à l'esprit que la partie musicale n'est pas forcément prépondérante dans ce qui nous attire ici tous les ans...

 

D'ailleurs, ce n'est pas la suite qui remettra en cause ce sentiment, puisque les You Said Strange ne vont pas non plus réussir à me faire rentrer dans leur "Reverb Rock / Shoegazing"... Le quatuor (deux guitares/basse/batterie) alterne les variations entre pop un peu pompeuse et envolées électriques énervées plus supportables, certains y entendent du Counting Crows (méconnaissant le sujet, je ne m'aventurerai pas sur ce sentier non balisé), pour ma part je reste encore une fois en bordure de ce qui nous est proposé, sans réussir à m'y plonger. On notera quand même que la scène "Grange" a bien évolué, puisqu'elle est désormais ouverte vers la cour, a tourné de 90°, et permet donc aux festivaliers qui ne réussissent plus à quitter leurs sièges moelleux devant les stands d'entendre de manière très correcte quoique atténuée ce qui se passe sur cette scène principale...


Une andouillette-frites et une bière ambrée plus loin, et on rejoint l’Étable, la troisième scène entièrement intérieure, où le quatuor francilien Hoorsees déroule sa "Sad Pop" devant un public bien nombreux et plutôt appréciateur de ce qui lui est proposé. Pour ma part, sans nier que ce que je considère plutôt comme un genre d'indie-rock est vraiment très bien fait, je trouve que cela manque un peu d'âme et reste bien trop aseptisé pour créer un véritable enthousiasme en moi, alors je ne reste pas jusqu'au bout, d'autant plus que le programme musical cette année permet (ou oblige ?) des choix puisque des concerts se jouent en même temps...

La preuve, là c'est Contumace qui est en activité en même temps, sur la scène Sauvage, et on va très vite comprendre que le projet "Expérimental" va nous amener très vite dans une Noise s'appuyant sur des riffs de guitare distordus à souhait, le musicien seul en scène étant un orfèvre en la matière puisqu'il est membre entre autres de Sister Iodine, référence française en la matière. Là encore, rien à redire, le résultat correspond à ce qui avait été annoncé, et sans être le moins du monde spécialiste du genre, il faut avouer que le savoir-faire est évident, et que cela n'est pas désagréable à l'oreille. De là à m'en farcir tous les jours au petit déjeuner, il y a un pas que je suis tout de même encore loin de franchir...


C'est maintenant un trio qui s'est installé sur la scène de la Grange, et rien qu'à le regarder je prends peur : trois claviers ou machines, cela n'augure rien de bon, dans mon référentiel musical, et dès que les Murman Tsuladze entament leur prestation mes craintes sont confirmées : le groupe prétendument géorgien nous propose une pseudo-électro arabisante à l'occasion, sur laquelle la guitare ne sauve pas grand chose vu qu'elle est inaudible la plupart du temps, et je ne m'éternise donc guère devant ce qui ne présente selon moi aucune forme d'intérêt.


Par la suite, une fois les hésitations sur l'heure de retour réglées (dernier RER à 23h30 ou covoiturage vers 1h30 ? La deuxième solution sera la bonne), on va alterner entre la scène Sauvage et l’Étable, puisque deux concerts ont lieu simultanément.

Dans l’Étable, ce sont les Mary Bell qui mettent le feu, avec un excellent son permettant au quatuor d'asséner avec une puissance et une efficacité impressionnante (quelle ampleur ce soir !) leur punk très orienté riot grrrl à un public qui peut (enfin) en prendre plein les oreilles, dans cette soirée un peu molle en décibels et riffs vengeurs. On note que ce soir le groupe a encore élevé son niveau, d'une batteuse surpuissante et très carrée au bassiste dont le son vous rentre dans les intestins, en passant par une guitariste qui n'en fait pas des tonnes et parsème les chansons de petites touches acides bienvenues, et partage le chant avec une chanteuse omniprésente, visuellement et auditivement parlant. Si la chanteuse incite à laisser de la place devant la scène pour que les filles puissent y être présentes sans danger, et que certains se risquent à slammer (avec succès), on note que des nouvelles compositions nous sont présentées, qui ne déparent pas de celles que l'on connaît, et on peut être rassurés (si par hasard on avait des doutes) : les Mary Bell continuent leur petit bonhomme de chemin  en prenant de plus en plus d'assurance, et gageons qu'on retournera les voir avec le même plaisir en fin de mois au Cirque Électrique (avec Curare, en cerise sur le gâteau !).


Dans le même temps, sur la scène Sauvage, c'est Joe & the Dassinettes qui s'échine à passer le répertoire de Joe Dassin à la moulinette punk/métal, et si on imagine que c'est facile de bien faire sonner des horreurs en mode punk rigolo, la prestation nous prouve que non : c'est souvent lourd, voire lourdingue, il faut sans doute connaître par cœur l'intégralité des chansons originales pour comprendre le énième degré auquel nous sommes confrontés, et lorsqu'on peut enfin réagir avec un titre que l'on reconnaît, c'est pour se lamenter devant siffler sur la colline, tant cette version ne tient pas la comparaison avec celle, définitive, que Vérole et les Cadavres avaient gravé dans le marbre il y a 35 ans. Alors même si on constate que cela danse pas mal devant l'absence de scène, on n'est pas le moins du monde convaincu devant ce set - là encore, cela n'est guère surprenant...


La soirée se termine en mode dansant avec les MadMadMad, un trio "no-wave-post-punk-disco-math-rock" qui s'appuie sur des instruments classique (guitare-basse-batterie) que l'on n'entend quasiment pas, au profit des claviers et boîtes à rythmes (?). Clairement, c'est bien fait, mais tout aussi clairement cela n'est pas pour moi, et on en profite donc pour reprendre une dernière crêpe avant de quitter les lieux. Musicalement, la soirée n'aura permis aucune découverte intéressante, mais peu importe, cela est presque secondaire dans cette parenthèse enchantée que constitue ce voyage au bout du monde du RER...

 

La suite, c'est donc ds ce samedi, avec la deuxième (et dernière) journée du festival, qui va nous laisser comme à chaque fois sur les rotules, mais avec le sourire jusqu'aux oreilles...

 
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