[Basic Shapes] credo
Date : lundi 11 octobre 2021
C'est lundi, pas forcément le bon soir pour sortir si on veut ne pas être trop en vrac le reste de la semaine, alors on opte pour la demi-mesure : oui, on va jusqu'au Supersonic, mais on ne rentre pas tard, et donc on ratera consciemment une partie des concerts... Mais on pousse quand même le vice jusqu'à arriver avant 20h, histoire de bénéficier de l'happy hour, pour une fois !
Les concerts du lundi sont rares, mais les concerts du lundi du groupe que vous avez reçu la veille à Konstroy, c'est encore plus improbable ! Pourtant, c'est bel et bien le quatuor montreuillois Basic Shapes qui va ouvrir la soirée, devant un public bien plus nombreux que les craintes (logiques) qui pouvaient régner sur les coups de 20h. Et qu'on n'aille pas dire que le groupe a rameuté tous ses amis, il y a pas mal de spectateurs qui le découvrent, sans doute venus pour les deux groupes qui le suivront sur scène... Il y a une petite quinzaine de jours, le groupe m'avait donné une bonne claque à l'International, ce soir je sais ce qui m'attend, d'autant que les musiciens ont pu officialiser leurs influences hier, et c'est vrai que le "post-punk psychiatrique" du groupe laisse souvent tomber son 'post' pour être bien nerveux et rentre-dedans, et cette deuxième performance rapprochée permet de faire des liens : oui, la guitare a souvent quelque chose de terriblement australien, et oui le chanteur (guitariste à l'occasion) peut évoquer Joe Casey (Protomartyr), dans son approche débonnaire doublée d'un phrasé parfois parlé, parfois éructé, et on n'oublie pas non plus quelques sonorités un peu anglaises, histoire de ne vexer personne. Le groupe enchaîne les titres, histoire de profiter à plein de ses 35 minutes réglementaires, cela ne laisse à personne le temps de souffler, et évite également aux musiciens de trop gamberger (la scène est grande, haute, c'est très lumineux, et les spectateurs sont hyper attentifs, donc très calmes). Le batteur est carré, "tight", et avec son acolyte bassiste ils permettent de laisser le guitariste principal se laisser aller à de petites envolées, rassurez-vous on évite le solo hard-rock tout de même, mais surtout on a parfois l'occasion d'une improvisation (mais toujours en retombant sur ses pattes) tant les morceaux peuvent s'éloigner de leurs sonorités initiales. C'est souvent très punk, très tendu, et arrivé au bout de ce set finalement court, on se rend compte qu'on est rassasié, et à voir les réactions autour de moi je ne suis pas le seul à avoir largement apprécié ce qui vient de se passer sur scène. Tout simplement, encore un groupe à suivre de près !
Comme promis, je ne m'éternise guère après la prestation des Basic Shapes, juste en prenant le temps d'écouter 3 morceaux des Italiens de The Gluts. Le quatuor milanais ne fait pas dans la dentelle l'espace de ces quelques minutes, avec une section rythmique basse-batterie qui semble presque effacée derrière le (très très) gros son régulièrement hyper saturé du guitariste au rack de pédales impressionnant. Le chanteur, qui bidouille également de temps à autres, utilise énormément de réverbération pour sa voix, et pourrait au passage rappeler Looch Vibrato (Magnetix), mais l'ensemble hyper bruitiste me fait imaginer Nik Fiend (Alien Sex Fiend) qui reformerait Sonic Youth pour reprendre du Prodigy, voire l'inverse. C'est éminemment efficace pour ceux qui rentrent dans le jeu du groupe, pour ma part ce punk-noise-psychédélique me semble un peu artificiel et vain, alors finalement cela me permet de quitter les lieux sans trop de regrets, et en réussissant donc à atteindre l'objectif d'être raisonnable...
La suite, ce sera probablement la release party de Last Night mercredi 20 octobre à l'International.