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l'ayatollah du rock
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1 octobre 2019

[Sleaford Mods] jolly fuckers

Date : mardi 1er octobre 2019

 

On est un poil surpris en entrant dans la Cigale en ce mardi soir, tant elle sonne le creux, il faudra attendre la tête d'affiche pour voir la salle bien remplie, et encore la salle ne sera pas totalement blindée, on peut supposer que le tarif (30 boules) aura incité pas mal de fans à y réfléchir à deux fois...

 

Il n'est pas encore 20h lorsque les quatre membres de The DSM IV  arrivent sur scène, on a là un bassiste à moustache, une guitariste qui arbore un immonde pull bleu-blanc-rouge (le tricolore me donne de l'urticaire, voire des vomissements), un joueur de boîte à rythmes, et un chanteur à mullet que l'on reconnaît, puisque Guy McKnight était l’imprévisible mais ô combien brillant leader des regrettés 80's Matchbox B-Line Disaster. Pour être franc, une écoute préalable au concert de titres du groupe m'avait laissé dubitatif, et il ne me faut pas longtemps pour - malheureusement - avoir confirmation de cet a priori guère positif. Pour faire rapide, j'ai le sentiment d'avoir devant moi un Sacha Baron Cohen qui monterait un groupe parodique de garçons coiffeurs passés sous une tondeuse malhabile, et en imitant un Jim Kerr au chant tout en s’inspirant de temps à autres des sons de guitare des Banshees de Siouxsie, mais avec des rythmes électro cheap poussés à leur paroxysme et qui s'avèreront régulièrement insupportables et bien pires le reste du temps... Pendant un peu moins de 45 minutes, Guy va passer son temps à danser, visiblement habité par la musique, mais également à faire le tour de la salle, à saluer des spectateurs, à tenter de ranimer la flamme (cela fonctionnera pas mal, finalement), mais je dois avouer que ce n'est absolument pas ma tasse de thé, certains peuvent apprécier le énième degré, pour ma part je reste stoïque, j'attends la fin, en restant tout de même très attentif car Guy peut surgir devant ou à côté de soi à chaque instant... A mon sens, c'est une sacrée descente aux enfers après les 80's MBLD, mais on n'insistera pas trop, la majorité des spectateurs semblant avoir apprécié la chose !

 

Il est quasiment 21h lorsque Andrew s'approche de son laptop, tandis que Jason s'installe au micro, les Sleaford Mods sont dans la place, et dès l'introductif into the payzone, on sent que le duo est en pleine forme, Andrew est comme d'habitude flegmatique derrière sa machine, une bouteille à la main, tandis que Jason entame sa gestuelle souvent improbable, il y a de la danse, du mime, voire de l'épilepsie dans ses gestes et ses postures/attitudes, comme à chaque fois on est bluffé devant un tel charisme, et comme le groupe s'appuie très largement sur son dernier album "eton alive", dont 9 des 12 titres seront interprétés ce soir, on a confirmation d'une plus grande variété dans les morceaux que sur les albums précédents, les rythmiques sont plus variées, et cela permet à Jason de briller - s'il en avait besoin. On notera que le public qui a investi la salle peut être rangé dans la catégorie "neuneus", avec deux versions : le neuneu qui va grimper une demi-douzaine de fois sur scène pour montrer son sourire et slammer, et la bande de neuneus bourges, qui va entamer très tôt dans le set un rituel consistant à balancer son verre de bière, plus ou moins rempli, de l'arrière de la salle vers l'avant, de l'étage vers le sol, d'un côté à l'autre, c'est parfois à un barrage de tirs que l'on assiste, à croire que les spectateurs achètent de la bière sans vouloir la boire et sans vouloir récupérer leur caution - je n'avais jamais vu un tel spectacle pitoyable... Jason et Andrew font semblant de rien, il faut dire que leur set est assez millimétré et ne laisse guère de place à l'improvisation, alors les titres s'enchaînent, à grands coups de "fuck" et de "cunt", parfois Jason sort un "La Cigale !" qui ravit les neuneus pré-cités, mais ce cinquième concert parisien en quatre ans reste d'un niveau excellent du début à la fin, le groupe se permettant quelques variations dans la set-list (un just like we do par ci, un tarantula deadly cargo par là), et nous offrant même un tout nouveau titre avant sa sortie. Le groupe se permet ainsi de nous servir, après une copieuse partie initiale, un rappel de quatre titres, histoire de pousser la prestation à 65 minutes, et on remarquera au passage que pour une fois, le concert parisien aura été l'occasion d'avoir plus de titres que sur d'autres dates, alors que c'est souvent l'inverse, comme quoi on peut croire Jason quand il nous affirme qu'il aime Paris. Une nouvelle fois, c'était un concert enthousiasmant, efficace, inspirant, et en dehors du tarif et d'une frange du public, on reprendrait bien rapidement du Sleaford Mods sur une scène parisienne !

 

Set-list :

  1. into the payzone
  2. flipside
  3. subtraction
  4. stick in a five and go
  5. kebab spider
  6. policy cream
  7. TCR
  8. B.H.S.
  9. second (new)
  10. top it up
  11. just like we do
  12. jolly fucker
  13. big burt
  14. O.B.C.T
  15. Rappel : jobseeker
  16. tied up in nottz
  17. tarantula deadly cargo
  18. discourse

 

La suite, c'est dès ce jeudi, à la Maroquinerie, avec We Hate You Please Die qui ouvrira pour Mnnqns.

 
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