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l'ayatollah du rock
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17 juillet 2019

[Steal Shit Do Drugs] fire

Date : mercredi 17 juillet 2019

 

Il y a beaucoup moins de monde en ce mercredi soir au Supersonic que la semaine précédente, il faut croire que Paris finit par se vider entre le 14 juillet et le 15 août, alors les précautions d'usage pour ne pas risquer la même mésaventure que la semaine passée sont finalement inutiles, et en arrivant vers 19h45 il va me falloir attendre longtemps. D'abord pour que le concert commence (20h30), puis que la tête d'affiche arrive sur scène (22h30), bref heureusement qu'il y a du Picon au bar...

 

Cela commence donc avec un trio parisien/nantais, en mode classique guitare/basse/batterie, et si les Slickers ambitionnent jouer un "Rock’n’Roll teinté de Punk et de Glam", j'y vois plus raisonnablement un rock aux teintures sixties à la Bijou, mais chanté en anglais, et si certains titres sont un peu plus rentre-dedans, l'aspect punk est tout de même assez limité. Le groupe est géographiquement dispersé, il ne peut donc répéter, cela explique les quelques pains bien audibles, mais qui ne gâchent pas l'ensemble, de fait cela correspond à peu près à ce à quoi je pouvais m'attendre, et s'il me semble reconnaître un heart of the city, je ne suis pas sûr de savoir s'il s'agit de celui de Bobby Bland ou de Nick Lowe... Cela ne révolutionne rien, mais en guise d'amuse-bouche on a connu (bien) pire !

 

Par exemple, le quartet qui va suivre, en provenance de Lyon, va réussir à compiler un certain nombre d'éléments qui m'empêchent par principe de goûter à ses morceaux : un chant qui pour certains évoque Phil Collins, et qui globalement va chercher à être continuellement douloureux pour les esgourdes, y compris en allant jusque dans le cri primal et incongru, deux guitaristes "inspirés" qui créent une musique pour le moins boursouflée, une arrogance scénique impressionnante, bref il y a de quoi sombrer dans l'alcoolisme pour moins que cela ! Le "Rock psychédélique" de Kitch, qui a attiré la majeure partie d'un public qui ne grandit que mollement au fil des minutes, n'est clairement pas fait pour moi, j'aurais pu m'en douter, mais en voyant les grimaces sur les visages de mes voisins, je sens bien que je ne suis pas le seul à avoir difficilement enduré ce moment que l'on ne souhaite pas à son pire ennemi. Enfin, c'est une expression, bien sûr, et je n'ai guère d'ennemis...

 

C'est un groupe américain de Seattle qui nous a motivés pour venir (et rester jusque là) ce soir : les Steal Shit Do Drugs m'avaient époustouflé il y a deux ans et demi à la Méca, et si ce soir je constate immédiatement que le quintet est devenu quartet (les deux guitaristes ont été remplacés par un seul, à l'instrument transparent du plus bel effet), il ne faut pas longtemps pour comprendre que le "Punk psych" du groupe penche toujours plus du côté punk de la force, avec un brin de garage pour faire bonne mesure. Le chanteur est toujours habité, doté d'une puissance et d'une variété vocales remarquables, et si la section rythmique fait le job de manière presque posée, on constate que le préposé aux six cordes assume sans trop de difficultés le poids de ses deux prédécesseurs, en version lourde ou fine, peu importe cela fonctionne à plein. Si les premiers titres sont menés tambour battant, cela se calme un brin par la suite, ce qui permet de montrer d'autres facettes, plus mélodiques, et si cela peut surprendre lors des premières mesures, on se rend compte que cela fonctionne toujours sacrément bien. Bien sûr, le public n'est guère dense devant la scène, et certains jeunes blancs-becs viennent frimer comme ils le feraient devant n'importe quoi, on sent que la frange du public venue spécialement pour le groupe ne regrette pas le déplacement. Vous me direz que 38 minutes, cela fait tout de même peu pour une prestation, je vous l'accorde volontiers, mais avec une telle densité d'excellents titres on se console de cette brièveté ! En plus, cela permet de passer un peu de temps à discuter au merch' avec les musiciens, qui se désolent de la fermeture de la partie concerts de la Méca, et on rentre relativement tôt pour être presque en forme au taf le lendemain matin : non, tout le monde n'est pas encore en vacances !

 

La suite, c'est de manière certaine fin août au Trabendo avec FIDLAR, et d'ici là cela dépendra de la fatigue et des possibilités offertes...

 

 

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