13 septembre 2015
[Priests] radiation(s)
Date : dimanche 13 septembre 2015
Dimanche soir, on a eu le temps de se remettre de nos péripéties humanitaires bien détrempées de la veille, et comme le temps s'est remis au sec (pour quelques heures), on peut se diriger avec confiance vers le Picolo, un bar-concert situé dans le marché des Puces de Saint-Ouen, c'est une adresse que l'on voit régulièrement passer mais jusqu'alors on n'y avait pas encore tenté notre chance... Arrivés sur place, on constate qu'il y a pas mal de monde pour un dimanche soir, que le public est très mixte, que la bière n'est pas trop chère, bref les conditions sont réunies pour passer tranquillement le cap du dimanche soir !
Avec la dose de retard habituelle (un peu plus de 3/4 d'heure sur l'horaire annoncé), c'est un trio parisien qui entame la soirée : Trashley est composé d'un batteur, d'un guitariste-chanteur, et d'une claviériste-chanteuse qui avait pas mal marqué les esprits lorsqu'elle officiait dans 10Lec6... Ayant déjà bien écouté l'album "dance until the light takes us", je savais que la musique du groupe me siérait sans problème, mais je n'imaginais pas à quel point : une guitare bien mise en avant, mais sans solo inapproprié, un clavier légèrement cheap mais tout à fait supportable, le tout accompagné d'un jeu de batterie qui n'hésite pas à trouver le décalage par rapport à la guitare, cela augure déjà d'un set intéressant. Quand en sus vous vous rendez compte que les deux voix (assez hautes, l'une comme l'autre) se complètent parfaitement, et que vous y retrouvez une inspiration qui ne vous était pas venue à l'esprit à l'écoute du disque, c'est une révélation, confirmée en fin de set : la reprise du the the empty (Le Tigre), soniquement un poil plus punk que l'originale, permet de consolider l'excellente impression que laisse le groupe en version live, sans se prendre la tête, en mode très tranquille (on voit même une spectatrice s'asseoir sur un banc... sur la scène, juste à côté du trio en pleine action !), mais très sérieusement, la petite demi-heure de prestation est très carrée et totalement réussie, jusqu'au pseudo morceau de crust bien décalé mais qui ne choque même pas, sans doute parce qu'il ne s'éternise pas trop... Bien sûr, on savait avant de venir que l'on n'allait pas être déçu, on ne s'est d'ailleurs déplacé que sur ce premier nom à l'affiche, mais la claque reçue en retour valait le coup, et même si la soirée s'arrêtait subitement elle serait d'ores et déjà réussie !
Bien sûr, on va quand même rester un brin, histoire de prêter l’oreille aux trois groupes qui vont suivre, mais il faut se remettre de ses émotions, alors on part manger un petit kebab avant de revenir, juste à temps pour assister aux deux derniers titres des Toulousains de Woodwork, un quintet de "hardcore 90's" (c'est eux qui le disent) qui confirme... ma totale incompréhension devant ce chant aux cris gutturaux et ces (deux) guitares très métalisantes, pour le coup je ne suis pas adepte du tout, et même si le chanteur explique l'intérêt de ses textes entre les morceaux (on n'est pas dans la bluette, plutôt dans le socio-politique), on ne regrette pas vraiment d'avoir raté la majeure partie du set : la programmation plutôt hétérogène de la soirée nous aura au moins permis de nous sustenter en temps et en heure...
Pour être tout à fait honnête, j'espérais également un peu mieux de la prestation de Chaviré, un quatuor nantais proclamant son apparentement à l'"emo-punk-hardcore", ce qui se traduit par des morceaux débutant souvent comme ceux de leurs amis de Woodwork, mais continuant sur un mode plus "doux" (je me comprends), un certain ralentissement du rythme, et une volonté tout aussi évidente de faire passer des messages, en dépit d'une difficulté évidente pour le vulgum pecus à comprendre les paroles. Avantage indéniable, le chanteur aura proposé en début de set de fournir un petit livret incluant les paroles des chansons, conscient qu'il est du débit rapide et du combat de chaque instant pour traduire en mots les cris, mais ce n'est pas cela qui me dérange vraiment, c'est plutôt que je ne suis, une fois de plus, pas réceptif à ce genre, qui réussit tout de même, comme le groupe précédent, à bien agiter la foule assez dense dans la fosse. Je m'en remettrai, il reste de la bière pression, mais le questionnement devant la diversité programmatique de la soirée devient de plus en plus prégnant !
Heureusement, nous serons récompensés de notre patience et de notre confiance (nous aurions pu abandonner les lieux assez rapidement), car l'autre bonne surprise (totalement inattendue, celle-là) de la soirée va bientôt arriver sur scène : les quatre washingtoniens de Priests (une chanteuse et une batteuse, un guitariste et un bassiste) sont chauds bouillants, la chanteuse en combinaison girafe (ou léopard ? les avis restent partagés) très - très - près du corps ne tient pas en place, et lorsque la musique démarre (assez rapidement, le patron du bar commence à asticoter les organisateurs), on a la sensation d’entendre Lydia Lunch sur un morceau de Bikini Kill... Un bon début, pour le moins, mais qui n'est qu'une mise en bouche, puisque la chanteuse évoquera également Kathleen Hannah, voire même PJ Harvey par instants, tandis que la section rythmique restera à un égal niveau d'excellence. Et la guitare, me direz-vous ? Là aussi, c'est étonnant, puisqu'on frôle souvent le post-punk les mânes de Bauhaus ou Siouxsie ne sont jamais très loin, tout en se rapprochant à l'occasion de sonorités légèrement goth, il y a un petit peu de réverb' qui ne fait pas de mal, et les morceaux sont loin d'être de pâles copies de leurs influences supposées, le groupe possède une identité forte mais est capable de beaucoup de variations. La chanteuse attire l’œil, bien sûr, mais jamais au détriment du groupe, sa voix est très prenante, et le mélange global de post-punk et riot grrl est une réussite indéniable, qui ne nous déçoit à aucun moment, excepté lorsqu'on comprend qu’en raison de l'heure tardive, il ne nous reste plus de temps que pour un dernier titre... Cette quarantaine de minutes est donc la deuxième claque de la soirée, quasi inespérée vu qu'on n'était venus que pour le premier groupe, et on repart ainsi avec un petit cd de plus dans le sac, histoire de conserver une trace de ce groupe que l'on aimerait déjà revoir en concert, tout en imaginant que cela risque d'être compliqué...
Bref, on aura eu une ouverture et une clôture de concert plus qu'intéressantes, pas gâchées par deux intermèdes trop décalés pour nous, et on espère que les concerts des semaines à venir (il y en a pas mal, d'ici la fin d'année) seront du même acabit, l'extrême plaisir de ce dimanche soir ne demandant qu'à se renouveler le plus souvent possible !
D'ailleurs, dès mardi soir, on repart sur des bases très solides avec Warum Joe et Pierre & Bastien au Gibus...
Avec la dose de retard habituelle (un peu plus de 3/4 d'heure sur l'horaire annoncé), c'est un trio parisien qui entame la soirée : Trashley est composé d'un batteur, d'un guitariste-chanteur, et d'une claviériste-chanteuse qui avait pas mal marqué les esprits lorsqu'elle officiait dans 10Lec6... Ayant déjà bien écouté l'album "dance until the light takes us", je savais que la musique du groupe me siérait sans problème, mais je n'imaginais pas à quel point : une guitare bien mise en avant, mais sans solo inapproprié, un clavier légèrement cheap mais tout à fait supportable, le tout accompagné d'un jeu de batterie qui n'hésite pas à trouver le décalage par rapport à la guitare, cela augure déjà d'un set intéressant. Quand en sus vous vous rendez compte que les deux voix (assez hautes, l'une comme l'autre) se complètent parfaitement, et que vous y retrouvez une inspiration qui ne vous était pas venue à l'esprit à l'écoute du disque, c'est une révélation, confirmée en fin de set : la reprise du the the empty (Le Tigre), soniquement un poil plus punk que l'originale, permet de consolider l'excellente impression que laisse le groupe en version live, sans se prendre la tête, en mode très tranquille (on voit même une spectatrice s'asseoir sur un banc... sur la scène, juste à côté du trio en pleine action !), mais très sérieusement, la petite demi-heure de prestation est très carrée et totalement réussie, jusqu'au pseudo morceau de crust bien décalé mais qui ne choque même pas, sans doute parce qu'il ne s'éternise pas trop... Bien sûr, on savait avant de venir que l'on n'allait pas être déçu, on ne s'est d'ailleurs déplacé que sur ce premier nom à l'affiche, mais la claque reçue en retour valait le coup, et même si la soirée s'arrêtait subitement elle serait d'ores et déjà réussie !
Bien sûr, on va quand même rester un brin, histoire de prêter l’oreille aux trois groupes qui vont suivre, mais il faut se remettre de ses émotions, alors on part manger un petit kebab avant de revenir, juste à temps pour assister aux deux derniers titres des Toulousains de Woodwork, un quintet de "hardcore 90's" (c'est eux qui le disent) qui confirme... ma totale incompréhension devant ce chant aux cris gutturaux et ces (deux) guitares très métalisantes, pour le coup je ne suis pas adepte du tout, et même si le chanteur explique l'intérêt de ses textes entre les morceaux (on n'est pas dans la bluette, plutôt dans le socio-politique), on ne regrette pas vraiment d'avoir raté la majeure partie du set : la programmation plutôt hétérogène de la soirée nous aura au moins permis de nous sustenter en temps et en heure...
Pour être tout à fait honnête, j'espérais également un peu mieux de la prestation de Chaviré, un quatuor nantais proclamant son apparentement à l'"emo-punk-hardcore", ce qui se traduit par des morceaux débutant souvent comme ceux de leurs amis de Woodwork, mais continuant sur un mode plus "doux" (je me comprends), un certain ralentissement du rythme, et une volonté tout aussi évidente de faire passer des messages, en dépit d'une difficulté évidente pour le vulgum pecus à comprendre les paroles. Avantage indéniable, le chanteur aura proposé en début de set de fournir un petit livret incluant les paroles des chansons, conscient qu'il est du débit rapide et du combat de chaque instant pour traduire en mots les cris, mais ce n'est pas cela qui me dérange vraiment, c'est plutôt que je ne suis, une fois de plus, pas réceptif à ce genre, qui réussit tout de même, comme le groupe précédent, à bien agiter la foule assez dense dans la fosse. Je m'en remettrai, il reste de la bière pression, mais le questionnement devant la diversité programmatique de la soirée devient de plus en plus prégnant !
Heureusement, nous serons récompensés de notre patience et de notre confiance (nous aurions pu abandonner les lieux assez rapidement), car l'autre bonne surprise (totalement inattendue, celle-là) de la soirée va bientôt arriver sur scène : les quatre washingtoniens de Priests (une chanteuse et une batteuse, un guitariste et un bassiste) sont chauds bouillants, la chanteuse en combinaison girafe (ou léopard ? les avis restent partagés) très - très - près du corps ne tient pas en place, et lorsque la musique démarre (assez rapidement, le patron du bar commence à asticoter les organisateurs), on a la sensation d’entendre Lydia Lunch sur un morceau de Bikini Kill... Un bon début, pour le moins, mais qui n'est qu'une mise en bouche, puisque la chanteuse évoquera également Kathleen Hannah, voire même PJ Harvey par instants, tandis que la section rythmique restera à un égal niveau d'excellence. Et la guitare, me direz-vous ? Là aussi, c'est étonnant, puisqu'on frôle souvent le post-punk les mânes de Bauhaus ou Siouxsie ne sont jamais très loin, tout en se rapprochant à l'occasion de sonorités légèrement goth, il y a un petit peu de réverb' qui ne fait pas de mal, et les morceaux sont loin d'être de pâles copies de leurs influences supposées, le groupe possède une identité forte mais est capable de beaucoup de variations. La chanteuse attire l’œil, bien sûr, mais jamais au détriment du groupe, sa voix est très prenante, et le mélange global de post-punk et riot grrl est une réussite indéniable, qui ne nous déçoit à aucun moment, excepté lorsqu'on comprend qu’en raison de l'heure tardive, il ne nous reste plus de temps que pour un dernier titre... Cette quarantaine de minutes est donc la deuxième claque de la soirée, quasi inespérée vu qu'on n'était venus que pour le premier groupe, et on repart ainsi avec un petit cd de plus dans le sac, histoire de conserver une trace de ce groupe que l'on aimerait déjà revoir en concert, tout en imaginant que cela risque d'être compliqué...
Bref, on aura eu une ouverture et une clôture de concert plus qu'intéressantes, pas gâchées par deux intermèdes trop décalés pour nous, et on espère que les concerts des semaines à venir (il y en a pas mal, d'ici la fin d'année) seront du même acabit, l'extrême plaisir de ce dimanche soir ne demandant qu'à se renouveler le plus souvent possible !
D'ailleurs, dès mardi soir, on repart sur des bases très solides avec Warum Joe et Pierre & Bastien au Gibus...
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