[the Bodies] hunt
Date : jeudi 5 mars 2015
Manque de sommeil, méconnaissance totale des groupes qui vont jouer en ce jeudi soir au Point FMR, on n’était pas loin de déclarer forfait, mais le billet étant déjà acheté, et la perspective (ou l’éventualité) de faire des bonnes découvertes n’étant pas à exclure, on se motive, et on arrive à l’heure dans la salle, loin d’être remplie au départ, mais cela ne durera guère puisque le concert est annoncé complet.
Et effectivement, à l’heure de la tête d’affiche, il ne reste que quelques centimètres carrés de libres, disséminés de loin en loin, l’accès au bar est quasiment interdit, et il en est de même pour les commodités. Apparemment, le trio canadien Metz (non, les musiciens ne sont pas habillés en grenat, et ne portent pas de shorts non plus, mais ont simplement et effectivement joué en Moselle il y a quelques années !), signé sur Sub Pop, est la dernière merveille du monde du « noise rock », même si accolé à « post-hardcore » cela m’inquiète un peu plus. Et effectivement c’est plutôt la deuxième partie de la qualification qui s’impose à moi, avec un chant bien hurlé, et une guitare et une section rythmique bien lourdes. Le public, dont le taux de testostérone est bien moins élevé que ce qu’on pourrait croire, apprécie visiblement beaucoup ce qui se passe sur scène et ce qui sort (fort) des enceintes, pour ma part je me sens un peu déplacé, non pas que cela soit désagréable, mais au bout de cinq morceaux je m’ennuie ferme, et décide donc d’offrir un peu d’espace vital aux spectateurs qui vibrent de toutes parts en m’esquivant, laissant sur place les aficionados qui assurément vont en profiter jusqu’au bout, et tant mieux pour eux !
Mais je ne repars tout de même pas trop désolé de cette soirée, loin de là, étant donné que la meilleure partie (pour moi, bien sûr) aura été la première, avec la prestation de the Bodies, un quintet anglais apparemment formé depuis peu, et qui démarre avec un genre de cold/post-punk bien sombre, avec un chanteur qui attire l’œil et l’oreille, tant il ne peut manquer d’évoquer Ian Curtis, mais aussi un Dave Gahan par exemple, entre détachement typiquement britannique et concentration extrême. On ira même jusqu’à se surprendre à penser à the Ex, plus par rapport à la voix qu’aux sonorités d’ailleurs. Mais assez rapidement, la musique du groupe (deux guitares, basse, batterie omniprésente) évolue vers quelque chose de bien plus énergique (l’un des guitaristes arbore un t-shirt ‘refused’), mais tout aussi intéressant, et c’est désormais Holy Curse qui transparaît derrière les morceaux interprétés, même si on n’imagine guère les jeunes Anglais biberonnés au rock made in France, on est vraiment dans le « high energy rock’n’roll ». Et si les spectateurs, encore pas très nombreux à ce moment de la soirée, applaudissent (à peine) poliment, je me prends une bonne claque, ça fait plaisir d’arriver à l’heure pour être récompensé d’une telle façon ! Alors on regrettera, une fois de plus (ou pour une fois ?) que le temps imparti à la première partie soit si réduit (25 toutes petites minutes…), mais on va essayer de garder en tête ce nom, the Bodies, en espérant que ce ne sera pas qu’un feu de paille, et qu’il pourra prendre le temps de se développer, en n’oubliant pas au passage de revenir dans nos contrées pour nous montrer son évolution.
La suite, ce sera vendredi (13) prochain, au Trabendo, avec the Subways. Par la suite, il y aura plein de bonnes choses, avec parmi d'autres quoique dans l’ordre chronologique Sleater-Kinney, Lydia Lunch, Paul Weller, Gang of Four, Sleaford Mods…