8 juin 2014
[Brassen's Not Dead] ceux qui tournent bien
Date : dimanche 8 juin 2014
Dimanche de Pentecôte étouffant, Pilipe est dans le coma, ce qui semble toujours aussi irréel, l’orage tourne autour de Paris, et cela n’empêche pas un public nombreux, jeune, et au poil ras, de se presser devant l’Amsterdam Bar, lieu que je fréquente habituellement le lundi soir après le foot, ce qui change un peu la vision des choses : les tables et chaises de l’arrière-salle ont été repoussées, il n’y a pas de scène, et ceux qui veulent aller aux toilettes doivent passer au milieu des musiciens, même en plein concert...
Les choses commencent à prendre forme peu après 20h00, avec les 5 membres de Makadam qui finissent par entamer leur set (court, à peine 30 minutes), et il ne faut pas longtemps pour comprendre qu’on est ici dans du street-punk/oï à forte influence Komintern Sect, tant musicalement qu’au niveau des chœurs, ce qui nous ramène quelques années en arrière... Il y a deux chanteurs (dont l’un a des liens étroits avec le chanteur de Warum Joe, au passage), qui se complètent plutôt bien, et qui permettent (l’un comme l’autre) de comprendre les paroles, et on note également qu’acoustiquement c’est plutôt correct, et les quelques pains (timing parfois raté) au niveau des musiciens (basse/guitare/batterie) ne gâchent pas la fête qui s’empare des spectateurs, ça pogote, ça slamme, même si le plafond est plutôt bas (et encombré d’accessoires, tels une boule à facettes ou un rétroprojecteur...), bref le public comme les musiciens passent du bon temps, et c’est déjà pas mal. Cerise sur le gâteau, la reprise du jah (No Class, on reste dans la mouvance Chaos...) est plus que correcte, et ne gâche pas cette bonne impression, même s’il est vrai que je n’écoute plus qu’occasionnellement ce genre de punk, une fois de temps en temps ça rafraîchit un peu, et ce soir on a en besoin.
Le temps de changer (un peu) l’absence de scène, et voici les Tarbais de Dead Spike, un autre quintet (mais à un seul chanteur) qui œuvre dans un univers pas si éloigné que cela du premier groupe : même si les premières secondes m’avaient laissé croire qu’on allait plutôt s’orienter vers le punk à roulettes, on est bien dans le street-punk classique, le chanteur à voix rauque ne laisse guère de doutes à ce sujet, et ses textes non plus. On aborde tant le sujet de l’antifascisme (résistance, avec une finesse dans le texte du genre “25% de merde, 12 balles dans la peau”) que celui de la corrida, et ici on ne remarque pas de pains, le set est carré, les 4 musiciens (on a 2 guitares) sont bien au point, et si cela ne me transporte pas plus que cela, c’est sans doute que je sature un peu après la prestation de Makadam. Du côté des reprises, on a droit à du Rats (abbey-routh, dédié aux Parisiens), correct, et personne n’est étonné d’entendre pas de voyous dans mon bar, le mythique morceau des Trotskids, qui est à la fois d’actualité et corrobore le sentiment de liaison avec la fraction Chaos en France dont on parlait précédemment. Bref, 45 minutes pas inintéressantes, mais pas inoubliables non plus, il est temps de passer aux choses sérieuses !
Enfin, quand j’écris “choses sérieuses”, c’est presque une figure de style, étant donné que le concert des Brassen’s Not Dead, qui ont plus ou moins réussi leur balance dans les conditions précaires inhérentes au lieu, débute par une longue intervention de l’Animateur à la Kon, qui en utilisant son “livre de blagues à la kon”, fait patienter tout un chacun, sans qu’on sente le moindre énervement dans la salle, preuve que le public sait que cela fait partie du spectacle, et réagit donc en conséquence en attendant le début de la partie musicale de la chose... Il fait d’ailleurs bien, étant donné que c’est un package, et en sera d’ailleurs récompensé un peu plus tard, mais on y reviendra... Comme toujours, c’est avec une jolie fleur que le set démarre, les reprises de Brassens sont survitaminées, le public connaît les paroles par cœur, et pogote et slamme à foison, filles et gars indifféremment, avec une seule constante, le sourire en permanence sur les visages. C’est la fête, tout simplement, et la seule différence concernant l’accueil des morceaux tient en un surcroît d’énergie pour certains (don juan, le gorille), autant dire que la température ambiante n’est pas orientée à la baisse ! Bien sûr, le côté anar du public réagit à fond sur mourir pour des idées, mais également pour la complainte des filles de joie, comme quoi les textes comme la musique peuvent emporter l’adhésion. On parlait de package, en fait on a une petite pause musicale après le mouton de panurge, histoire de laisser l’animateur à la kon effectuer un tirage au sort pour la tombola liée aux billets d’entrée, et si certains s’attendaient à des lots “à la kon”, ils sont bien surpris puisque ce sont des lots de CD qui sont distribués... J’avais le numéro 24, il n’est pas sorti, mais le 45 non plus, malgré la pression mise sur l’animateur du début à la fin de la tombola !
Après cet intermède inattendu, le set peut reprendre, marqué bien évidemment par l’interprétation de le roi, actualisé un brin, tant dans les noms (“sarkozy et flanby”) que dans les pays (la Tunisie ne faisait pas partie de la version originale, à ce que je sache...), et si le groupe fait semblant de s’esquiver à la fin de la chanson, c’est pour mieux revenir, avec une brave margot en deux parties entourant la superbe pauvre martin, et ce set un poil court à mon goût (on en avait eu bien plus à la Miroiterie l’an passé) ne fait que donner l’envie d’en reprendre, le plus vite possible !
Et on appréciera l’ambiance générale de la soirée, public+musiciens+troquet et ses habitués, ça a frisé la perfection...
Set-list Brassen’s Not Dead :
- une jolie fleur
- les patriotes
- le testament
- don juan
- le gorille
- trompe la mort
- mourir pour des idées
- la complainte des filles de joie
- la rose, la bouteille et la poignée de main
- le mouton de panurge
- les oiseaux de passage
- celui qui a mal tourné
- le roi
- Rappel : brave margot
- pauvre martin
- brave margot
Là, on fait une pause (forcée), en attendant la suite, qui est théoriquement le Festival de la Ferme Electrique, début juillet...
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