26 mai 2013
[the Intelligence] males
Date : 26 mai 2013
Le Trabendo affiche complet en ce dimanche soir, pour clore le festival Villette Sonique, et comme le temps a fini par se mettre au beau, la terrasse extérieure fait également le plein à l’heure où les premières notes retentissent dans la salle, qui du coup laisse chacun libre de respirer à l’aise, ce qui ne sera plus trop le cas plus tard dans la soirée...
Ça démarre d’ailleurs assez fort avec un trio très chevelu, The Night Beats, en formation très classique basse-batterie-guitare, et quand on dit fort cela concerne également le niveau sonore, tant les Américains ne font jamais dans la demi-mesure. Une très grosse rythmique, des sons de guitare assez lourds, mais juste ce qu’il faut pour rester bluesy et ne pas tomber du côté obscur de la force, il y a de quoi prendre du plaisir, même si on peut estimer que la voix un peu plaintive du chanteur-guitariste pourrait desservir le trio. Le public ne s’y trompe pas, et accueille très chaleureusement les compositions du groupe, qui finissent pourtant à la longue par ne plus trop se différencier les unes des autres... Alors, même si on oublie volontairement la longue jam finale, lourdingue et distordue, on reste un peu sur son quant-à-soi au final, devant un groupe quelque peu monolithique, assez sympa en tant que première partie, mais qu’on n’imagine guère révolutionner l’histoire du rock, ni même finir par pénétrer le Top 100 de nos groupes préférés...
La suite, c’est le retour du le tapis d’une sempiternelle question existentielle concernant le distinguo album/concert : comment un groupe enthousiasmant sur scène peut-il se révéler assez neutre, voire très décevant, dès lors qu’on tente de retrouver la même passion sur les galettes studio ? En guise d’exemple frappant, The Intelligence en est un sacré, et ce soir on s’approche de la scène avec autant d’intérêt que de circonspection, d’autant que la composition du groupe a largement évolué depuis 3 ans à la Maro, les deux filles (batterie et clavier) ayant disparu au profit d’un batteur masculin et d’une deuxième guitariste. Qu’on se rassure, il n’y a aucune remise en cause du caractère explosif et excitant du groupe, même si l’impression finale laissée par le quatuor sera celle d’un groupe un poil apaisé, qui œuvre désormais quasi exclusivement dans la lignée des groupes pop-punk de choix tels Buzzcocks ou les Undertones, avec des titres courts, très mélodiques, mais également pêchus, qui donnent envie de se trémousser sans pour autant vouloir transformer cela en gigantesque pogo. C’est fin, bien ciselé, parfois même on se dit que cela pourrait partir un peu plus en vrille pour emporter totalement la foule, en gros la dimension légèrement foutraque qui évoquait les Fall a disparu avec le changement de line-up, mais cette dimension ne fait pas réellement défaut, c’est simplement une évolution de la musique (et du jeu de scène) que l’on constate sans s’en formaliser outre mesure. Le fait que le chanteur s’exprime assez bien en français (les relations avec Born Bad, les multiples concerts dans nos contrées) doit également aider à l’enthousiasme qui habite les spectateurs, et ces 42 minutes et quelques sont un pur plaisir, en redonnent même envie de retenter l’expérience des albums studio... une très bonne affaire à (continuer de) suivre, donc !
Il ne faut pas non plus se leurrer, si la soirée est complète depuis plusieurs semaines, c’est surtout à l’annonce de Thee Oh Sees en tête d’affiche, tant le quatuor américain truste les unes des magazines spécialisés (ou non), et ceci explique sans doute également que les spectateurs soient aussi jeunes et mixtes pour une soirée aussi rude pour les oreilles. Le fait est que d’entrée de jeu, on sent ce qui peut autant créer le buzz autour du quatuor, avec une grosse rythmique basse-batterie, des sons de guitare stridents et distordus, on ne semble pas être loin de l’univers des regrettés Eighties Matchbox B-Line Disaster, ce qui est une preuve de goût. Mais il suffit de pas grand chose pour dérégler une belle mécanique, et dans le cas présent il s’agit des voix, puisqu’on a rapidement l’impression que les frères Gibb sont venus castrer l’enthousiasme avec un chanteur-guitariste à la voix extrêmement haut-perchée, accompagné d’une chanteuse-choriste qui ne relève pas vraiment le niveau, et cela devient très rapidement douloureux pour les esgourdes... Lorsqu’on se rend compte de ce hiatus, on commence à faire attention au contenu musical des morceaux, et on s’aperçoit alors que les guitares distordues finissent par lasser, que le côté psychédélique n’est pas plus ce soir ma tasse de thé que d’habitude, bref que je vais avoir du mal à m’intégrer à la communauté des ohsees-addicts. Dans ce cas, il n’y a pas 36 solutions : soit on s’accroche, et on tente tout de même de comprendre le phénomène (ce n’est pas mon genre de m’accrocher, alors l’option est abandonnée), soit on se réfugie vers le bar (là, c’est plus productif, et la bière n’est pas si mauvaise, solution adoptée), soit on quitte les lieux (solution adoptée également, dès lors que les verres sont vides). Vous l’aurez compris, sans aller jusqu’à vouer aux gémonies le groupe, je n’en parlerai plus trop, et ne retournerai assurément plus le voir, le masochisme a ses limites (enfin, je crois !).
La suite, en assurément mieux, ce sera dès mercredi avec le retour des Undertones à la Maro.
La suite, c’est le retour du le tapis d’une sempiternelle question existentielle concernant le distinguo album/concert : comment un groupe enthousiasmant sur scène peut-il se révéler assez neutre, voire très décevant, dès lors qu’on tente de retrouver la même passion sur les galettes studio ? En guise d’exemple frappant, The Intelligence en est un sacré, et ce soir on s’approche de la scène avec autant d’intérêt que de circonspection, d’autant que la composition du groupe a largement évolué depuis 3 ans à la Maro, les deux filles (batterie et clavier) ayant disparu au profit d’un batteur masculin et d’une deuxième guitariste. Qu’on se rassure, il n’y a aucune remise en cause du caractère explosif et excitant du groupe, même si l’impression finale laissée par le quatuor sera celle d’un groupe un poil apaisé, qui œuvre désormais quasi exclusivement dans la lignée des groupes pop-punk de choix tels Buzzcocks ou les Undertones, avec des titres courts, très mélodiques, mais également pêchus, qui donnent envie de se trémousser sans pour autant vouloir transformer cela en gigantesque pogo. C’est fin, bien ciselé, parfois même on se dit que cela pourrait partir un peu plus en vrille pour emporter totalement la foule, en gros la dimension légèrement foutraque qui évoquait les Fall a disparu avec le changement de line-up, mais cette dimension ne fait pas réellement défaut, c’est simplement une évolution de la musique (et du jeu de scène) que l’on constate sans s’en formaliser outre mesure. Le fait que le chanteur s’exprime assez bien en français (les relations avec Born Bad, les multiples concerts dans nos contrées) doit également aider à l’enthousiasme qui habite les spectateurs, et ces 42 minutes et quelques sont un pur plaisir, en redonnent même envie de retenter l’expérience des albums studio... une très bonne affaire à (continuer de) suivre, donc !
Il ne faut pas non plus se leurrer, si la soirée est complète depuis plusieurs semaines, c’est surtout à l’annonce de Thee Oh Sees en tête d’affiche, tant le quatuor américain truste les unes des magazines spécialisés (ou non), et ceci explique sans doute également que les spectateurs soient aussi jeunes et mixtes pour une soirée aussi rude pour les oreilles. Le fait est que d’entrée de jeu, on sent ce qui peut autant créer le buzz autour du quatuor, avec une grosse rythmique basse-batterie, des sons de guitare stridents et distordus, on ne semble pas être loin de l’univers des regrettés Eighties Matchbox B-Line Disaster, ce qui est une preuve de goût. Mais il suffit de pas grand chose pour dérégler une belle mécanique, et dans le cas présent il s’agit des voix, puisqu’on a rapidement l’impression que les frères Gibb sont venus castrer l’enthousiasme avec un chanteur-guitariste à la voix extrêmement haut-perchée, accompagné d’une chanteuse-choriste qui ne relève pas vraiment le niveau, et cela devient très rapidement douloureux pour les esgourdes... Lorsqu’on se rend compte de ce hiatus, on commence à faire attention au contenu musical des morceaux, et on s’aperçoit alors que les guitares distordues finissent par lasser, que le côté psychédélique n’est pas plus ce soir ma tasse de thé que d’habitude, bref que je vais avoir du mal à m’intégrer à la communauté des ohsees-addicts. Dans ce cas, il n’y a pas 36 solutions : soit on s’accroche, et on tente tout de même de comprendre le phénomène (ce n’est pas mon genre de m’accrocher, alors l’option est abandonnée), soit on se réfugie vers le bar (là, c’est plus productif, et la bière n’est pas si mauvaise, solution adoptée), soit on quitte les lieux (solution adoptée également, dès lors que les verres sont vides). Vous l’aurez compris, sans aller jusqu’à vouer aux gémonies le groupe, je n’en parlerai plus trop, et ne retournerai assurément plus le voir, le masochisme a ses limites (enfin, je crois !).
La suite, en assurément mieux, ce sera dès mercredi avec le retour des Undertones à la Maro.
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