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l'ayatollah du rock
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14 novembre 2012

[Kas Product] so old, not so cold

Date : 14 novembre 2012

 

Beaucoup de monde en ce mercredi à la Machine, du vieux, du moins vieux (mais peu de jeunes, quand même), des hommes, des femmes, des punks, des goths, des… rien ( !), un bar pris d’assaut et des barmen/barwomen qui ont du mal à assurer, l’affiche du soir a convoqué les anciens, qui ont ressorti pour l’occasion leurs cuirs, mais on remarque que certains ont abandonné la bière pour le champagne, et là ça frise la faute de goût…

 

Pour entamer la soirée, à 21h pétantes (la Machine est plus réglo que ne l’était la Loco de son vivant), c’est Von Magnet qui vient nous présenter son nouvel album « archipielagos ». Pour démarrer, tandis que le guitariste crée des nappes de manière minimaliste, et que le futur clavier/boîtes/percussionniste vient tapoter à un doigt sur ses machines, le batteur vient s’installer derrière sa batterie (il reste debout, et le temps du premier morceau ne bouge pas d’un poil), les deux chanteurs (un et une) nous proposent une sorte de polyphonie corse légèrement teintée de tribalisme (la fin, surtout, lorsque la batterie est prise en charge), qui peut décontenancer les spectateurs non avertis. Et encore, la suite va s’avérer encore plus étrange, puisque le chanteur va carrément se placer sur une estrade en bois pour effectuer des claquettes, bientôt suivi par la chanteuse et également le clavier... Vous l’aurez compris, c’est un univers très particulier que celui de Von Magnet, créateur de l’électroflamenco, qui orientalise beaucoup les sonorités post-indus de ses instruments, pour créer des ambiances très particulières auxquelles on adhère... ou pas ! Personnellement, ce n’est pas que je trouve cela totalement désagréable, c’est juste que cela me laisse plutôt froid, et je sais déjà que je ne vais pas forcément me jeter sur la discographie du groupe pour voir ce que j’ai manqué de ces 25 dernières années... Bref, on fait passer l’heure de set, ainsi que les 7 minutes de rappel, avec une bière que l’on a fini par acheter, en attendant la suite, comme un certain nombre de spectateurs, d’ailleurs...

 

Après un changement de plateau un poil plus long que prévu (plus précisément, le rappel de Von Magnet a décalé le début de la tête d’affiche de 5 minutes sur l’horaire prévu), le duo historique composé de Spatsz et Mona Soyoc arrive sur scène, l’un avec les cheveux aussi longs qu’il y a 30 ans, l’autre aussi fine qu’elle l’était à l’époque... Le premier titre nous propose Spatsz coincé derrière ses claviers, comme il le restera tout au long du set, tandis que Mona se découpe en ombre chinoise derrière un écran, qu’elle lacère avec un cutter au fil de la chanson, que j’avoue ne pas avoir reconnue... tout comme la deuxième, à croire que les réorchestrations m’ont perturbé, à moins qu’il ne s’agisse de nouveaux titres ? Car s’il y a sept ans, au même endroit (l’ancienne Loco), les Kas Product nous avaient proposé un set aux sonorités quasiment identiques aux versions originales des titres, ce soir on va constater que tous les titres ont été remodelés, repensés de manière un peu moderne, avec une boîte à rythmes omniprésente mais moins datée, et des nappes de claviers, comme sur never come back, qui peuvent faire perdre un peu d’énergie aux morceaux... Je dis bien aux morceaux, car les deux musiciens semblent au top de leur forme, en particulier une Mona affutée comme jamais, qu’elle empoigne sa guitare agressive ou qu’elle se contente d’arpenter la scène en dansant, et ce ne sont pas ses multiples passages sur le public (eh oui, elle pratique le stage diving en chantant !) qui changent cette impression ! Tant qu’à utiliser des instruments, pourquoi ne pas s’emparer d’un mégaphone et d’un pistolet à amorces (underground movie), et autant projeter quelques vidéos en arrière-fond, même si elles ne sont guère plus que des fractales... Très souriante, Mona passe son temps à saluer le public, en serrant des mains au passage, et en laissant de temps à autres un spectateur ou une spectatrice s’emparer du micro pour un refrain pas trop compliqué ! Les titres considérés comme des tubes sont ceux qui reçoivent le meilleur accueil du public (le raté never come back, so young but so cold, take me tonight), pendant que les titres un peu trop lents (le 11e du soir, pas plus reconnu que les deux premiers, en est caricatural) permettent de relâcher un poil la tension (l’attention itou). Histoire de marquer la soirée, Mona se met soudain à traverser la fosse pendant nothing in the way, et elle grimpe les escaliers jusqu’au 2e étage, avant de refranchir le barrage de la fosse, devant un public presque pétrifié de cette incursion rarissime... Un énorme loony bin pour conclure le set, et le duo quitte la scène après une heure pétante de concert (on vous le dit, les horaires ici sont tenus !), puis de revenir pour l’incontournable pussy x, qui offre à Mona l’occasion de démontrer que si sa chaude voix n’a pas bougé d’un iota depuis toutes ces années, ses feulements non plus ne se sont pas perdus en route, et on sent que des frissons parcourent pas mal d’échines masculines des premiers rangs... Et après un deuxième retour aux loges, c’est quasiment en version a cappella que Mona exécute gift of the gods, tant le son de clavier est feutré, et cette version est totalement étonnante, même si elle n’est pas totalement convaincante... Tout cela nous amène à la fin du set, qui aura duré 1h09 (donc 2 minutes de plus que Von Magnet, le privilège de la tête d’affiche, sans doute), et on en ressort heureux, quoique interloqué par ce mélange de sons anciens et nouveaux et par le ralentissement opéré sur certains titres : on a sans doute perdu pas mal de cold en route, mais avoir tant retravaillé les anciens titres ne pourrait-il pas laisser supposer que de nouvelles choses seraient en gestation ? Affaire à suivre de près, donc.

 

 

Set-list (largement incomplète, désolé !) :

  1. ??
  2. ??
  3. One of a kind
  4. See 4 yourself
  5. Underground Movie
  6. Never come back
  7. Tina town
  8. So young but so cold
  9. No shame
  10. Take me tonight
  11. Nothin’ in the way
  12. Loony bin
  13. Rappel 1 : Pussy X
  14. Rappel 2 : Gift of the gods

 

RDV dimanche soir au Point FMR, avec le retour des très Canadiens et totalement immanquables NoMeansNo.

 

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