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l'ayatollah du rock
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9 décembre 2011

[Kid Congo and the Pink Monkey Birds] i'm congoed

Date : 9 décembre 2011

 

Vendredi soir, la Boule Noire affiche complet, et si Tonton Albert réussit à dégoter une place à l’arrache, Tata Isabelle et bien d’autres ne réussiront pas à pénétrer les lieux, preuve que parfois le public parisien peut faire preuve de bon goût dans le choix des salles sold-out !

 

Bon, le public globalement assez âgé fait un bon accueil aux Montpelliérains de Thee Mojofuckers, mais on a du mal à réellement s’enthousiasmer pour le “Blues / Garage / Rockabilly” distillé par le quatuor, tant certains morceaux semblent manquer de tout ce qui pourrait être vivifiant pour une première partie : la contrebasse est sous-utilisée, le batteur est presque sobre (dans son jeu), le guitariste se permet de jouer des solos, et la chanteuse possède un organe vocal qui évoque les pires moments de Cindy Lauper (criard et haut perché, pour faire court)... Alors on attend, de temps en temps le rythme s’accélère, ça semble moins carré et ça devient plus intéressant, mais dès qu’on revient à du rockabilly classique, le sommeil revient nous guetter, et on écoute sans passion les musiciens qui, eux, paraissent passer du bon temps... On notera une reprise, pas vraiment réussie, quoique très distincte de l’original, du hi de ho man de Cab Calloway, et c’est après 45 minutes (une bonne durée pour une première partie que la scène se vide et que le groupe suivant commence à venir s’y installer.

 

Un quatuor assez étonnant se présente donc sur scène, tous en vestes de jean identiques, au motif de dos similaire, tous porteurs de marinières (deux roses, deux noires), les têtes barbues ou moustachues s’accordent bien au look, on comprend que Kid Congo & the Pink Monkey Birds sont dans un trip plutôt psychédélique à la mode 60’s-70’s, ces pseudo-bikers abusant ce soir d’un orgue pas si désastreux que cela, même si parfois il prendra une énorme place dans la musique jouée ce soir... Sans doute averti des horaires très stricts appliqués dans les salles parisiennes, le groupe commence son “Alternatif / Garage / Rock” 5 bonnes minutes avant l’horaire prévu, avec d’entrée l’idée de mettre en avant pas mal de titres issus du nouvel album, et personne ne s’en plaindra tant le passage du CD au live se fait avec réussite ! Il faut bien avouer que personne n’en doutait vraiment, puisque chaque fois que le Kid descend en ville, c’est pour nous délivrer des concerts énormes, mais ce soir la sauce est encore différente, cette touche psychédélique était absente des fois précédentes, et cela permet d’offrir une autre approche à des morceaux que tout le monde (dans la salle, du moins) connaît par cœur, tels l’incontournable the history of french cuisine, que l’ancien gratteux du Gun Club, des Cramps ou encore des Bad Seeds de Nick Cave (sacré CV, non ?) se fait un plaisir d’offrir lors de ses tournées françaises... Le son général est très bon, la basse est parfaite, les guitares se complètent quand il le faut, et la voix de Kid... eh bien, elle reste inimitable : on ne peut pas vraiment dire qu’il chante, c’est plutôt une façon très particulière de scander et d’articuler ses paroles, mais le rythme qui y est mis permet de créer une ambiance qui s’accorde avec les arpèges musicaux que ses acolytes et lui-même mettent en œuvre ! Et si les morceaux interprétés sont excellents, cela ne signifie pas que le set se déroule de manière uniforme, loin de là : les interludes entre les titres permettent au chanteur de distiller des bons mots, très compréhensibles même pour les non anglophones, les présentations des titres sont souvent pleines d’humour, ainsi le goldin browne qui est successivement décliné comme n’étant ni le classique des Stranglers, ni un hommage à James Brown, mais simplement une réussite du guitariste du groupe Jesse Roberts... Même les titres aux sonorités les plus latines (la llarona) prennent une bonne dose d’énergie ce soir, le black santa est trempé dans les cendres du 13th Floor Elevator, et our other world est dédié à la visite hilarante (il fallait être là !) de Rick James (qui s’en souvient ?) de la boutique de disques dans laquelle Kid Congo travaillait quand il était jeune... Nous avons droit à notre lot de reprises, évidemment, à commencer par i found a peanut (attribué au Grateful Dead sur les crédits de l’album), mais c’est surtout le diptyque i’m cramped / for the love of ivy qui fait entrer en transe le public, la succession des Cramps et du Gun Club permettant à chacun de trouver ce qu’il était venu chercher au minimum : si Jeffrey Lee Pierce ne sera pas cité ce soir, contrairement à l’habitude, c’est Lux Interior qui sera honoré, et les versions de ces deux titres sont d’un très bon niveau, et n’auraient sans doute pas déparé s’ils avaient été mis en concurrence avec les versions originelles... Kid Congo, toujours grimpé sur ressorts, est souriant d’un bout à l’autre du set, on voit qu’il ne vit que pour la musique, et qu’il prend réellement du plaisir à être sur scène, et ce soir le public le lui rend bien, on ne ressent pas tous les jours une telle ferveur dans une salle de la capitale, le respect est mutuel mais l’empathie également, et rares seront ceux qui sortiront de là avec un goût d’inachevé... Car si au bout d’une grosse heure de titres bien rôdés et d’instrumentaux à point, le groupe quitte la scène, il ne faut pas plus d’une minute avant de le voir revenir, avec un rappel composé de titres moins récents, le pumpkin pie issu de l’avant-dernier “dracula boots” s’avérant finalement meilleur que la reprise du sex beat, que l’on a connue plus pêchue et un poil plus rapide, avant un final anthologique à l’intro instrumentale énorme avec la historia de un amor, et on se dit alors qu’on a eu droit à 1h20 de vrai bonheur... Que nenni, le groupe sort deux minutes, mais revient pour profiter à fond du temps qui lui est imparti, et nous offre deux derniers titres de folie, dix minutes de plaisir ultime, et dès que les lumières finissent par se rallumer, c’est pour constater que les musiciens sont descendus au beau milieu des spectateurs, histoire de partager encore quelques instants ce moment de communion que le groupe crée chaque soir : CV long comme le bras ou pas, il n’y a jamais de condescendance chez ces messieurs, et cela pourra encore être rajouté à toutes les qualités dont on peut les affubler... Un énorme concert, qui laisse à penser que le groupe se bonifie avec les années : vivement la suite, et le retour dans les salles parisiennes !

 

 

Set-list (probable, sans vérification officielle) :

  1. lord bloodbathington
  2. at the ruin of others
  3. i found a peanut (Grateful Dead)
  4. rare as the yeti
  5. goldin browne
  6. la llarona
  7. floor length hair
  8. black santa
  9. our other world
  10. i’m cramped (Cramps)
  11. for the love of ivy (Gun Club)
  12. catsuit fruit
  13. the history of french cuisine
  14. gorilla rose
  15. bo bo boogaloo
  16. bubble trouble
  17. lsdc

Rappel 1

  1. pumpkin pie
  2. sex beat (Gun Club)
  3. la historia de un amor

Rappel 2

  1. bunker mentality
  2. injun war crimes

 

Samedi soir, direction la Clef avec Arthur H.

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