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l'ayatollah du rock
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8 octobre 2010

[Joe Jackson] right here, right now

Date : 8 octobre 2010

 

Il est très rare que j'assiste à un concert "tous assis",  d'autant plus à la Cigale (il y a 3 ans, avec Bill Deraime). On peut supposer que le public, globalement quadragénaire, a les moyens de s'offrir les places au tarif exorbitant qui est celui de ce soir, mais l'ambiance ne sera jamais aussi chaude qu’elle l’était au Bataclan il y a 4 ans, dans une configuration pourtant équivalente… En plus, les sièges de la Cigale n’améliorent pas l’état des lombaires…

 

Chargé de chauffer le public qui prend le temps de s’installer, Jeffrey Gaines est un singer/songwriter américain, qui officie depuis une petite vingtaine d’années dans un "Acoustique / Folk / Rock" d’allure assez classique. On pourrait penser que l’ennui inhérent à ce style ne va pas tarder à me gagner, mais il faut avouer que la voix du bonhomme, légèrement éraillée, a quelque chose de suffisamment intrigant pour qu’on continue à écouter l’homme et sa guitare. On finit par comprendre ce qui attire chez Jeffrey lorsqu’il nous interprète sa version du riot act d’Elvis Costello : le timbre de voix et la façon de chanter sont quasi identiques à l’original, et les références citées sur la page myspace du chanteur prennent tout leur sens, et expliquent que je ne me sois pas endormi jusque là… Si cela ne dure qu’une demi-heure, c’est une découverte pas inintéressante, et on peut espérer pour lui que la tournée européenne en cours va l’aider à conquérir un public d’habitude plutôt réceptif à ce genre de musique !

 

Dans la même formation qu’il y a 4 ans, Joe Jackson et ses deux vieux comparses Dave Houghton (batterie, percus) et Graham Maby (basse) vont œuvrer pendant une petite heure et demie (seulement, pourrait-on dire) dans une "Pop / Jazz / New Wave" assez classique dans l’optique du groupe, et ceux qui misaient sur une prestation purement jazz en auront été pour leurs frais ! Débutant avec un different for girls exécuté par le toujours classieux Joe seul au piano, le set permettra de folâtrer au fil de la petite vingtaine d’albums du groupe/chanteur, avec une petite prédilection pour le dernier en date, "rain", qui nous offrira de très bons moments (too tough, king pleasure time, invisible man) et surtout pour "look sharp !", qui se voit offrir 4 titres : une version méconnaissable mais géniale de sunday papers, l’incontournable is she really going out with him, un fools in love qui permet à Joe de s’amuser avec son melodica, et et un got the time qui voit la musique jouée uniquement par la section rythmique, ce qui change pas mal la vision que l’on peut avoir du morceau… Le groupe est très à l’aise, sérieux mais plutôt ouvert, Joe plaisante parfois avec le public, et si chacun s’attendait à entendre be my number two (Joe seul au piano) ou take it like a man, très efficace, les surprises sont assez nombreuses : sans basse, uniquement à l’aide de son batteur et son piano, Joe réinterprète the best i can do de très jolie manière, et l’interprétation (gâchée par une très mauvaise balance au niveau de la basse) de tomorrow’s world permet de réhabiliter le sous-estimé "blaze of glory". Nous avons également droit à deux reprises ce soir, l’une en piano solo de for no one (Beatles), que Joe interpréta avec Rickie Lee Jones il y a quelques années, l’autre encore plus obscure (Joe refuse d’annoncer de qui elle est) puisqu’il s’agit de the boys watch the girls (Andy Williams), qui permet au groupe de bien se faire plaisir sur scène… tout comme le public, d’ailleurs !

L’album "night & day" n’est pas oublié, loin de là, puisque c’est à une doublette chinatown / another world que nous avons droit, le dernier mettant en avant le travail merveilleux de Graham à la basse… On n’oublie évidemment pas le dernier titre du rappel, un steppin’ out encore une fois totalement retravaillé, le groupe ne s’endort jamais sur ses lauriers, et en dehors de mon voisin qui restera à dormir/cuver toute la soirée, on peut supposer qu’il n’y aura pas eu trop de mécontents à la Cigale ce soir ! En guise d’adieu, Joe conclut seul le set avec un home town toujours aussi touchant, et c’est encore totalement sous l’emprise de la magie que la foule quitte la salle, sans arrêt au stand merchandising absent (au vu des tarifs pratiqués la dernière fois, on s’en est passé sans regret !) mais avec des mélodies plein les oreilles et des étoiles plein les yeux !

 

Ce samedi, direction le Trabendo avec les Undertones.

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