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l'ayatollah du rock
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6 novembre 2009

[Ebony Bones] we know all about you

Date : 6 novembre 2009

 

L'horaire est inhabituel (18h00), mais étant donné qu'il y a 5 groupes à l'affiche de cette soirée du Festival des Inrocks à la Cigale (sans parler des deux interludes acoustiques très différents - chanson plus ou moins bluesy d'un côté, mièvreries pianistiques de l'autre), il vaut mieux ne pas être trop en retard, car la soirée ne pourra pas s'éterniser après 22h30...

 

On avait déjà eu l'occasion d'apprécier The Dodoz à deux reprises il y a deux ans, tant à la Flèche d'Or qu'à l'Elysée Montmartre, et ce soir on a la confirmation que les mois écoulés depuis lors ont permis au quatuor toulousain de consolider leur savoir-faire, avec une bassiste-chanteuse dont la voix peut évoquer les Long Blondes, tandis que le batteur se déchaîne tout au long du set, que ce soit pendant les morceaux très rock aux sonorités avoisinant les Subways ou pendant les titres plus dance-rock rappelant toute la litanie des Bloc Party et consorts... Les deux guitaristes s'en donnent à cœur joie pour que le "Post-punk / Indépendant" annoncé soit le plus excitant possible, et si on n'ira pas jusqu'à prétendre que le set est monstrueux, il reste tout de même très agréable, assez carré, et les spectateurs encore rares à cette heure ont pu ainsi bénéficier d'une entrée en matière plutôt réussie, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre de festivals...

 

Classés approximativement dans le grand fourre-tout "indie-rock", les quatre Américains de The Soft Pack font dès les premières secondes de set penser à leurs glorieux compatriotes des Violent Femmes, sans pour autant que la musique soit d'ailleurs vraiment comparable, puisque seul le jeu de batterie (debout) est commun aux deux groupes, à quelques sonorités de guitares près... C'est plus l'énergie qui est commune, les deux guitaristes et le chanteur-bassiste réussissant d'entrée de jeu à insuffler quelque chose de surprenant... On dit bien d'entrée de jeu, car malheureusement la flamme aura au fil du set tendance à se raréfier, et si cela se laisse écouter, on se surprend parfois à attendre la suite avec un peu d'impatience... Gentillet, mais sans plus, donc!

 

Un batteur, un clavier, une chanteuse, des rythmes très dansants et affreusement synthétiques, Little Boots dépare largement dans cette soirée, avec une dance-pop de bas étage qui n'a pas grand-chose à faire au milieu des autres groupes de la soirée, mais offre tout de même l'avantage de laisser beaucoup de temps pour aller se désaltérer, on regrette tout de même que les bars de la Cigale ne soient pas mieux insonorisés et que les basses s'entendent aussi bien, même au rez-de-chaussée...

 

Grosse fan-base pour les Black Lips américains, dont la "Psychédélique / Comédie" peut se traduire par un "flower punk" déjanté, foutraque, pas hyper carré mais totalement délirant, à la réputation scénique très réputée (embrassades à pleine bouche qui leur valurent un séjour en prison indienne, crachats, vomissures...), et ce qui démarre timidement dans un style Sham 69 pas très évolué se transforme très vite en volcan en éruption, et les spectateurs extatiques en profitent pour monter sur scène, embrasser les musiciens, leur piquer leurs casquettes, au grand dam des videurs qui finiront le set hyper énervés et à la limite de la violence gratuite, tandis que les spectateurs très gais auront le mérite de rester eux-mêmes hyper calmes en ne cédant pas aux provocations de la milice de scène... Les titres s'enchaînent à un rythme élevé, le chant se partage entre les quatre membres du groupe, on regrette simplement l'accent à couper au couteau qui empêche de saisir l'essentiel des interventions, mais on s'en fiche finalement, le set est un tout, plein de vie, d'alcool, de fesses (y avait-il un concours ?) et de bonne humeur qui vous remet dans le bon sens avant la tête d'affiche !

 

Lorsque le rideau finit par s'ouvrir, on découvre cinq musiciens déguisés et grimés sur scène, une saxophoniste, deux claviers, un batteur et un guitariste, qui entament des rythmes quasi-tribaux, avant d'être rejoints par deux danseuses-choristes, et c'est lorsque Ebony Bones arrive sur scène que la folie prend le pouvoir : on avait déjà eu un bon avant-goût du "Post-punk / Tropicale / Chansons populaires mélodramatiques" du groupe il y a deux ans en première partie des Slits, ce soir on va avoir droit à un show vraiment bluffant, à la fois carré et d'allure bordélique, aux rythmes funky et aux sonorités punk... On connaît l'histoire, c'est Rat Scabies qui a poussé le groupe, et on sait pourquoi, puisque dans un genre assez rare et très personnel on peut reconnaître les influences des Slits ou de Delta 5, soit la branche féminine-féministe du punk anglais originel, mais il est évident qu'indépendamment de la qualité musicale des morceaux il s'agit d'un véritable show, avec des danseuses qui ne laissent pas leur part aux chiens, une meneuse de revue qui impose un charisme impressionnant, un public qui ne cessera que très rarement de bouger, sautiller, sauter, taper des mains, bref le groupe-phare de la soirée ne rate pas sa prestation ! Si on veut pinailler quelque peu, on pourra regretter de voir la chanteuse tenter de faire ovationner Castelbajac et ses créations (de la publicité gratuite mal placée, à mon sens), on pourra également penser que reprendre les Pink Floyd est un peu facile (another brick in the wall, l'habituelle scie qu'on risque de devoir endurer plus que de raison en ces temps de commémorations de la chute du mur de Berlin), mais tout cela ne dure finalement pas si longtemps et est oublié dès le morceau suivant, et si le groupe quitte la scène très rapidement, il revient pour un final limité à un titre, mais quel titre : une version grandiose du i wanna be your dog des Stooges, qui permet aux spectateurs de monter une dernière fois sur la scène (sauf ceux qui se font reprendre par la milice, toujours présente), ce final laissant tout le monde repartir avec des étoiles plein les mirettes et les esgourdes en fleur, en conclusion d'une soirée qui aura finalement été plutôt réussie dans l'ensemble !

 

Mercredi, direction la Pena Festayre avec le Festival d'Ovembre, comprenant entre autres Charles de Goal et Frustration.

 

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