[Alexander Hacke & Danielle De Picciotto] construit pour durer ?
Date : 16 janvier 2008
C'est avec un enthousiasme teinté d'appréhension que nos pas nous dirigent vers le Divan du Monde, car hormis la première partie on part dans l'inconnu ou presque, et on n'aurait pas envie d'une énorme déception...
Ça commence avec Heligoland, un quatuor franco-australien à chanteuse remarquable, dont la précédente prestation fin novembre à la Mécanique n'avait pas forcément marqué les esprits... Ce soir, le son de la batterie est nickel, tout comme les diverses guitares, on entend plutôt bien la belle voix de la chanteuse, et si cela ne change rien au calme global des chansons, cela permet tout de même de mieux apprécier le set qui, sans nous mener au septième ciel, nous permet de bien entamer la soirée en une demi-heure de mise en bouche plutôt agréable.
Les programmateurs de la soirée sont les 21 Love Hotel, qui au passage ont conservé l'un des guitaristes de la première partie, adjoint d'un soir d'un contrebassiste, d'un batteur et d'un guitariste, le tout pour accompagner une chanteuse dont la volonté mélodramatique affirmée ne peut laisser indifférent : on adore ou on déteste cette théâtralité, mais on ne reste pas coi ! Musicalement, il s'agit d'ambiances assez cinématographiques, plutôt bien construites, mais qui ne retiennent pas suffisamment l'attention au point de devoir interrompre sa conversation... Pour agrémenter la soirée, le groupe invite les Jack the Ripper à les rejoindre sur scène, et on se retrouve alors avec un violon, un banjo, une guitare supplémentaires... au point d'atteindre les 8 ou 9 éléments simultanément sur scène, pour clore un set qui ne m'aura guère passionné, échangeant un énervement possible contre une indifférence plutôt dommageable...
Les héros de la soirée sont deux, Alexander Hacke et Danielle De Picciotto, un couple improbable mais officiel qui nous offre une performance audio-vidéo basée sur le best-seller (au XVe siècle !) "La Nef des Fous" de Sébastien Brant... Quand on parle de performance, cela n'est pas un vain mot : on passe d'une intro déclamée à deux voix sur un petit rythme de boîte à un morceau quasi country, puis à de l'électro à grosse guitare (le sieur officie chez les très légers Einstuerzende Neubauten, tout de même !), puis à du métal... Pendant 40 minutes, on ne peut s'endormir sur un style précis, la présence physique de M. Hacke est impressionnante, sa voix s'adaptant parfaitement à ces morceaux, et si on est assez loin des musiques de films qui l'ont fait connaître, c'est un moment intense auquel on assiste, même si on rate sans doute beaucoup de choses en ne percevant qu'une partie du texte en anglais et des images afférentes qui défilent pendant la prestation... Ce moment aurait pu être bien plus long, mais on s'en contentera, et la désorientation initiale s'est finalement transformée en un plaisir assez vif !
Demain, on retrouve The Ex aux Instants Chavirés.